Buch 
Cinématique : principes fondamentaux d'une théorie générale des machines / par F. Reuleaux ; traduit . de l'allemand par A. Debize
Entstehung
Seite
210
JPEG-Download
 

210 HISTOIRE DU DÉVELOPPEMENT DES MACHINES.

la cavité, arrivent à prendre feu* ( fig . ICO). Dans cet appareil, les

mains ne roulent pas simplement surla tige de bois (à laquelle on a donnédans notre dessin une forme un peutrop européenne), mais elles la pres-sent également, de haut en bas, con-tre la pièce de bois horizontale, quiest maintenue solidement avec lespieds ou avec les genoux, de tellesorte quil se produit peu à peu unmouvement descendant des mains. Ilrésulte de que, pour les bois sen-flammant difficilement, lappareilexige le concours de deux hommes,dont lun commence à agir à la par-tie supérieure de la tige, quand lautre est arrivé à la partie infé-rieure (24). Daprès les descriptions, il semble que les brahmanesutilisent aujourdhui encore une disposition analogue, pour la pro-duction du feu, dans les cérémonies de leur culte; toutefois, leursappareils présentent avec le précédent certaines différences, quipeuvent nètre pas tout à fait négligeables.

A une époque postérieure, bien éloignée de celle à laquelle est ce premier produit de la conception machinale, on eut lidéedenrouler plusieurs fois, autour de la lige verticale, une corde,dont les extrémités saisies par les mains et tirées successivement,lune après lautre, permettaient de donner à cette tige un mouve-ment de rotation alternatif (fig. 161).

Dans ce cas, lextrémité supérieure du bâton, également tailléeen pointe, est maintenue dans sa position au moyen dune troisièmenièce de bois, analogue à celle du bas, et tenue fixe par un secondouvrier, qui exerce sur elle une pression de haut en bas, tandis quele premier agit sur la corde**.

Pour peu quon veuille pénétrer dans notre histoire primitive, onarrive à se rendre parfaitement compte que la cause déterminante

Fig. 1G0.

* V. Tylor. Early historij of mankind, London , 18,0, g 241. V. aussi Klemm, Allge-meinc KuUurwissensckaft, Leipzig, 1858, vol. II, § 00.

*' Cette ligure est empruntée à louvrage précédemment cité de Tylor. Elle représente,daprès un dessin du dernier siècle, deux Esquimaux occupés à produire du feu. Tylorreproduit encore une série dautres dessins qui se rapportent à des époques plus oumoins rapprochées de nous et qui représentent des foreurs de feu ou des fire-drills,comme il les nomme.