PENSYLVANIE . —CHEMIN DE FER DE COLUMBIA. TRACTION ET PÉAGE. 377
des places serait réglé de gré à gré. Leur intérêt leur fera une loi impérieuse d’appelerle grand nombre qui est pauvre, et par conséquent d’adopter d’une part un mode detransport qui réduise autant que possible les frais par tête, et, d’autre part, à l’égarddes places correspondantes, des prix propres à ne produire par tête qu’un modiqueprofit. Cependant les maxima de 1838 ne laissaient pas assez de latitude aux compa-gnies, et l’administration, reconnaissant d’ailleurs qu’on portait dommage à l’industrieprivée, sans profit pour le public , en la réglementant outre mesure, en a provoquéla modification. En conséquence , une loi de 1839 a permis d’augmenter les maximarelatifs aux voyageurs, de même que ceux qui concernent les marchandises.
Nous avons cité plus haut (page 278) les prix perçus par diverses compagnies fran-çaises.
La question du prix des places soulève un intéressant problème d’économie publique,l’un de ceux que la tendance démocratique de notre époque met à l’ordre du jour, ce-lui de déterminer l’avantage qu’il peut y avoir pour les producteurs à étendre la con-sommation des denrées et de tous autres articles de commerce, par une forte baissedes prix. En ce qui concerne les chemins de fer, il s’agit de savoir ce qui doit donnerle plus de revenu, d’appeler par des prix très-bas toutes les classes sans excep-tion à jouir du bénéfice de ce moyen de communication rapide, ou de le réserver, enhaussant les prix, à la minorité numérique que composent les classes aisées. Leproblème est complexe par le nombre de ses éléments et par la diversité qu’ils offrentselon les lieux. Il faut tenir compte en effet de la densité de la population, de son goûtpour le déplacement, du degré moyen d’aisance, de la répartition de la richesse pu-blique entre les diverses classes, des habitudes de luxe ou de simplicité. Cependant lesexpériences faites en divers pays par diverses compagnies , et en Belgique par le gou-vernement, ont jeté beaucoup de jour sur le débat qui s’est engagé à ce sujet.
Aux États-Unis la plupart des chemins de fer actuellement ouverts à la circula-tion appartiennent à des compagnies. Les prix des compagnies américaines sontassez élevés. Aucune d’elles n’a essayé d’un rabais extrême. On peut présumer cepen-dant qu’à l’exception de quelques cas particuliers, elles ne trouveraient pas de profità beaucoup diminuer leur prix , soit parce que la population étant clair-semée en Amé-rique , on n’y saurait compter sur un accroissement indéfini de clientelle, soit parce que,même au taux où ils sont, les prix se trouvent assez exactement en rapport avec lesressources de la généralité des citoyens, de telle sorte que les chemins de fer y sont dèsà présent accessibles à tous.
La proportion de la population relative à la superficie et la distribution de la richessepublique sont tout autres en Angleterre. L’Angleterre est extrêmement peuplée. C’est lepays le plus riche du monde, mais la répartition de la fortune y est fort inégale. On ytrouve une classe moyenne très-nombreuse, possédant une aisance inconnue ailleursdans le même étage social, et aimant le bien-être auquel elle a donné un nom admisaujourd’hui dans la langue des autres nations, celui de comfort. Au-dessus de celle bour-geoisie est une minorité d’une opulence fastueuse; au-dessous, dans la Grande-Breta-gne proprement dite, abstraction faite de l’Irlande , une masse indéfinie de cultiva-
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