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Tome premier.
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SECONDE PARTIE. SECTION II. CHAPITRE I.

l’État de Pensylvanio avait mal organisé la direction de ses travaux publics. Aulieu d’investir d’une grande confiance des Commissaires , choisis en petit nombreparmi les hommes les plus éclairés, de leur remettre des pleins pouvoirs à condi-tion qu’ils seraient, moralement au moins, responsables devant la législature ellepeuple de l’État, et en prenant d’ailleurs, quant à leur gestion financière, toutes lesmesures de contrôle qui sont essentielles au gouvernement représentatif ; au lieu desuivre, en un mot, les sages leçons de l’État de New-York, la législature de Pensyl-vanie se laissa dominer dans tous ses rapports avec les Commissaires des Canaux parles préjugés d’une politique mesquine et ultra-défiante, par la jalousie des campagnescontre la métropole , par une intolérance aveugle contre toute supériorité. Les Com-missaires furent assaillis d’exigences taquines, souvent injurieuses, obsédés, ha-rassés , entravés par les prétentions d’ambitions subalternes. Quoique les premiersCommissaires nommés fussent des hommes qui, par leurs services, leur savoir etleur caractère avaient acquis une grande considération, on ne voulut, en droit et enfait, leur donner qu’un mandat éminemment provisoire. On fit, sans nécessité, varierleur nombre ; de trois on le porta à cinq et de cinq à neuf. On les mit sous la dépen-dance, tantôt du Gouverneur, tantôt de la législature. Leur administration, il estvrai, ne fut pas toujours exempte de blâme; peut-être leurs plans ne furent-ils pastoujours parfaitement mûris; peut-être écoutèrent-ils trop l’impatience des Philadel-phiens, à qui il lardait d’entrer en concurrence avec New-York ; mais rien ne saurait légi-timer le système qui fut suivi à leur égard, et qui a causé à l’État un grand dommage.Le personnel du comité des canaux étant sans cesse remanié et renouvelé, le comitémanqua toujours des plus sûrs éléments de succès : de l’esprit de suite et de la tranquil-lité d’âme qu’éprouvent ceux-là seuls qui se sentent soutenus par la confiance publi-que, et de la prévoyance qui n’existe que là où l’on peut compter sur un lendemain.

Les ingénieurs ne furent pas mieux traités que les Commissaires des Canaux. La légis-lature , parmi les mesures destinées à restreindre le libre arbitre des Commissaires ,en adopta qui devaient rendre impossible à ceux-ci d’obtenir les services desmeilleurs ingénieurs. Une loi du 16 avril 1827 fixa le maximum du traitement desingénieurs en chef à 2,000 doll. (10,666 fr.), et celui des ingénieurs ordinaires enproportion. Comme alors, en raison de la multiplicité des entreprises provoquées parle succès du canal Érié, il était aisé à tout homme de capacité d’ohtenir d’une compa-gnie un salaire double, et qu’il est habituel, aux États-Unis , que les ingénieursles plus distingués dirigent en même temps les travaux de plusieurs compagnies ;comme le service des États ne procure, dans l’Amérique du Nord , rien de plus en con-sidération et en honneur que celui des compagnies; comme il offre même moins de ga-rantie de stabilité ; comme il ne présente aucune perspective de retraite pour leursbons services, quelle qu’en ait été la durée (1), cette disposition législative pouvait se

v i) Le système des retraites en faveur des fonctionnaires j ublics est inconnu aux États-Unis , soit dans le gouverne-ment fédéral, soit dans le gouvernement des États.