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PENSYLVANIE . — APERÇU HISTORIQUE.
traduire en ces termes : « Il est défendu aux hommes de talent, de mérite et d’expé-rience, d’entrer au service de la Pensylvanie . » On se condamnait à ne plus avoir quele rebut des compagnies, ou les jeunes gens qui voulaient faire leur apprentissage auxdépens du Trésor pensylvanien. Les Commissaires se plaignirent en vain de ce quela loi du 16 avril 1827 les avait immédiatement privés de leurs collaborateurs les plushabiles; l’esprit de parcimonie prévalut dans la législature. Le comité ayant été re-nouvelé , les nouveaux Commissaires présentèrent, eux aussi, à la législature, des re-montrances sur ce sujet, mais ce fut sans plus de succès. Au reste, ce prétendu sys-tème d’économie a coûté bien cher à la Pensylvanie . Pour avoir tenu à économiser 100ou 150,000 fr. par an pendant le court espace de la durée des travaux, et peut-êtreaussi, pour avoir écouté, sans réflexion, des idées d’égalité absolue qui lui inspirèrentune répugnance aveugle contre tout traitement au-dessus du médiocre , l’État de Pen-sylvanie s’est trouvé entraîné dans des bévues qui ont absorbé bien des millions.
La plupart des ouvrages d’art furent mal exécutés. Des tracés adoptés avec trop peude discernement exigèrent des dépenses excessives. Le système entier des travauxfut imparfait dans son ensemble. Les détails d’exécution, faute d’une bonne sur-veillance , furent défectueux. Des ponts, des aqueducs, et surtout des barrages, durentêtre recommencés presque aussitôt qu’achevés. La grande digue de Shamokin, à Sun-bury sur la Susquehannah, qui a 849 m de long, dut être refaite coup sur coup deux foisde suite, et pourtant lorsque je l’ai vue pour la première fois, en 1834, elle étaitencore dans le plus mauvais état. Le grand pont de Duncan’s Island, situé un peuplus bas sur le même fleuve, après avoir subi deux refontes, a dû être jeté à bas etcomplètement refait en 1837, moins de dix ans après qu’il avait été construit.
Tous ces accidents, toutes ces erreurs contraignirent la Pensylvanie à emprunterdes sommes énormes. Pour couvrir les intérêts de la dette sans recourir à des empruntsspéciaux, on a dû changer le système financier de l’État et y créer de nouveauximpôts. Mais il faut dire hautement, à la louange des Pensylvaniens, que jamais ils nedoutèrent de l’avenir de leur pays ; au milieu de leurs échecs financiers, ils méritèrentd’être félicités de n’avoir point désespéré de la république. En 1831, au plus fort de lacrise, la législature décréta et les Commissaires des Canaux mirent en adjudication laconstruction de 430 kilom. de chemins de fer et de canaux, y compris quelques kilom.de rigoles navigables. C’étaient : 1 ° divers prolongements, presque tous fort courts, deslignes de navigation précédemment ouvertes ; 2° la dernière moitié du chemin de fer deColumbia, et 3° le chemin de fer dit du Portage, qu’on s’était décidé à établir entre laJuniata et le Conemaugh, pour compléter la grande ligne de Philadelphie à Pittsburg .Il s y trouvait aussi 49 kilom. de canalisation du Beaver ; c’était le premier anneaud’une ligne de navigation entre l’Ohio, au dessous de Pittsburg , et la pointe méridio-nale du lac Érie, ligne qui, comme nous le verrons plus loin, a été récemment etenduesur le territoire de l’État d’Oliio. En 1832 et 1833, on ajouta aux précédents travauxune petite étendue de canaux.
Enfin, le 2 décembre 1834, dans leur rapport annuel, les Commissaires des Canauxannoncèrent que toutes les lignes de canaux et de chemins de fer autorisées par la
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