DE L’EMPJBE OTTOMAN.
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(le l’Orkhon, des restes de Karakorin (Caracorum) ' . Là , dans uneassemblée ou Couriltai, Themoudgin reçut le nom de Tchingis-Khan ou de Grand Khan. Peu après, ayant donné des lois à ses su-jets, il commence la conquête du monde. Les Tartares Naïmans,les Kins ou Tartares Niu-tché sont soumis. Le Katay et la ville royalede Jen-King (Pékin) sont emportés.
Or, le Kharasm, Kharizm ou Khowaresm, avait alors poursultan Mohammed II, qui se proclamait Alexandre-le-Grand . Desambassadeurs que Tchingis-Khan lui envoie sont mis à mort. LeMogol s’allie avec le Kalife el Naser. Déjà l’empire de Mohammed-Alexandre, s’étendait sur la Perse et la Bukharie. Cet empire estravagé. Themoudgin entre à cheval dans la grande mosquée deBoukhara , et jetant le Koran à terre, proclame ainsi la guerre àl’Islam . Mohammed va mourir dans une île de la Caspienne . Toutce qui s’étend entre l’Aral et l’Indus est ravagé , de manière à pré-senter l’aspect d’un désert, auquel il fallut six siècles pour réparerses ruines 2 .
Les Khowaresmiens, ayant à leur tête Gelal-Eddin-Mankerbi,envahissent le nord delà Perse, la Géorgie , la Mésopotamie . Errants,sans patrie, la mort de leur chef les désunit. Ils se partagent au ser-vice des princes musulmans. Nedgemeddin compte parmi ses alliésun corps considérable de ces malheureux. Il les appelle à son se-cours contre les Émirs, son oncle et les chrétiens.
Les Kharizmiens traversent l’Euphrate , conduits par Hossan-Eddin-Barte-Khan. Tout fuit devant eux. Les chrétiens quittentJérusalem . Celte ville est saccagée et presque ruinée. Puis, réunisaux Égyptiens, les anciens fils de l’Oxus battent l’armée coalisée.Malek-Saleh rentre à Damas. Les barbares veulent cette ville poureux. Il les extermine. L’heureux Malek-Saleh , meurt au commen-cement de la septième croisade. Son fils, Malek-el-Moadan-Touran-Schah mécontente la milice des Mameluks , fondée par Saladin etorganisée de nouveau par Malek-Saleh. Il est tué de la main deBibars-Bondouchari ou Bondochar et la dynastie ayoubite, issue deSaladin , prend son terme. Scheger-Eddor, veuve de Touran, est
1 Voxj. Klaproth et le voyage de Rubruquis .
2 A la suite de cette expédition Tchingis-Khan détacha de son armée Soudaï-Ba-hadour et Tchepnorian. Ils prirent Schamackha et Derbent, soumirent les Jasses, lesKassogues et sept peuples de la Caspienne . Les Russes sont taillés en pièces à Kalkasur le Don. La grande Comanie ou Kaptschak reconnaît les lois des Mogols . Touchi,fds de Tchingis-Khan, y gouverne.
Les successeurs et fils de Tchingis-Khan sont Octaï, khan suprême; Zagathaï,khan de la Transoxiane et du Thibet ; Touli, khan du Khorasan; Touchi et ses fils,khan du Kaptschak et du Turquestan. Sous Octaï, 1229-1242, les Mogols achèventla conquête de la Russie , défont les Polonais et les Hongrois; la mort d’Octaï les rap-pelle en Asie . Gayouk lui succède de 1242 à 1248, puis vient Mangou, fds de Touli- Khan , 12S0 à 1259. A sa mort Kublai-Khan devient le chef de la dynastie chinoisedes Mongols. Houlagou devient le chef des gengizkhanides de Perse. Nous donneronsailleurs la liste de ces princes ( Voy . Tableau comparé de l’empire ottoman .).
acceptée comme sultane par la milice des Mameluks . Mais ce sontces soldats qui gouvernent réellement. Ils donnent à la sultanepour atabek, un de leurs émirs, nommé Azeddin-Moez-Aybcg.Schegger-Eddor le dépose, les émirs étouffent cette femme auda-cieuse et après divers mouvements, Kotouz en J 259 , gouverne lesMamelucks .
C’est vers ce temps que les Mogols font la conquête de l’Asieoccidentale, conduits par Houlagou Khan , arrière petit-fils deTchingis-Khan. Voici comment se fit cette conquête, qui n’attendaitqu’une occasion.
La dynastiedesAssassinsétait devenue une véritable puissance; leurscent châteaux bornaient les dernières possessions du kalife de Bag dad , et de là leurs territoires s’étendaient jusqu’à la Méditerrannée.Le khalife Abd’Ullah Motassem implora contre ces terribles oppres-seurs le secours de Houlagou-Khan . Celui-ci d’accord avec son pèreMangou, attaque le dernier Vieux de la montagne, Kokneddin Kar-chah, le force à mourir, et poursuit de tous côtés les Ismaéliens . Nas-ser-Eddin était vizir de Rokneddin et le trahit. Pour prix de sa tra-hison, il obtint que Houlagou attaquât le khalife Motassem, quil’avait autrefois exilé. Bagdad fut pris en cinquante jours ; onétait en 1258. Le khalife périt et le khalifat disparut à jamais. Alep et Damas succombèrent aussi bientôt. Les Mongols disposèrenten maîtres de la sultanie d’Iconium . Houlagou régna sur le Kho-rassan, l’Irak persique, l’Irak arabique, l’Adjerbidgiane, le Fars , leKursistan, le Diarbek, l’Al-Jazireb, enfin le pays de Roum, c’est-à-dire l’ancienne Bactriane , le pays des Parthes , la Syrie et laChaldée, la Médie, la Perse, la Susiane et la Mésopotamie .
Les Chrétiens étaient avec les Mogols . Koutouz rassemble toutesles forces de l’Egypte : une bataille s’engage sur les bords duJourdain. Les Mogols mal commandés par Kesboga, lieutenantde Houlagou-Khan , sont vaincus et repassent l’Euphrate . LesMusulmans vainqueurs, s’acharnent sur tout ce qui reste du Chris-tianisme en Palestine.
Kotouz est payé de sa victoire par un assassinat ; c’est encoreBibars qui le frappe. C’est aussi Bibars qui lui succède (J260). IIs’allie avec les Paléologues qui rentrent à Constantinople , metl’Arménie à feu et à sang et contient les Mogols de l’occidentdans la Perse. Ceux-ci s’allient avec saint Louis, qui fait la dernièrecroisade. Bibars leur oppose leurs frères du Kaptschak. BerékéKhanEssaïd, Selamesch, 1277 à 1279, continuent ce grand chefdes Mameluks , restaurateur de l’Islamisme, dont l’étoile pâlissaitdevant l’éclat des armes mogoles. Vient ensuite Kelaoun Malek-el-Mansour ; il achève la ruine des Chrétiens. Son fils, Kalif-Ascraf,prend St-Jean d’Acre en 1 292 1 . Il n’y a plus de colonies chrétiennesen Orient : c’est alors que paraissent les Turcs ottomans .
1 Voy. pour la suite des sultans d’Égypte , le règne de Sélim I CT .
FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE.
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