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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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ATLAS

lion est de G, 5 et 40 piastres. Les districts sabonnent pour un cer-tain nombre de rôles; ceux-ci varient, dans leur total, de seize àdix-septeent mille. En cas de non-paiement, la saisie des meublesest seule permise.

Les tributs des gouverneurs, des états dépendants, les douanes,les taxes sur une foule de choses forment avec ces deux impôts lesressources financières de lempire.

Nous avons parlé de la vénalité'des charges, cest encore une au-tre ressource.

Les taxes seules des juges nommés par le sultan et par les jugesdu second ordre, dépassent la somme annuelle de 25 millions defrancs. Le gouvernement turc fait dailleurs argent de tout.

En somme, on peut évaluer à 500,000 millions de francs lechiffre total du revenu des provinces administrées directement parle Grand-Seigneur. Mais il serait difficile de détailler dune manièreprécise les sources différentes qui produisent cette somme, et denanalyser lemploi.

Les dépenses locales et municipales, indépendamment des exac-tions arbitraires, se montent au moins au triple de la somme exigéepar le gouvernement ; et je ne doute point, dit M. Urqhuart, que lepeuple ne regardât comme un bienfait de voir le gouvernement éle-ver ses demandes au quadruple , à condition que lentière adminis-tration des finances serait remise entre les mains des autorités muni-cipales. Le nouveau sultan a promis de pourvoir aux abus, parlaCharte de Gulkkané. La nouvelle organisation financière est encoremal établie : elle na pas complètement substitué au système desfermes ou de lHtizam , le système de perception directe.

LEgypte , qui se place en dehors, possède un revenu de62,000,478 francs dont le docteur Clot-Bey a indiqué les sourceset lemploi.

28,425,000 francs proviennent de limpôt foncier. La capitationproduit 8,750,000 francs, les douanes et les différentes taxes for-ment le reste de la somme.

Les dépenses sélèvent seulement à 49,954,500 francs.

On évalue les revenus de Tunis à 7,000,000, et ceux de Tripoli à 2,000,000 seulement.

Un réglement public du 28 septembre 4855 a fixé la valeur desmonnaies comme il suit : lÉgypte a adopté le système décimal,avec la piastre pour base.

Ducat khaïryé,

20 piastres.

Demi,

10

Foundouk,

32

Demi-Found.,

16

Roubi ou quart,

4

Istamboli,

24

Demi-Jst.,

12

Quart,

6

Ducat roumi,

48

Demi,

24

Adli,

15

Ducat Egyptien,

20

Demi,

10

Kirklik khaïryé,

40

La piastre vaut 40 paras de trois aspres.

Son rapport au franc est ... . 0,25 ou 50.

500 Piastres forment une bourse dargent.

50,000 Piastres une bourse dor.

Et 400,000 aspres une Juk.

I-ies mesures de grandeur ont été calculées daprès les degrés deléquateur; chaque degré est de 60 milles, chaque mille vaut millekouradjs, le kouradj vaut deux arschirs et demi, larschir équivautà deux pieds, le pied à douze pouces, le pouce à dix lignes seulement.

INSTRUCTION FUIÎUQUF..

De tous les temps, le disciple de Mahomet a su ce quil devaitsavoir, les prescriptions du prophète : de tous les temps, il a pusabreuver aux sources du livre. On se tromperait étrangement entaxant dignorance la masse de la nation turque; cette accusationquon a coutume de lui adresser, doit être considérée du pointde vue européen. Il nest pas de peuple parmi lequel la scienceet la poésie soient plus en honneur. Le corps des Oulémas, hié-rarchisé par Mahomet II et par le grand Souleïman, fut assuré-ment, depuis sa fondation, le premier corps de lÉtat. Nous nesaurions mieux le comparer quà la vaste classe des lettrés du cé-leste empire. I^es professeurs, dit M. de Hammer, sont mieux ré-tribués et plus considérés en Turquie quen Allemagne et dans tousles autres pays, sans en excepter même lAngleterre et la France .

La poésie est censée venir de Dieu et retourner à lui : deux milleauteurs, environ, sy sont distingués depuis Osman. Les étudesprincipales sont la théologie et la jurisprudence ; elles sont intime-ment liées. La médecine, lhistoire, la philologie, les mathéma-tiques se présentent ensuite. Toutes les villes ont des mekteb, écolesprimaires auxquelles sont attachés des kodjas, maîtres ordinaire-ment fort instruits. A la plupart des mosquées est réunie une biblio-thèque. Constantinople possède autant détablissements dinstruc-tion publique quaucune autre capitale. (Voy. Description deConstantinople .)

Une hiérarchie compliquée conduit de grade en grade létudiant,ou sokta , aux plus hautes fonctions de la loi ; chaque grade ne luiest conféré quaprès un examen sérieux et souvent public ; le nombrede ceux qui, chaque année, obtiennent à Constantinople , sous laprésidence du grand scheïkdelislamisme, lesmérèsou diplômesdansla science et la hiérarchie de la loi, varie entre soixante et deuxcents. La Gazette dÉtat rend compte de leurs examens, qui sontpublics. Bien quil y ait à Constantinople et dans dautres villes desécoles de médecine et des hôpitaux dinstruction , on est moins sé-vère pour lexercice des sciences médicales que pour lenseignementde la théologie et de la jurisprudence ; toutefois, le corps des méde-cins commence à se fonder, à se hiérarchiser.

On ne peut guère être employé dans la chancellerie du gouverne-ment sans avoir étudié sous les kodjas de la Porte et avoir satisfait àdes examens qui, suivant le réglement de Mahmoud , portent surla grammaire, la syntaxe, létymologie, lordonnance du discours,la science tropologique, la métrique, la rime, la poésie, lartépisto-laire, la doctrine consistant à défendre le Koran contre le scepti-cisme , la calligraphie, lanthologie et lhistoire.

Les architectes reçoivent, de même que les ingénieurs , un di-plôme qui leur est remis après plusieurs années détudes et différentsexamens. Linstruction leur est donnée dans des établissements spé-ciaux. La géométrie, le dessin, lalgèbre et larithmétique, la gram-maire et la syntaxe, la construction pratique, voilà en quoi consistecette instruction.

Des écoles militaires spéciales, et particulièrement lécole de lagarde, à Constantinople , forment aujourdhui les jeunes officiersdes différentes armes. On y prend lélève pour ainsi dire sans ins-truction : son titre est son intelligence. La méthode de Lancasterproduit bientôt sur lui dexcellents résultats. Les objets enseignéssont la lecture , lécriture , le calcul, la géométrie, la géographie,lalgèbre, les ordonnances des manœuvres et les devoirs militaires.Il y a des instruments de physique et dastronomie. Le nombre descandidats est denviron cinq cents.

LÉgypte dépasse peut-être Constantinople , au moins sous le rap-port de linstruction militaire et de linstruction scientifique.

Tunis et Tripoli suivent de très-loin les progrès de la métropole.