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SECONDE PARTIE. SECTION II. CHAPITRE II.
Dans leur rapport du 6 décembre 1837, les Commissaires des Canaux annonçaientque, sur les 36 kilom. où l’on avait employé, soit des blocs jointifs, soit des rails debois recouverts d’une bande de fer, le chemin de fer était dans le plus mauvais état,que le matériel de transport s’y détruisait avec grande rapidité, et qu’il fallait sansdélai renouveler cette partie de la voie en employant un autre système de superstruc-ture.
Le mode de superstructure , qui est le plus fréquemment recommandé par les ingé-nieurs de l’État de Pensylvanie dans leurs derniers rapports, consisterait à employer,en outre des traverses ( cross lies) et des dés de pierre (blocks) , des cours de longrinescontinus ( mud sills ) placés en dessous de chaque ligne de rail, appuyés sur les dés ,là où il en aurait été déjà posé, et soutenant eux-mêmes les traverses. Ce seraient desplateaux de 0 m ,10 d’épaisseur sur 0 m ,25 de large. Ce système est en effet très-propre àétablir un haut degré de solidarité entre les diverses parties de la voie, et il lui faitacquérir une élasticité générale en même temps que modérée, qui favorise la conser-vation du matériel. Il est applicable sans un surcroît appréciable de dépense, dans lescontrées où le bois est à bas prix. Il a cependant l’inconvénient de rendre l’entretienembarrassant toutes les fois que cet entretien exige le renouvellement de quelques-unsdes madriers enterrés. Nous avons dit (1) que le major Mac-Neill avait dû faire inter-venir des cours de pièces ainsi enterrées en dessous de chaque ligue de rails, dans la■construction du Western Railroad.
Les trois points les plus importants que desserve le chemin de fer sont : Philadelphie ,Lancaster et Columbia. A Philadelphie , il parcourt, comme nous allons le voir, auniveau du pavé, les principales rues qui sont fort larges et quelques autres qui le sontmoins. Aux abords de la ville, il se développe dans une tranchée profonde qui avaitjadis été creusée pour former le lit d’une coupure entre le Schuylkill et la Delaware .A Columbia, les citoyens ont spontanément offert tout le terrain qui serait nécessaire,et ont renoncé à toute indemnité pour les propriétés bâties qu’il couperait. A Lan-caster , pour obtenir que le chemin de fer passât au cœur de la ville, les habitantsont consenti à payer un tiers de la dépense du chemin entre le grand et le petitConestogo ; le coût total de cette section du chemin a été d’environ 500,000 fr.
Le chemin de fer de Columbia a reçu, à ses deux extrémités, des prolongementsfort utiles. La ville de Philadelphie occupe une plaine bien nivelée et de 3,500 mde large, entre le Schuylkill et la Delaware . Elle est justement renommée pour la régu-larité de son plan et pour l’uniformité de ses alignements. Ses rues sont dirigées , lesunes de l’est à l’ouest ou delà Delaware au Schuylkill, en travers de la plaine; les autresdu midi au nord. Parmi les premières, il y en a une fort spacieuse, appelée Market-S'(voir Planche VI,fig . 1 ), qui est au centre de la ville, et qui est occupée par les prin-cipaux magasins et par le marché ; parmi les secondes, il y en a de même une prin-cipale nommée Broad-S' ( rue large ), et digne de ce nom, destinée à former une voie
(1) Voir page 509.