ANALYSE DES MACHINES COMPLÈTES.
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Le ressort, employé comme moteur dans les montres et dansquelques autres machines de faibles dimensions, constitue, commenous l’avons déjà vu (g 44), un élément cinématique ou un mem-bre de chaîne. Ici encore il est d’ailleurs difficile, pour ne pasdire impossible, d’indiquer la pièce de la machine qui répond à ladéfinition admise jusqu’ici pour le récepteur ; mais nous voyons,par contre, distinctement que la pièce par laquelle se fait l’intro-duction de l’effort moteur figure dans la chaîne cinématique quiconstitue la machine.
Après avoir établi que les machines motrices possèdent toutescelte propriété générale, nous pouvons, en nous plaçant à un autrepoint de vue, déduire de nos recherches une division de ces machi-nes en deux classes générales. Pour toutes les machines motrices,on le moteur est un organe de pression, il se produit, en clfct, dansles canaux, les tuyaux, les soupapes, les intervalles entre les palet-tes, etc., un changement de forme, qui est parfois très-prononcé,comme dans la machine à vapeur, et qui se trouve plus ou moinscombiné avec un changement de lieu. Avec les moteurs à ressorts,le changement de forme se produit seul, tandis qu’avec les moteursà poids ou n’a qu’un changement de lieu. Nous nous trouvons évi-demment ici en présence de cette môme différence spécifique quenous avons déjà rencontrée précédemment (g 150), lorsqu’il s’agis-sait du but de la machine ou de ce que nous pouvons appelermaintenant le traitement de la pièce d’œuvre. Par conséquent, ena gant égard au mode de changement éprouve par l'organe de pres-sion, pendant son action, nous pouvons également diviser les ma-chines en MACHINES A CHANGEMENT DE FOItME Cl CU MACHINES A CHANGEMENTDE LIEU.
Celle conclusion ne doit être en rien affectée par le fait que lenombre des machines à changement de lieu est relativement très-faible. Cette division en deux classes a, au fond, une réelle impof'tance, en ce qu’elle fait disparaître l’incompatibilité qui paraissaitexister entre les machines motrices et les machines de travail etqn elle permet, en outre, d’expliquer plusieurs analogies rcmar-quablcs.
Nous allons maintenant passer à l’examen des moteurs animes,c est-à-dire à l’emploi de la force musculaire des hommes cl desanimaux pour donner le mouvement à des machines; nous nousattacherons, en premier lieu, aux machines mues par l'homme.D’après le mode de conception admis jusqu’à ce jour, une machine