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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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II
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Il

AYANT PROPOS.

tenté parfois, de prendre pour des fléaux de Dieu , leurs terribles cavaliers akindjis se ruant sur les peuples. Mais si lonreporte ses regards sur les villes ottomanes, presque toujours endormies sous leur beau ciel, si lon compte les mosquéesdont les minarets étincellent, si lon songe à leurs prêtres , à leurs armées de moines, à leurs graves oulémas ; on se demandequel est ce peuple de saints, dhommes soucieux, tranquilles, charitables entre eux , et dune probité si rare dans leursaffaires individuelles.

Il faut pour se rendre compte dun tel contraste se dire que le fanatisme est la plus terrible des armes humaines, et quele sentiment religieux empreint les sociétés de la couleur la plus honnête et la plus vigoureuse.

Le fanatisme, cest-à-dire la haine profonde du nom chrétien et lobéissance aveugle aux volontés du sultan, soutenu parles oulémas et les scheïks et ambitieux détendre à la fois le nom dOsman et lempire de Mahomet , létablissement des Ja-nissaires , lincorporation et la transformation les plus complètes des vaincus qui aient été jamais mises en pratique ; laconstitution vivace et savante de la féodalité turque; lorganisation antique et solide du régime municipal dans les paysconquis; voilà les quatre grands secrets de la fondation de lEmpire ottoman . Chez les Turcs, comme chez les Romains, laguerre a nourri la guerre; la paix a enfanté les luttes , les traités ont engendré les conquêtes; chez eux aussi les prémicesdu butin ont été pour les temples , chaque mosquée atteste une victoire.

Chez les Romains, la duplicité était souvent une loi dÉtat. Les Ottomans firent du fratricide leur principale loi dynasti-que, lune des plus grandes de leurs lois conservatrices.

Il y a encore dautres similitudes. Mais la civilisation accompagna les Romains ; la déchéance intellectuelle accompagnales Turcs : cest du moins ce que dit lEurope . Les uns laissèrent derrière eux des monuments, les autres laissèrent desruines. A Rome les affranchis devenaient citoyens ; les Turcs élèvent leurs esclaves aux dignités les plus hautes; ce sont desesclaves qui sont les héros de leur histoire.

Et cependant la famille dOsman a régné. Toujours en minorité parmi les populations quils ont soumises, les Turcs ontnon-seulement conquis, mais gardé. Quoique le cercle de leur influence ait été bien resserré , ils gardent encore leurs con-quêtes.

Contre un tel peuple quune seule volonté semblait animer, quune seule âme semblait vivifier, qui était hostile à tout ceque lEurope appelle sa civilisation, tous les autres peuples devaient un jour se réunir. Chose extraordinaire, les Turcsneurent jamais à tenir tête à une coalition véritable et permanente. Mais dès que le génie de la conquête , le fanatisme etla soumission se furent retirés deux, chaque peuple vint à son tour se mesurer avec eux, tantôt seul, tantôt de concert avectel autre, infatigable, insatiable, impitoyable. Ces attaques affaiblirent les ailes du vautour ottoman , restreignirent son vol,mais il resta dévorant et audacieux, plein dorgueil et dironie. On eût dit quil prévoyait la fin ou du moins la suspensionprochaine de tant dattaques, quil se croyait nécessaire, quil se regardait, non pas comme invincible, mais comme im-mortel.

En effet, les Turcs durant leur période offensive contre lEurope avaient eu le fanatisme de la victoire. Dès quils purentreconnaître quil leur fallait, non plus attaquer, mais se défendre , ils eurent le fanatisme de la défaite. Un instant décou-ragés, ils se raffermirent, ils apprirent à supporter le malheur. Nul peuple ne la supporté comme eux. Ce sentiment derésignation ambitieuse qui se raidit contre les insuccès, se personnifia de nos temps, dans le dernier sultan Mahmoud quelon peut appeler le grand. Mahmoud cest le peuple ottoman ; le sultan, toujours vaincu, est toujours orgueilleux et fier; ilespère toujours vaincre; il a constamment les yeux sur lavenir. On se multiplie pour lattaque, il se multiplie pour la dé-fense; il ny a pas de leçon à lui faire, de conseil à lui donner ; il nemprunte rien à ses ennemis que leurs armes et leurdiscipline. Les concessions quon lui arrache par la force, il simagine les dicter lui-même.

Et en effet, ce qui se passe à présent est de nature à impressionner vivement lesprit des Turcs et celui des Orientaux;ce qui se passe est bien propre à leur donner un haut sentiment de leur importance, de leur fatalité.

Lempire ottoman présente aujourdhui un spectacle unique dans lhistoire , celui dun empire contre lequel les nationsennemies se sont acharnées durant plusieurs siècles, et que tout à coup elles veulent retenir sur la pente de labîme. Terribleaux vaincus, il menace de lêtre encore plus à ses vainqueurs ; au moment ses ennemis vont en triompher, ils se mesu-rent, ils sarrêtent ; lavenir de leur triomphe les épouvante.

est toute cette grave question que lon appelle question dOrient ; nous navons pas à la traiter.

Mais aujourdhui, tout le monde, comme au temps des croisades, parle de lOrient et songe à lOrient. La question de