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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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ATLAS

remise au sultan des contributions de guerre en retard. Cette mêmeannée, Mahmoud voulut recommencer la lutte avec le vice-roidÉgypte , contre lequel la Palestine sétait insurgée. Les puissanceslen empêchèrent. Cest alors aussi quil imita ces puissances enaccréditant auprès de chaque souverain des ambassadeurs, et quilforma les akakiri redifei-mencouré, complément de lorganisationmilitaire dont il dotait son empire.

L. Bataille de Nezib.

Des négociations, des démêlés avec la France au sujet dAlger etde Tripoli , avec le pacha dÉgypte , avec le parti religieux, rem-plissent le reste du règne de Mahmoud. La médiation des puissan-ces ne peut maintenir la paix entre lui et Mehemet-Ali . Il ordonneen \ 859 à Hafiz-Paclia de reprendre la Syrie ; celui-ci passe lEu­ phrate en avril. Ibrahim, qui lui est opposé, lui livre, après avoirtemporisé, la bataille de Nezib, le 29 juin. 11 est encore vainqueur.Mahmoud mourut (le 4 er juillet) avant den recevoir la nouvelle,qui ne parvint à Constantinople que le 8.

Mahmoud est lun des plus grands princes que lhistoire puissenous montrer : il na manqué à sa gloire quun peu de bonheur.En lutte contre son peuple et contre lEurope , il dut succomber.Il fut lâme de la Turquie pendant trente-un ans. Après lui, elle estretombée, sans vie pour ainsi dire, recevant limpulsion des puis-sances. Sauf le grand homme de lépoque, il a effacé les souverainsdes trente premières années de ce siècle. Il leur survivra dans lamémoire de lEurope . Les Ottomans , qui lavaient maudit, lontpleuré.

5. - ABDIÎL MEDJID.

Lhéritier du réformateur ottoman était le jeune Abdul-Medjid ;le président du conseil de la Porte Khosrew-Pacha, et les gendresdu défunt, le font proclamer. Il ordonne aussitôt la suspension deshostilités contre Mehemet-Ali ; mais un événement singulier vientau contraire compliquer la question. Le kapoudan-pacha refusedobéir au président du conseil Khosrew ; il laccuse de la mort deMahmoud, et gagne avec la flotte les eaux dAlexandrie , il semétaux ordres du vice-roi dÉgypte (4 4 juillet). Il semble ainsi in-diquer ce dernier comme le maître à venir de tous les Ottomans .En effet, Mehemet-Ali peut facilement dicter la loi à Constantino­ ple : il lui suffit de donner à son fils lordre de marcher en avant.

Dans ces circonstances, une mesure des plus habiles est prisepar Khosrew-Pacha et les conseillers dAbdul-Medjid . Un khatli-chérif est solennellement publié : cest une sorte de charte que lesultan accorde à tous les sujets de lempire. Cette charte, qui formeaujourdhui la base de la nouvelle constitution ottomane , est ac-cueillie avec joie par Constantinople et par lEurope .

Dun autre côté, les puissances se réunissent pour protéger lenouveau gouvernement, et empêcher, soit la dissolution, soit la re-constitution de lempire par Mehemet-Ali .

Le Uo juillet 4840, la Prusse, lAutriche , la Russie et lAngle-terre se liguent à cet effet, et sexpriment ainsi dans leur traité :

« La conservation de lempire turc, dans son intégrité, dans sonindépendance, est une des conditions essentielles du maintien etde la consolidation de la paix générale en Europe . Ce nest que pourgarantir un si grand intérêt que les quatre puissances ont conclu letraité du 9 juillet avec la Porte ottomane . » Un protocole du47 septembre confirme ces dispositions.

Mis en demeure dévacuer la Syrie , Mehemet-Ali résiste dabord,soutenu par la France ; mais celle-ci labandonne. Son fils est forcéde laisser prendre Beyruth par la flotte anglo-autrichienne ; il perdSaint-Jean-dAcre le 5 novembre 1840, et son père, voyant lim-possibilité de lutter seul contre les quatre colosses européens unisà la Porte, lui donne lordre de laisser la Syrie au sultan.

Enfin, le vice-roi dÉgypte rend la flotte ottomane . Au prix decette soumission, la Porte lui accorde, sous la garantie des puis-sances, le pachalik dÉgypte à titre héréditaire, et retire la dé-chéance prononcée contre lui.

Les puissances réclament alors le droit dintervenir dans le ré-glement des affaires de Syrie ; la Porte refuse, et se prépare ainsipeut-être de nouveaux embarras.

Ici se termine pour nous lhistoire de lempire ottoman . Sous latutelle des puissances quil cherche à secouer, séparé de lÉgypte ,ayant perdu la Grèce et les principautés slaves, lempire ottoman vivra-t-il? sera-t-il partagé? perdra-t-il encore la Syrie ? Que de-viendront les chrétiens de ces provinces dEurope ? Ce sont desquestions graves.

Si jamais un concert européen pouvait les trancher, sans terri-bles secousses, cest quaucune guerre ne serait plus possible sur laterre. Quand à nous, sil nous est permis davoir une opinion, c'estque le christianisme a dès à présent arraché à la Porte les provincesdEurope, et que trois puissances, lAngleterre, la Russie et laPerse lui prendront lAsie .