PENSYLVANIE . — CHEMIN DE FER DE COLUMBIA. TRACTION ET PEAGE. 351
Le premier de ces deux articles est d’un peu plus d’un centime par tonne et parkilom., lorsqu’il s’agit du transport d’objets pesants et de peu de valeur, de lahouille, par exemple, et du double au moins pour les produits qui exigent plus de soin.
Pendant la campagne de 1835, les frais courants d’un voyage d’une machine étaientévalués à 80 fr.93c., pour 124 kilom. entre les sommets des deux plans inclinés, savoir :
fr. c.
Une corde et demie de bois, à 3 doll. 65 la corde. 29 20
15 bushels de charbon bitumineux, à 28 cents le bushel. ... 22 40
Un machiniste et deux chauffeurs.21 33
Huile à 1 dollar le gallon. 8 »
Total . 80 93
C’est par kilom. parcouru. 0 65
Le surintendant des transports disait, dans son rapport du 7 novembre 1837, queles nouvelles machines, du poids de dix tonnes, qui étaient employées alors pour lesmarchandises, et dont la puissance était double de celle des machines de 1835,n’exigeaient qu’un tiers de combustible de plus , et ne coûtaient de premier achatqu’un septième en sus. Dès lors, en supposant que toutes les autres dépenses couranteslussent restées les mêmes, et que le prix du bois n’eût pas augmenté, les frais d’unvoyage pour les machines nouvelles auraient été de 108 fr. pour 124 kilom.; ce qui,en supposant un chargement de 100 tonnes de marchandises, donnerait f '-,0087par tonne et par kilom. (1).
Mais, à cause de l’irrégularité avec laquelle se présentent les marchandises, tandisque les convois sont obligés de partir régulièrement, la dépense courante deslocomotives, par tonne réellement transportée, est beaucoup plus forte.
D’ailleurs, dans celte dépense de moins d’un centime par tonne et par kilom., lesfrais d’entretien de la locomotive ne figurent pas ; et ces frais sont élevés. Sur leschemins de fer d’Europe où l’on se meut avec une grande vitesse, ce qui détérioreles locomotives, ils égalent l’ensemble des frais courants, lorsqu’ils ne le dépassentpas. En Amérique , où la vitesse des convois est moindre et où l’on brûle du bois aulieu de coke, ce qui est favorable à la conservation des machines, les frais d’entre-tien des locomotives sont moins forts.
Sur les chemins de fer belges (2), la dépense de traction, en y comprenant l’entretiendes voi tures qui, en Belgique , est moins coûteux qu’en Angleterre, s’est élevée, parkilom. parcouru :
(1) Il résulte même d une lettre adressée à M. Baldwin, fabricant de machines à Philadelphie , par M. Brandt, qui diri-geait l'atelier de Parkesburg , en décembre 1857 , que la dépense courante d'un voyage de 12-t kilom. s’élevait, pourune de ces fortes machines, à 97 fr. 72 c. seulement, en comptant le service des chantiers de bois et des stations d'eau.Ces machines pouvaient traîner, poids des wagons non compris, une charge de plus de 100 tonnes. En admettant le char-gement de 100 tonnes, la dépense par tonne et par kilom. serait de 0 fr ' ,0079.
(2) Sur les chemins de fer belges, la vitesse est de 52 à 56 kilom. à l’heure, temps d'arrêt déduits. En 1859, lestrains spécialement destinés aux marchandises n'avaient qu’une vitesse de 16kilom.