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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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ATLAS

La conquête dAlaschehr, dernière place des Grecs en Asie ,signale ensuite la vaillance de Bayezid . Manuel, lempereur, se re-connaît, pour ainsi dire, son vassal. Ces événements sont bientôtsuivis de lusurpation armée des principautés de Saroukhan et deMenlesché, dont de nouveaux sandjaks sont formés, et de la prisedes villes de Koniah, Akschehr, Nikded et Akseraï. Des neuf prin-cipautés issues de la sultanie dIconium , il ne reste plus alors quecelle de lïaslemouni et celle de Karamanie. Celle-ci accepte commelimite le Tsclieharschenbé, en 4390. Ses conquêtes organisées,Bayezid déclare de nouveau la guerre sainte à lEurope (1590).Kliios est de nouveau ruiné par les flottes turques. LEubée etune partie de lAttique subissent le même sort. Les Grecs songentalors seulement à se fortifier dans Constantinople , et sont forcésdy laisser construire une mosquée, et dy recevoir un cadi. LaValachie , par son prince Myrtsché, se reconnaît, vers le mêmetemps, vassale des Turcs (1591). Sigismond , roi de Hongrie ,court aux armes; il est défait en d592. Un pareil bonheur accom-pagne les entreprises de Bayezid en Asie . Il réunit à ses états laprincipauté de Karamanie et les villes de Tokat , Siwas et Kaïs-saryé (Cæsarea). La principauté de Kastemouni succombe aussi,avec Samsoum, Djanik, Osmandjik et Sinope. A peine une sièclesest écoulé, et déjà lhéritage des sultans dIconium est réuni auxmains des sultans dAndrinople ; car les fils dOsman ont pris,eux aussi, le titre de sultans. Le songe dOsman se vérifie peu àpeu; la conquête nourrit la conquête. Les Ottomans nont pointde caste; ils sincorporent les vaincus, se les assimilent. Leurssujets deviennent leurs plus puissants propagateurs.

Cependant Sigismond de Hongrie sadresse à lEurope ; maisquoiquavertie par le blocus de Constantinople , lEurope reste si-lencieuse. La France , toujours chevaleresque, et alors gouvernéepar les oncles du roi Charles VI , envoie quelques brillants che-valiers. La Styrie et la Bavière y joignent quelques étendards. Ala tête de son armée et de cette audacieuse chevalerie, Sigismond se jette sur la Bulgarie et assiège Nicopolis; ce sont dabordquelques jours de succès et de fêtes pleines de luxe; mais Baye­ zid arrive : une bataille sengage, bataille malheureuse et quelEurope na jamais bien connue. Les chevaliers, mal secondésau moins par larmée de Sigismond , acquièrent un honneur im-mortel , mais tombent après avoir combattu un contre cinquante ';on était en 4594.

La bataille de Nicopolis est suivie de la prise de Mitrovez, surla Save, et dune première invasion des Turcs en Styrie , de lasoumission définitive de la Valachie , de la prise de Larissa (Je-nischer), de Doemenek, de Patras , de Pharsale , de Lamia (Zei-toun), deDoris, de Locris et dArgos , dans la malheureuse Grèce .Ces villes, de même que lancienne cité de Périclès , sont enpartie dépeuplées, et reçoivent des colonies tartares; car les Ot­ tomans connaissent aussi le système de la transplantation des peu-ples, employé par les Romains et par Charlemagne. En mêmetemps, en Asie , Khangri, ancienne résidence des rois de Paphla­ gonie , Divvrighi, Derendé, Behesni, Malatia , Koumak sont con-quis. Bayezid est bien surnommé Uderim; il est rapide commela foudre , il va couronner ses travaux par la conquête de Cons­ tantinople ; mais les progrès de Tamerlan , de lautre côté de laMéditerranée, interrompent sa course victorieuse.

LesMogols, ces anciens conquérants de lAsie , sétaient, commenous lavons vu, partagés à la mort de Mangou. Kublaï avait fondéla dynastie de Chine ; Houlagou-Kham, celle des Tchingis-Kha-nides de Perse. (Voy. plus haut, page 45). Les successeurs dHou-lagou navaient pas su maintenir leurs conquêtes; nous avons vules sultans dEgypte les chasser de la Syrie , mais une réaction

1 Voy. Plan de la bataille de Nicopolis.

terrible ne pouvait manquer davoir lieu un jour. Autrefois lesmaîtres des sultans dIconium , les Mogols , ne pouvaient voir,sans jalousie, les progrès des Ottomans , naguère les esclaves,et à peine les alliés de ces mêmes sultans.

Toutefois la colère mogole gronda longtemps sans lancer dé-clair; enfin Timour, dont le nom veut dire fei', naquit en 4956dans un village de la Transoxiane. Il était destiné à renouvelerTchingis-Khan , dont il descendait.

Plusieurs souverains avaient occupé le khanat du Mogol dePerse depuis Houlagou . Timour leur succède ; il délivre son paysde la tyrannie des princes de Khasgar; ses compagnons le pro-clament. A lui aussi une prophétie a promis lAsie . En trente ansil conquiert le Khowaresme, la Perse, une grande partie du Kapts-chak et lIndoustan. Comme Houlagou , il fond sur la Syrie , aprèsavoir signalé les ruines de Bagdad par une pyramide de quatre-vingt-dix mille têtes humaines. Enfin il envahit le territoire otto­ man le premier jour de lan 805 de lhégire. Bayezid sélance :mais la terreur glace ses troupes. On sait que Timour comble avecdes cadavres les fossés des villes, et népargne personne. Cepen-dant larmée ottomane , commandée par Bayezid et ses cinq fils,arrive sur les bords du Tchibouk-Abad , près dAncyre. campeTimour avec ses mogols, commandés par ses quatre fils. On sat-taque, la bataille est furieuse, cest la grande querelle des Mo­ gols et des Khowaresmes qui se décide; cest aussi la questionde lempire asiatique qui se débat. Malgré son héroïsme, Bayezid est vaincu, deux cent quarante mille cadavres marquent le lieude sa défaite; et le vainqueur de Nicopolis meurt captif en 4405,après avoir orné le triomphe du Tchingis-Khanide.

6. - INTERRÈGNE (4 405-4445) MOHAMMED 1 er (4445).

Un instant, pour ainsi dire, lempire ottoman nexiste plus.Les princes de Mentesché, dAidin, de Tekké , de Kermian et deKaramanie recouvrent leurs principautés. Tandis que Timour-Leng séloigne pour aller mourir presquen même temps que Baye­ zid , les fils de celui-ci, Isa, Suoleïman, Mousa et Mohammed se dis-putent lhéritage paternel; enfin au bout de neuf ans, Mohammed I er ,le plus jeune, lemporte. Il demeure sultan des ottomans en 444 5.Chose remarquable, les progrès des descendants dOsman ne sar-rêtent pas malgré les guerres civiles. Comme autrefois les Ro-mains, ils combattent les uns contre les autres, et refoulent enmême temps leurs ennemis. Linvasion de Timour-Leng nestquune invasion sans conquête. Ils envahissent la Carniole , ob-tiennent de Venise un tribut de 4,600 ducats, et soumettent lesprinces de Bosnie à un tribut plus considérable encore. Us em-mènent en une seule campagne, tous les jeunes gens de la Servie,semparent de Salonique et des villes du Strymon.

Mohammed, demeuré sultan, raffermit lempire, force au devoirles tributaires révoltés ; sa clémence et sa justice en font presque unAuguste . Toutefois la guerre lui est malheureuse avec Venise . Lore-dano bat sa flotte dans les eaux de Gallipoli, et obtient, pour lesVénitiens , le droit de châtier les corsaires turcs en quelques lieuxquils soient rencontrés. Mais cest en partie grâce aux efforts deMohammed que se développèrent la poésie et la littérature des Otto­ mans . Il mourut en 4424.

7.- MOURAD II (4424).

Mourad II lui succède : cest encore cette fois lhomme de laconquête ; après avoir compiimé la révolte de son oncle Mustapha,que soutenait lempereur grec, Manuel II Paléologue , il attaque

1 Voy. plan de la bataille.