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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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DE LEMPIRE OTTOMAN .

Entre les deux cliaines du Liban sabrite la grande vallée ap-pelée par les anciens Cœlésyrie ou Syrie creuse. Cest aujourdhuicelle dEl-Bokat.

La chaîne mésopotamique est la seconde des trois chaînes quenous avons nommées en dernier lieu. Elle se détache du plateaudans la province de Diarbekr ; elle comprend les monts Sindjar, habitent les farouches Jézidis , et les collines dHamerin, quibordent au nord les plaines sélevaient jadis Ninive et Babylone.

LAglin-Dagh , lElvend , les monts de Louristan , les montsBakhari, dans le Kourdistan, le Kousistan et la Perse, forment latroisième branche; elle peut passer pour le centre des montsKourdis-taniques ; sa partie la plus élevée correspond aux fameux montsNiphates des anciens : cest que, selon Strabon , le Tigre prenaitsa source.

Enfin le mont Araral, sur la partie orientale du plateau, estla souche dune chaîne qui traverse lAdzerbeïdjau, le Dgilan, leMazanderan et le Korassan, et cela sous différents noms plus con-nus des habitants que des géographes. La hauteur de lArarat estde 4000 mètres ; son sommet est couvert de neiges. Sur ses pentessarrêta larche de Noé, comme celle de Deucalion sur le montLarnasse. Il sétend à quelques lieues dEriwan . Les journaux an­ glais ont dernièrement annoncé que sa masse principale, rongéepar le temps et les eaux, sétait écroulée; notre correspondancene nous a pas encore vérifié le fait.

Enfin, un groupe de montagnes que lon pourrait appeler, avec

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le grand statisticien et géographe auteur de ['Atlas des langues,groupe dErzeroum , joint les chaînes issues du Taurus et la massecaucasienne.

Quant à lArabie, que nous considérons comme dévolue engrande partie à la puissance ottomane , quelques noms quelleprenne, ce pays renferme un système de montagnes encore fortpeu connu. Il se compose dun immense plateau supportant desmontagnes qui sétendent sans ordre dans toutes les directions. Ilest convenable, néanmoins, dy distinguer dès aujourdhui troischaînes : la chaîne maritime, qui borde à une distance de 50 à-100 milles géographiques, la mer Rouge et le golfe dOman jus-quau cap Mocandon. Cette chaîne est passablement élevée et ren-ferme les monts Chakak.

La chaîne centrale sétend depuis le cap Recan, sur le golfe Per-sique, jusquà la chaîne maritime aux environs de la Mecque ; elleest fort élevée et comprend les monts dEl-Ared.

Enfin, la chaîne septentrionale est appelée monts dEl-Chamnar.Cest elle que les pèlerins ottomans traversent pour se rendre à laMecque .

AFRIQUE OTTOMANE.

Décrire ici le bassin du Nil sous le rapport orographique seraitparfaitement oiseux. Reste le système de lAtlas, qui borde les côtesde lAfrique septentrionale. Ce système est des plus simples, etnous renvoyons le lecteur à un simple coup dœil sur la carte.

GOUVERNEMENT.

Cest à tort que la plupart de ceux qui ont écrit sur le gouverne-ment turc lont considéré comme monarchique absolu. La monar-chie ottomane a toujours été une monarchie limitée par trois pou-voirs bien puissants : la loi et les docteurs de la loi, larmée et laféodalité, ou lassociation des musulmans propriétaires, des nota-bles appelés ayants.

Cest à tort aussi quon a considéré cette monarchie comme pu-rement héréditaire. Bien que depuis d500 le sceptre ne soit pasencore sorti de la famille dOsman, chaque avènement a été mar-qué par une sorte de grande et vaste élection, tant armée que po-pulaire, tant légale que tumultueuse.

Par suite des changements qui ont été opérés dans lempire,deux des pouvoirs qui limitaient lexercice de la souveraineté dusultan, larmée et la féodalité proprement dite, sont devenus extrê-mement faibles ; mais le pouvoir du corps des Oulémas est encoretout entier, et comme le fait ressortir lillustre de Hammer, le res-pect dont les derniers sultans lont toujours entouré a seul permisla destruction des deux autres pouvoirs, par le pouvoir du padischa.

Enfin, le principe de la responsabilité des ministres du sultan ,cest-à-dire du diwan devant la nation , a toujours été admise, etce nest pas toujours le sultan qui a de son plein gré choisi ses mi-nistres. Cette responsabilité ministérielle est aujourdhui plus en-tière que jamais.

La nation musulmane a, pour ainsi dire, conquis des droitscomme nos nations modernes. Larmée ne lopprimait pas moinsquelle nopprimait le sultan ; cest elle qui a aidé le sultan à dé-truire les insolents prétoriens que lon nommait janissaires, con-quérants déchus qui exploitaient la gloire de leurs devanciers. LeIvoran seul, connu de tous, et quelques ordonnances, mal exécutéespar les pachas et les autres représentants de la couronne, réglaientlégalement la position des fidèles croyants vis-à-vis du chef de lareligion et du chef de létat. II fallait quelque chose de plus. Ledévouement de la nation à Mahmoud, contre l'étranger , contreles pachas, et contre les janissaires a été récompensé par Abdul- Medjid

. Il a donné le khatti schériff de Gulkhané. Nous devonsconsidérer cette grande et grave ordonnance, donnée à la face detous, signifiée aux puissances, et qui, par lacclamation des peuplesest devenue une loi nationale, comme la charte de lempire mu-sulman. Au moyen de cette charte les sultans , dans leur lutte avecles pachas ou la grande féodalité, se sont appuyés sur la nation;le gouvernement turc est aujourd'hui constitutionnel, sinon encorereprésentatif. Nous allons exposer avec le moniteur ottoman lacharte de Gulkhané, encore mal exécutée dans les provinces, maisà laquelle les populations commencent à en appeler. Cette pièce ex-plique parfaitement la situation des choses sous le régime ancien ;elle satisfait avec une rare sagacité aux exigences de la situationprésente; elle atteste que lantique sagesse des conseils ottomans est encore entière, que si deux siècles elle avait été obscurcie, cestque la tyrannie du sabre lopprimait.

KHATTI SCHÉRIFF DIT I)F, GULKHANÉ.

Tout le monde sait que dans les premiers temps de la monar-chie ottomane , les préceptes glorieux du Koran et les lois de lempireétaient une loi toujours honorée. En conséquence, lempire croissaiten force et en grandeur, et tous les sujets avaient acquis au plushaut degré laisance et la prospérité. Depuis cent cinquante ans,une succession daccidents et de causes diverses ont fait quon acessé de se conformer au code sacré des lois et aux réglements quien découlent; et la force et la prospérité antérieures, se sont échan-gées en faiblesse et en appauvrissement ; cest quen effet un empireperd toute stabilité quand il cesse dobserver les lois.

Ces considérations sont sans cesse présentes à notre esprit etdepuis le jour de notre avènement au trône, la pensée du bien pu-blic, de lamélioration des provinces et du soulagement des peuples,na cessé de l'occuper uniquement. Si lon considère la positiongéographique des provinces ottomanes, la fertilité du sol, Vapti-tude et lintelligence des habitants, on demeurera convaincu quen

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