58 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
opérations de sa pensée. La connaissance de ces lois aurait indiquéimmédiatement, neuf fois sur dix, la solution la plus rapprochée, etabrégé notablement le chemin à parcourir pour arriver à la pluséloignée. Une théorie véritablement scientifique des mécanismes,fondée sur l’emploi de l’analyse, permet donc de lever complète-ment une grande partie des difficultés signalées; quant à celles quisubsistent encore, elles sont d’une tout autre nature. Tandis que leprocédé empirique n’est, en définitive, qu’une marche à tâtonsdans un espace obscur, où l’on ne peut espérer arriver qu’avecbeaucoup de chance à une solution, le procédé d’induction est denature à être toujours appliqué, avec succès, par celui à qui l’ana-lyse est familière. Les difficultés qui se présentent, dans ce cas, tien-nent donc simplement aux capacités plus élevées qu’exige l’usage del’induction
Dans l’application de ce procédé, la cinématique suit, d’ailleurs,les mêmes lois que toutes les autres sciences. Plus tard, nous au-rons fréquemment l’occasion de faire ressortir les différences capi-tales qui existent entre l’ancien et le nouveau procédé; mais, pourle moment, nous devons nous borner à présenter au lecteur lesconclusions déduites des principes généraux que nous avonsposés.
Jusqu’ici, le problème des machines ne se trouve résolu quethéoriquement; en d’autres termes, les considérations précédentesne font qu’indiquer, d’une manière générale et abstraite, la marcheà suivre pour arriver à la solution de ce problème. Les théorèmesgénéraux que nous avons énoncés, au sujet des couples d’éléments,des chaînes et des mécanismes, ne sont, en quelque sorte, que lestitres, les étiquettes de matières contenues dans des feuilles en-roulées, qu’il devient maintenant nécessaire de développer succes-sivement. Pour passer du problème résolu dans toute sa généralitéaux applications particulières, il est indispensable d’entrepren-dre une étude spéciale, qui fera précisément l’objet du chapitresuivant.
Il semble évident, à priori, qu’une semblable élude ne doit êtreni simple ni facile; pour moi, du moins, il me paraît impossiblede passer rapidement sur des questions d’une gravité et d’une pro-fondeur exceptionnelles. Celui qui se livre à un examen attentif duproblème des machines y découvre tant d’aspects différents, dontles points de connexion sont difficiles à saisir, qu’il ne peut tarderà se convaincre de l’impossibilité d’arriver, par une étude supcrfi-