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SECONDE PARTIE. SECTION II. CHAPITRE IV.
limiter entre des bornes très-resserrées l’influence du parallélisme des essieux ; ellene laisse subsister ce parallélisme que pour des essieux fort rapprochés (1).
Ainsi, dans les locomotives américaines à six roues, les quatre roues de devant étantd’un petit diamètre, et ayant leurs essieux à l m ,20 à peine l’un de l’autre, et quelque-fois plus voisins encore (2), ces essieux restent fixés à un même train de manière àêtre parallèles. Mais le troisième essieu, celui des deux roues de derrière, qui, pourla bonne assiette de la machine, doit être à une certaine distance des premiers, faitpartie d’un [second train qui n’est uni au train de devant que par une cheville ou-vrière pivotant dans une crapaudine. Dès lors il peut dans chaque courbe prendre,par rapport aux premiers, une direction oblique convergeant vers le centre de lacourbe.
Ce système est efficace pour empêcher la machine de sortir de la voie.
On l’applique aux voitures en remplaçant par un pareil train de quatre petites roues,à essieux très-rapprochés, chacune des paires de roues employées ordinairement. Ona ainsi des voitures à huit roues. Les deux trains situés l’un à l’avant', l’autre à l’ar-rière , sont parfaitement indépendants l’un de l’autre, et par conséquent peuventdans les courbes se placer obliquement l’un par rapport à l’autre. La caisse de lavoiture repose sur chaque train par l’intermédiaire d’une cheville ouvrière unique,mobile dans une crapaudine fixée au train. On a ainsi des voitures d’une excellenteassiette, pouvant recevoir une grande longueur sans qu’il en résulte aucune difficulté,même dans les courbes d’un fort petit rayon, sortant très-difficilement de la voie, etprésentant aux voyageurs une grande sécurité, car la rupture d’une roue, au lieu demettre leur vie en danger, comme sur les voitures à quatre roues, n’est suivie alorsd’aucun accident et n’arrête même pas la marche. On s’est servi aussi avec succèsde ces huit roues, en deux trains indépendants, pour les tenders ou voitures d’ap-provisionnement qui accompagnent les locomotives. Un tender à huit roues suffitpour empêcher le convoi de sortir de la voie lorsque la locomotive elle-même l’aquittée.
M. Moncure Robinson a fait construire pour le chemin de fer de Philadelphie àPottsville par Reading, qui est destiné à transporter beaucoup de charbon, des loco-motives non-seulement à six roues, mais à huit partagées de même en deux trains,et d’une force très-grande. On estime que leur puissance de traction ira à 400 tonnesavec une faible vitesse.
En Angleterre, où l’abondance des capitaux et l’exiguïté relative des distances à franchir
(1) Nous aurons cependant à signaler un système employé aussi en Amérique pour des machines à quatre roues, etqui consiste à donner un peu de jeu à l’essieu de devant. C'est celui qu’a imaginé un habile mécanicien de New-York ,M. Robert L. Stevcns, et qui a été mis en pratique avec succès sur le chemin de fer d’Amboy à Camden. Mais lesystème des machines à six roues, qui maintient le parallélisme des essieux des quatre premières roues, a généralementprévalu.
( 2 ) Sur le chemin de fer de Columbia il y a des locomotives où les quatre roues de l'avant-train n ont que 0 m , 77, oumême 0 ra , 61 de diamètre. Dès lors les essieux de ces roues ne sont séparés que de O m , 90, ou même de 0 m 73. ( Rapportadressé à l administration du chemin defer de Baltimore à l'Ohio , en mai 1858 par JDI. J. Kllight et B. II. Latrobe, page 52).