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Tome premier.
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PENSYLVANIE . — LOCOMOTIVES AMÉRICAINES.

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CHAPITRE IV.

Pensylvanie. .— Locomotives américaines .

Des machines américaines ; machines à six roues, différentes de celles d’Angleterre ; construction particulière à cause descourbes à petit rayon. — Obstacle qui résulte, dans ces courbes, du parallélisme des essieux. — Efforts pour corrigerles effets de ce parallélisme ou pour le supprimer; système de M. Laignel; système de M. Arnoux. — Système desconstructeurs américains ; application heureuse de ce dernier système aux voitures et aux tenders. — En Angle-terre on n’a pas senti le besoin de recourir à des dispositions de ce genre. — Inconvénients du système américain ;

_Le mode américain d'établir les chemins de fer étant donné, on ne pouvait éviter de tomber dans un inconvénient

ou dans un autre. — Observations sur l’idée de construire d’abord les chemins de fer économiquement. — Des di-mensions des locomotives américaines .

Le chemin de fer de Columbia est de tous ceux des États-Unis celui où l’épreuve deslocomotives d’origine américaine a été faite sur la plus grande échelle. Les fabricantsqui les ont le plus perfectionnées et qui en ont livré la plus grande quantité à ce che-min et à d’autres , sont M. W. Norris de Philadelphie et M. Baldwin de la même ville.Au mois de septembre 1839, il en était sorti en tout 140 des ateliers de M. Baldwin.Ces machines diffèrent à quelques égards de celles des constructeurs anglais . Ellessont à six roues au lieu de quatre. Il est vrai que, depuis quelque temps, les Anglais font aussi des machines à six roues, et même qu’aujourd’hui, ils leur donnent, à peuprès unanimement, la préférence ; mais ils les construisent d’après un principe diffé-rent. Dans les machines américaines, les quatre roues de devant forment un trainparfaitement distinct, sans parallélisme obligé pour leurs essieux avec celui des deuxroues de derrière, et ces dernières, étant les seules en rapport direct ou indirect avecles tiges des pistons, sont les seules aussi qui travaillent à faire avancer la locomotive.En Angleterre , au contraire, les trois essieux sont parallèles et font partie d’un seulet même train ; et, du moins dans les machines destinées au transport des marchan-dises , les deux roues mises directement en mouvement par la vapeur sont accoupléesà deux des autres ou même aux quatre autres par des bielles qui les rendent toutessolidaires et utilisent leur adhérence sur les rails pour l’avancement de la machine (1).

L’emploi de six roues répartit le poids de la machine sur un plus grand nombre depoints d’appui, et par conséquent fatigue moins la route, le poids des locomotivesrestant le même ; avantage précieux lorsque la superstructure est légère comme

(1) Cet accouplement des roues ne peut être appliqué sans inconvénient aux machines destinées à mouvoir des trainsde voyageurs, quoiqu’il permette de mieux utiliser la puissance de la machine. Avec la rapidité des convois de voyageurs,les bielles d’accouplement sont sujettes à se déranger et nuisent aux autres mécanismes de la locomotive.