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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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ATLAS DE LEMPIRE OTTOMAN .

de nouveaux exploits, trace le plan de linstitution des Jeni-Tscheri,qui, denfants enlevés aux vaincus, devenaient, par léducation,soldats musulmans et turcs . Linstitution progressive de cette mi-lice, si connue en Europe sous le nom de Janissaires , annoncepresque aussitôt la prépondérance des Osmanlis. Cependant lenombre des Jeni-Tscheri ne s'éleva dabord qu'à mille combat-tants. Ils étaient affiliés à lordre religieux des Begtaschi, à lafois soldats, propriétaires et moines consacrés à la propagationde lIslam par le glaive. Alaeddin organise aussi un corps detravailleurs, et trace enfin sur le modèle de la milice instituée par leKalife Omar, pour la garde de létendard sacré, une cavalerierégulière, celle des Sipahis. Dans la suite, chaque membre desJeni-Tscheri et des Sipahis, sera personnellement intéressé à laconquête.

Ourkhan a résolu dailleurs de succéder à la suprématie desprinces de Roum ; il attaque celle des dix dynasties qui règne sur laTroade . Tout le pays de cette dynastie, appelée de Karasi, etla célèbre ville de Berghama ( Pergame ), tombent en son pou-voir (1556).

Alors, et pendant vingt ans, linvasion sarrête, lOlympe conquisdevient le rendez-vous des derviches et des santons turcs. Des al-liances cimentent les travaux guerriers. Ainsi, en 1541, aprèstreize descentes successives des Turcs sur le territoire de lEurope ,Ourkhan demande et obtient la main de la fille de lempereur grec,Cantacuzène. Souleïman, fils dOurkan, nen dévaste pas moins laServie ; il sallie aux Génois, qui sont outrés davoir perdu en J 260le commerce de la mer Noire contre les Vénitiens (guerre deKaffa); et enfin, en 4556, par la prise de Thympe et de Gallipoli :le même Souleïman lie lAsie turque à lEurope . Gallipoli devientsa résidence. Louvrage des croisades est tout à fait détruit. De,les Turcs savancent chaque jour davantage en Europe . En vain,Souleïman va mourir à la chasse près de Boulaïr, en J 559, etOurkhan, désespéré, va descendre dans la tombe en J 560 : bientôtl'invasion reprendra son cours.

4.- MOURAD KHOUDA-WENDGIAR (1560) AMURATH I er

Avant de passer au règne de Mourad-Ghazi, faisons remarquerque la rapidité des conquêtes turques tenait surtout à la circon-stance particulière, quaussitôt faites, elles étaient érigées en fiefs.Chaque soldat de larmée conquérante pouvait devenir possesseur.Le sénat romain décrétait des couronnes civiques et des coloniesmilitaires, les chefs des Ottomans distribuaient des fiefs. Cétait àqui se distinguerait pour obtenir des terres.

Mourad qui, par ses conquêtes, mérita le surnom douvrier deDieu , se trouva dabord dans une position difficile. Le prince deKaramanie, lun des dix cohéritiers des seldjoukides de Roum,suscita contre lui les propriétaires de la Galatie . La perte de lafameuse cité dAncyre les punit. Tranquille de ce côté, Mouradse jette sur lEurope , prend Bontos, Tschorli, Bourgas , Andri-nople, Koumouldjin ou Wardar, les deux Sagræ, Filibé ou Phi-lippopolis.

Mourad établit ensuite le pendjik ou taxe des esclaves; source siféconde de revenus pour lempire, et la légitimation de lesclavage,cette source non moins féconde de richesses et de jouissance pourles Ottomans . Mais sur ces entrefaites, Urbain V prêche la croi-sade contre les infidèles; le commandant de Filibé se retire chezles Serviens. Les voïévodes de Servie, ceux de Bosnie et de Vala-cliie, le roi de Hongrie , se liguent contre les envahisseurs delEurope . Mais un corps dakindjis surprend de nuit, sur les bordsde la Maritza, larmée des chrétiens, et le roi Louis néchappequavec peine au massacre de Sirf-Sindughi.

Peu après, Mourad signe de ses trois doigts le premier traité

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des Turcs avec les chrétiens, traité conclu entre lui et la petite ré-publique dalmate de Raguse , et vient résider à Andrinople . 11 di-rige de les conquêtes de Jenidzé, Kizilagadj, Jamboli, Ishiman,Samakov, Karinabad , Aïdos, Zizeboli (Apollonia) sur la mer Noire , Hiereboli (Kharipolis), Wiza, Kircli-Kilisé (Héraclée ),Binar-Hissar. Enfin, lan J576, il couronne ses succès par la prisede limportante ville de Nissa, quil arrache au krâl de Servie,Lazar.

Toutes ces conquêtes sont consolidées par une organisation pluscomplète et plus féconde de la féodalité ottomane . Les petits fiefsappelés timars, les grands fiefs ou siamets sont soumis à des rè-gles. Il nest pas de fief qui nastreigne au service militaire. Lesterres concédées aux mosquées ne font encore aucun jaloux. Linsti-tution des voinaks, ou soldats du train, complète larmée.

Enfin, bientôt le mariage de Bayezid , fils de Mourad, avec lafille du prince de Kermian, lun des dix, apporte en outre à lem-pire Égrigoez, Tawschanli, Simaw et Kutahia. Il saugmente aussipar une cession du prince de Hamid, qui abandonne Begschehri,Sidischeri, Akschehr, Isparta (capitale du Sandjak de Hamid),Jalawadj et Kara-Aghadj. A la même époque, les généraux deMourad parcouraient la Macédonie ; Monastier, Pirlipa, Istip, So-fia tombaient entre leurs mains.

Ces conquêtes rapprochent un instant lEglise grecque de lÉ-glise romaine. Puis, les Ottomans sont menacés dune révolte enAsie ; Saoudji, fils aîné du sultan, augmente le danger en se ré-voltant, de concert avec Andronique , fils de Jean Paléologue. Mou-rad triomphe et se venge en prenant Thessalonique . Cependantles Karamaniens profitent de ces circonstances pour faire unelevée générale ; ils sont vaincus dans les plaines dIconium . Commeles anciens sénateurs romains, les Jeni-Tscheri exploitent et com-priment les révoltes. Les princes de Tekké , dAïdin, de Mentesché,de Saroukhan et de Karaman , deviennent leurs vassaux. Décidé-ment, les héritiers des seldjoukides reconnaissent leur suprématie.

Mais, en Europe , une nouvelle ligue des Serviens, des Bos-niaques et des Bulgares les menace. 2,500 turcs sont massacrés enBosnie . Avant de marcher contre eux, Mourad divise ses possessionsdAsie en cinq sandjaks, quil confie à des hommes choisis, lesquelsseront absolus dans leur gouvernement, mais relèveront de lui. Cessandjaks sont ceux de Kermian, de Siwrihissard et du pays quarrosele Sakaria, dAngora ou Ancyre, dAkschehr et dIghirdir. Tel est,avec lancien fief dOsman et les villes dEurope , le royaume otto­ man en J 588, sans compter les sandjaks de Karan et de Kutahia ,qui appartiennent aux fils de Mourad, ni Brousa, ni Andrinople , etquelques autres villes soumises à des gouverneurs.

La guerre dEurope recommence aussitôt. On sempare desdéfilés qui commandent à la Bulgarie . Le krâl de ce pays est forcéde se soumettre, et les Osmanlis prennent possession de la Bulgarie et de ses dépendances. Lazar, krâl de Servie, sans se laisser abattrepar la défaite des Bulgares, soulève la Bosnie et lAlbanie . Mouradmarche contre lui, et rencontre sa ligue dans les plaines de Kos-sova, sur les frontières de la Servie et la Bosnie . La bataille estfatale aux courageux Serviens; mais Mourad expire sous les coupsde lun deux, du martyr Milosch Kobilowitsch (1589) '.

5. - BAYEZID 1LDERIM (1589).

Depuis la révolte de Saoudji, Bayezid était le fils aîné de Mou-rad. 11 assure son hérédité par la mort de son frère Jacoub, quilfait périr sans aucun prétexte, si ce nest quune révolte de sa partétait possible. Exemple funeste, mais qui, à défaut de lois, devaitconserver lunité de lempire.

Voy. plan de la bataille.