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SIGNIFICATION CINÉMATIQUE DE L’OUTIL.
Dans les exemples que nous venons de citer, la pièce d’œuvre nefigure que comme élément de couples d’emboîtement ou de couplesinférieurs; mais c’est là un fait purement accidentel, qui tient à lanature des machines choisies comme exemples. Il existe, en effet,d’autres machines dans lesquelles elle se trouve faire partie de cou-ples supérieurs ou de formes-enveloppes plus générales. Dans leslaminoirs, par exemple, la pièce d’œuvre est accouplée avec lesdeux cylindres, pour former le couple supérieur R + ,l )+ , et constitueun membre complet de chaîne. Dans la machine à carder la laine,les crochets, disposés régulièrement sur les tambours, obligent lesfibres de laine, qui sont entremêlées et embrouillées, à prendre laforme-enveloppe correspondant à leur mouvement, c’est-à-dire à sedisposer en lignes parallèles. Dans les moulins, les meules forment,avec chaque grain, un accouplement supérieur très-compliqué, danslequel la force de clôture joue un rôle assez important.
En définitive, de notre analyse nous arrivons à déduire la loi sui-vante : Dans les machines de transformation , la pièce d'œuvre seprésente comme une partie d’un membre de chaîne ou comme unmembre complet; elle forme avec l’outil un accouplement ou un en-chaînement cinématique , dans lequel , en raison de la dispositiondonnée à la matière constituant cet outil, sa forme primitive se trouveremplacée par la forme-enveloppe correspondant à ce mode deliaison.
Celle loi est exempte de toutes les obscurités qu’on rencontre, àchaque instant, dans l’ancien mode de conception de la machine.Nous constatons, en premier lieu, que la chaîne cinématique de la ma-chine n’est point interrompue au point où travaille l’outil et qu’elleconserve, au contraire, en ce point, son allure normale. La chaîne nefinit donc pas là où s’opère le travail; seulement il y a là, relati-vement au but que doit remplir la machine, un point d’une impor-tance spéciale, un point saillant (51). En second lieu, nous trouvonsegalement ici la réponse aux nombreuses questions posées dans le #§ 12ü. Ainsi, par exemple, le fil, dans la machine a filer, est néces-sairement organe de transmission des forces, comme membre de lachaîne cinématique. La broche, à la partie supérieure de laquellece fil s’enroule, pour se dérouler immédiatement après, forme cilce point un accouplement supérieur et agit comme outil. Les dif-férentes fibres du fil agissent, d’ailleurs, également comme outils,les unes par rapport aux autres. Pour plus de simplicité, consi-dérons seulement deux de ces fibres tendues entre la pointe de la
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