2H HISTOIRE DU DÉVELOPPEMENT DES MACHINES.
dispositions machinales. Chez les Grecs, les Égyptiens et les peuplesde l’Asie Majeure, nous rencontrons, de très-bonne heure, les charsen usage, et notamment ceux à deux roues (26). Après avoir prisnaissance en Orient, ils se répandent progressivement dans les paysoccidentaux. Pendant longtemps, chez les Grecs et les Égyptiens, leschars constituent le principal et, pour ainsi dire, Punique moyende transport, au moyen des chevaux, aussi bien pour la guerre quepour le commerce et les cortèges publics. Ce n’est que plus tardque ces peuples arrivèrent à utiliser le cheval, en le montant direc-tement, à l’imitation des peuples de l’Orient et du Nord. Les hérosd’ilomère combattent tous sur des chars: on peut même remarquerque les cavaliers, dans les temps homériques, sont considéréscomme des sauvages, encore à l’étal de nature, ainsi qu’en témoignele mythe des centaures. Chez les Assyriens, au contraire, d’après lesindications fournies par les bas-reliefs qui nous sont parvenus, lecheval, depuis une époque assez reculée, était utilisé à la fois pourles deux usages. Dans ces temps-là, le char de combat était unappareil de guerre très-coûteux, et la possession d’appareils de cegenre en nombre plus considérable, comme aujourd’hui celle d’uneartillerie plus puissante, suffisait pour donner,à une armée ungrand avantage sur l’armée ennemie. Nous savons, par exemple,d’après la Bible (Juges, 1, 19), que les Israélites , à leur entrée enPalestine, eurent beaucoup à souffrir du manque de chars. QuoiqueJuda eût pris possession de la montagne, il ne pouvait pourtantpas expulser les habitants de la vallée, « parce qu’ils avaient deschars en fer » (Juges, IV, Victoire de Debora). C’est seulement deuxcents ans plus lard que celte cause d’infériorité disparut, lorsqueDavid eut enlevé 700 chars aux Syriens , à la suite d’une grandevictoire (II Sam., x, 18) (27).
Les décorations et les dessins qui proviennent des Egyptiens , desAssyriens cl des Grecs, ainsi que les quelques chars ou débris dechars qui ont été conservés, nous permettent de nous rendre par-faitement compte du mode de confection des anciens véhiculesà roues. Les Assyriens et les Égyptiens taisaient, le plus souvent,usage de roues à six rais ; pour les roues d’un diamètre relative-ment considérable ou d’une exécution assez imparfaite, ce nombres’élevait à huit, dix ou même douze; les Grecs, au contraire, em-ployaient, de préférence, des roues à quatre rais seulement. Les typesde roues qui renferment le plus petit nombre de rais sont d’uneexécution plus parfaite et plus délicate que les autres ; construits à