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Tome premier.
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SECONDE PARTIE. SECTION I. CHAPITRE XVI.

caractéiûsé, auquel on avait donné, sous le régime colonial, le sobriquet d 'Yankee,anobli depuis lors par les qualités solides et par les travaux de ceux qui l’ont reçu.Si cette population est surpassée par l’élite des États du Sud, sous le rapport de l’é-lévation des vues et de la liaute intelligence des grands intérêts politiques et sociaux, nulpeuple ne l’égale pour tout ce qui est du domaine du travail. Nulle autre part au mondeon ne trouve à cet égard une pareille justesse de vues, un pareil esprit de z-essources,une application aussi imperturbable et aussi alerte. Issue d’une imperceptible poignéed’exilés qui renoncèrent à leur patrie plutôt que de renoncer à leurs idées religieuses,elle a mis son sceau sur l’Amérique du Nord tout entière. Les enfants de la Nouvelle-Angleterre ont joué et jouent encore le premier rôle dans la colossale entreprise dontl’éclatant succès fera dans l’histoire le titre de gloire des États-Unis du XIX e siècle,celle de défricher et de mettre en valeur un continent entier, de le peupler et d y im-planter une civilisation nouvelle, tout comme ils le jouèrent dans les rangs des arméesde l’Indépendance.

L’attention de la population de la Nouvelle-Angleterre , et particulièrement de l’Étatdu Massachusetts, dont la ville principale, Boston , est considérée à juste titre, commela métropole de cette partie de l’Union, devait être dirigée de bonne heure vers lesvoies de communication perfectionnées. Dès l’époque de l’Indépendance, l’argent y étaitplus abondant que dans le reste de la fédération. Quoique le sol y soit peu fertile, l’ai-sance y était et a continué d’y être plus universelle encore que dans les autres Étals. Larichesse que l’agriculture refusait aux habitants, ils l’ont cherchée avec succès d’aborddans l’industrie des transports maritimes, dans la grande pêche, où ils excellent, dansle commerce de l’Inde et de la Chine , dont pendant quelque temps ils ont eu le mo-nopole, et plus récemment dans le développement du système manufacturier.

Les capitaux dont disposaient les citoyens de ces États ont, en effet, été consacrésdepuis assez longtemps aux travaux publics. On a établi dans la Nouvelle-Angleterre un gi-and nombre de routes à barrières, et c’est de toute l’Union la région où les che-mins ordinaires sont dans le meilleur entretien. C’est là aussi qu’a été ouvert le pre-mier canal que l’Union ait vu terminé et rendant quelques profits, celui deMiddlesex,qui lie Boston au Merrimack. Mais il n’y avait pas place dans la Nouvelle-x\ngleterrepour les grandes entreprises de voies de transport, pour de gigantesques ouvrages, dansle genre du canal Érié. Située à une certaine distance à l’est de la masse du Continent,resserrée dans une presqu’île étroite entre le Saint-Laurent et l’Océan, séparée dela vallée du Mississipi et de la contrée des grands lacs par une chaîne escarpée et parde vastes espaces, la Nouvelle-Angleterre n’avait aucun moyen de se rattacher directe-ment à la région Centi’ale de l’Amérique du Nord, à laquelle cependant elle fournitles pionniers les plus actifs et les plus industrieux. Des canaux jetés au travers desmontagnes, dans la direction de l’est à l’ouest, n’eussent abouti qu’au Saint-Laurent,bien loin des lacs; ils n’eussent rejoint le fleuve qu’en dehors du territoire des États-Unis , dans les domaines britanniques, et dans la partie inférieure de sa vallée, carles cours d’eau de la Nouvelle-Angleterre , latéralement auxquels les canaux auraientdû î emonter, ont tous leurs sources fort en avant du côté du nord, et coulent directe-