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PENSYLVANIE. — CHEMIN DE FER DU PORTAGE.
maugh, il y a beaucoup de houille bitumineuse, et c’est une marchandise éminemmentpropre à jouer le rôle de contre-poids. Même avant l’existence du chemin de fer,on en transportait du versant occidental dans la vallée de la Juniata. Dans la mon-tagne , sur la ligne même du chemin de fer, les affleurements de plusieurs couchesde houille étaient reconnus. Ils se trouvaient à un niveau supérieur à celui du souter-rain projeté par M. Robinson ; l’existence de celui-ci eût permis par conséquent à lahouille, provenant des couches qui affleuraient ainsi, de traverser d’un côté à l’autre,sans gravir aucun plan incliné. Sur le côté occidental, M. Robinson admettait la pos-sibilité de substituer aux machines à vapeur fixes des roues hydrauliques ou desmachines à colonne d’eau.
A ce plan, le colonel Long , chargé d’étudier de son côté le chemin de fer, en opposaun autre qui suivait la même direction, mais qui différait de celui de M. Robinsonsous deux rapports principaux :
1° M. Long supprimait le souterrain au sommet de la montagne, quoique la naturedu rocher indiquât que ce serait un ouvrage d’une exécution peu difficile.
2° Il distribuait autrement les pentes, et concevait autrement l’usage des plansinclinés. C’est sur ce point que la dissidence était le plus marquée entre M. Robinsonet lui. M. Robinson pensait qu’il y avait convenance et économie à accumuler autant quepossible les pentes sur les plans inclinés, et qu’il n’y avait aucun inconvénient, bienplus qu’il y avait avantage à adopter pour ces plans une inclinaison rapide, et parconséquent une faible longueur; puisque, d’une part, le chemin de fer du Portagen’était destiné, dans la pensée de tous ceux qui s’en occupaient alors, qu’au transportdes marchandises, et que, d’autre part, il devait résulter du raccourcissement desplans inclinés une plus grande facilité de service et une économie dans le renouvelle-ment des câbles, cause de dépense considérable. M. Robinson était convaincu d’ailleursque des plans inclinés sont fort malaisés à gouverner lorsqu’ils n’ont pas pourprofil une ligne droite, et surtout lorsqu’ils présentent une courbure latérale, detelle sorte qu’ils ne soient pas tout entiers compris dans un seul et même plan ver-tical. Le colonel Long, au contraire, repoussait les grandes pentes. Il préféraitun plan incliné plus long à un plan incliné plus raide. Il supposait qu’il serait pra-ticable et utile de construire les plans inclinés avec une pente assez modéréepour que l’on pût, à la rigueur, s’y [dispenser de machines fixes et y faire gravir lesfardeaux par la force des chevaux. Il ne croyait pas devoir se préoccuper beaucoupdes inconvénients inséparables des plans à profil courbe, et de ceux qui, ayant unedéviation latérale, ne se trouvent pas en entier dans un seul et même plan vertical.Sur les onze plans qu’il proposait, deux avaient une longueur de 2,600 ra : M. Ro-binson s’était tenu au-dessous de800 m . M. Long restait presque constamment au-dessousde 5 j centièmes (3°) de pente, et dans aucun cas il n’allait au-delà de 8 \ centièmes (5°).A raison de la longueur de ses plans et de leurs déviations latérales, ainsi que de larépartition générale des pentes, le projet du colonel Long était fort inférieur à l’au-tre. Cependant il avait reconnu que par un souterrain d’environ 305 m , convena-