212 HISTOIRE DU DÉVELOPPEMENT DES MACHINES.
pareils résultats consistait dans l’addition d’eau et de sable à ai-guiser sur la pointe du foret. Il convient, d’ailleurs, d’ajouter que,par ce procédé, une seule pièce, pour être complètement terminée,exigeait plusieurs années et même une ou deux générations (25).Une autre circonstance qui tend encore à jeter de la lumière surcette question, c’est que les mots actuellement employés pour ex-primer l 'action de percer ne comportaient pas, à l’origine, l’idéed’une cavité ronde ou d’une pénétration pratiquée dans un objet,idée que nous leur attachons aujourd’hui d’une manière si précise.Ils exprimaient tous, plus ou moins nettement, l’action de frotter,de creuser, de gratter, opération qui est dans une étroite relationavec celle de polir, d’affiler, de façonner par le frottement ’.
Quant à la question de savoir quelle est la période de temps quis est écoulée avant qu’on arrivât à passer du mouvement de rotationalternatif, précédemment décrit, au mouvement de rotation continu,elle n’est pas susceptible d’une réponse rigoureuse et on ne peutétablir, à ce sujet, que de simples conjectures. Dans tous les cas,cette période doit avoir été d’une grandeur qui dépossède beaucoupcelle (le nos périodes historiques. 11 est certain que les roues hydrau-liques en dessous, qui sont bien les premiers représentants des ma-chines à mouvement de rotation continu, remontent à une très-haute antiquité, tout en témoignant cependant d’un degré de culturedéjà très-considérable. Elles supposent, en effet, là au moins oùelles sont employées pour l’irrigation, l’existence de populationssédentaires, adonnées à l’agriculture. Les traditions qui nous sontparvenues sur la forme des roues de ce genre, employées autrefoisdans la Mésopotamie , montrent une concordance merveilleuse entrecette forme et celle des roues encore en usage aujourd’hui dans cepays ; les anciennes roues étaient entièrement en bois et munies depotsen argile**. La fig. 162 représente une des plus anciennes formes desroues élévatoircs qui sont encore aujourd’hui utilisées en Chine .
A l’exception de l’axe, qui est en bois, ces roues se composent entiè-rement de bambous et de joncs tressés, sans emploi d’aucun métal;l’axe repose sur des supports en bois, disposés à la partie supérieureen forme de fourchette. Le diamètre de ces roues varie de 6 à12 mètres; l’eau, puisée par les récipients en bambou, pendant leurimmersion, vient se déverser dans un vaste réservoir, d’où elle est
■ V. Gciger, Ursj>rung und EiUwickelunÿ der menschlichen Sprachc und Vernunft,1872; II, I’. Si.
’* Pline, XIX, 22.