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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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ATLAS

lienté tenait les yeux fixés depuis sainte Hélène , mère de Constan-tin-Ie-Grand; Jérusalem , vers laquelle la chrétienté dirigeait inces-samment un continuel pèlerinage, tomba au pouvoir des barbaresfils de Seldjouk, qui linondèrent du sang de ses habitants (J076).Le pape Grégoire VII mourut de douleur à cette nouvelle, en dési-rant la réunion des princes chrétiens contre les infidèles. Urbain II réalisa son désir en J 095, et autant pour venger les douleurs deJérusalem depuis Sophonius, que pour arrêter linvasion desTurcs, la première croisade fut résolue en France , au concile deClermont.

Mais déjà les Seldjoukides perdaient leur unité : Melek-Schahavait permis à son cousin Souleïman de fonder, dans lAsie-Mi-neure, la sultanie de Roum, qui sétendit sur le pays au nord dAn­ tioche (J 074). Il mourut en J 092 : alors la division fractionnalempire. Il y eut cinq ou six sultanies turques, celles de Bagdad ,de Mossoul , de Kerman , de Roum, dAlep et de Damas . Tel étaitlétat des choses quand le torrent de la première croisade se pré-cipita, à la voix dUrbain II et de Pierre lHermite , sur lOrientplamite. Cest ici le lieu desquisser la géographie générale de lis-lamisme à cette époque mémorable.

CHAPITRE IIIGÉOGRAPHIE ET HISTOIRE DE LISLAMISME A LÉPOQUE DES CROISADES.

\ . GÉOGRAPHIE.

Cétait surtout aux dépens de lempire de Constantinople que lis-lamisme avait formé son vaste royaume de conquêtes, après avoirabsorbé lancienne monarchie fédérale des Perses sassanides .

Or, en Asie , les possessions grecques consistaient en quelquesplaces maritimes. Un sultan campé à Nicée menaçait Constanti­ nople . Ainsi, depuis la mer Méditerranée jusquà la mer Caspienne ,depuis la mer Rouge jusquà la mer dAral, et depuis cette mercontinentale jusquà lIndus et au pays chinois de Tchian-pe-Lou,lAsie était musulmane.

Mais la race arabe ne dominait plus; la race turque lavaitremplacée ; les esclaves étaient devenus les maîtres.

Leur sultanie de Bagdad comprenait lancienne Bactriane , laPerse, la Babylonie , la Médie et lAssyrie . Ses villes principalesétaient : Bagdad , siégeaient les khalifes abassides réduits à létatde pontifes, et en guerre danathèmes avec les khalifes du Kaire,Bassorah , Ispahan , Hérat , Hamadan et Kaswin. Dans son sein,la principauté des Ismaéliens commençait à faire parler delle. Leprince des assassins commandait depuis \ 091 dans AlamouL

La sultanie de Kerman sétendait sur le golfe Persique . On ydistinguait Schiraz et Ormouz.

La sultanie de Roum, qui est aussi connue sous le nom de sul-tanie diconium, sétendait sur lAsie-Mineure presque entière. Ni­ cée , siège de Kilidje-Arslan, Sinyrne, Iconium ou Konieh , Laodi-cée, Dorylée , Ancyre, Kaslemouni, Tarse, se distinguaient parmises villes. Beaucoup de princes arméniens, sectateurs de Jésus-Christ, y conservaient des possessions tributaires des infidèles.

La sultanie dAlep sétendait entre lOronteet leKhabour; la sul-tanie de Mossoul sy rattache naturellement. Elle senorgueillissaitde posséder Antioche et Haleb (Alep ). Édesse avait un gouver-neur grec tributaire, quand, en J096, Baudoin, frère de Godefroy de Bouillon , en fit une principauté chrétienne qui sétendait surune partie de la Mésopotamie et les deux rives de lEuphrate .

De la sultanie de Damas relevait la Syrie , avec Damas , Émèse ,Tripoli , Beïruth, et Sous, lancienne Tyr. La vraie portion mari-time du pays et Jérusalem venaient de retomber au pouvoir desprinces fatimites. Un lieutenant du khalife du Kaire, Ifitkar-Éïdauléj commandait dans la ville sainte, quand elle tomba aupouvoir des croisés. Ce khalife venait den chasser les Ortokides .

Les Ortokides avaient reçu leur nom dun de leur chef Ortok.Cétait une tribu turque qui sétait rendue indépendante dans laPalestine. Elle formait en J095 deux principautés, lune dontle siège sélevait à Mardin , lautre qui se groupait autour dAmida,sur le Tigre .

Le royaume de Kharism, à lest de la mer des Khozars (Cas­ pienne ), était aussi un état musulman.

Il fallait joindre à cela un certain nombre de khanats sans li-mites fixes, tributaires ou indépendants.

Le royaume caucasien de Géorgie , dont la capitale était Tiflis ,se débattait entre le christianisme et lislamisme.

Enfin, lArabie ne relevait plus de Bagdad , elle était à moitiéindépendante. Les fatimites protégeaient de leur Égypte , commeaujourdhui Méhemmet-Ali, les caravanes de la Mecque ; lHedjaz et les villes saintes les reconnaissaient pour souverains. Ainsi lesalites dominaient.

Les Iles de lOcéan indien , la Malaisie , etc., commençaient pro-bablement à recevoir lislamisme par le commerce des Égyptienset des Arabes.

LAfrique musulmane offrait à son tour les possessions du khalifatfatimite, le royaume de Kaïroan et lempire de Maroc .

Le premier de ces états comprenait lÉgypte tout entière, et lelittoral de la mer Méditerranée jusquà la Cyrénaïque . Le Caire ,Damiette , Alexandrie , voilà ses villes principales. Le royaume deKaïroan répondait à lancienne Carthaginoise et à T ancien royaumede Numidie. Ses villes étaient: Madahiah, Tunis , Alger , Bougie,Constantine , Sétif . Des princes badissites avaient usurpé le gou-vernement de Tripoli . Enfin, lempire de Maroc , siège des Almo-ravides, comprenait toute lancienne Mauritanie . Fez , Trémecen,Ceuta étaient ses centres de population. Il sétendait sur une par-tie de lEspagne . Çà et, sur les côtes de lAfrique , le musul-manisme régnait.

II ny avait plus comme autrefois, ni comme aujourdhui, dEu­ rope musulmane. La Sicile venait dêtre enlevée à lIslam par lesNormands français , et Mahomet allait perdre lEspagne . Six desroyaumes démembrés du khalifat de Cordoue , Murcie , Grenade,Séville , Badajoz et Majorque , reconnaissaient la loi des émirs deMaroc . Valence venait dêtre en partie conquis par le Cid. Sarra-gosse seul était indépendant, et sétendant sur les deux rives delÈbre inférieur, il régnait sur Fraga, Tortose et Lérida .

Toutes les forces de lIslamisme pouvaient alors être évaluées àenviron soixante-deux millions de sujets ou de sectateurs.

2.lislamisme pendant les croisades et jusquà lapparition

DES TURCS OTTOMANS .

A. Causes des croisades.

Les croisades éclatent en 1095. Ce sont ces étonnantes expédi-tions qui ont créé la rivalité directe des Européens et des Turcs .Elles furent en grande partie soutenues par ces derniers; elles eu-rent pour résultat immédiat de retarder leur invasion en Eu­ rope . Cette invasion reprit son cours après les croisades.

Les pèlerinages à Jérusalem , les malheurs des chrétiens de celte