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de l’empire, et dont un envoyé préside la foire si connue dans l’Orientsous lenomdeBaluk-Issar;là, se lisse et se récolte la soie, et l’écumede mer reçoit une forme élégante : Karahissar (50,000 habitants),reeueillel’opium et manufacture les laines ; Konieh se livre à l’instruc-tion et au commerce (50,000 habitants), Koutaieh (50,000 habitants)a une industrie active et un commerce distingué : Sinope n’a que1 0,000 habitants, mais de beaux chantiers de construction et exportetoutes sortes de matières propres à la marine. Enfin Rhodes (50,000 h.), a comme Sinope de beaux chantiers de construction , etSmyrne au fond du golfe de Smyrne a conservé et perfectionné sonantique commerce, c’est une des places les plus importantes de laterre, c’est le grand entrepôt des marchandises du Levant et des mar-chandises européennes quise consomment en Orient . (150,000 habi-tants). N’oublions pas non plus Trébizonde sur la mer Noire (40,000habitants), ni surtout Tokat qui, outre ses 100,000 habitants, offreaux débouchés commerciaux une industrie remarquable en toiles,étoffes de soie, tapis, coton, vaisselle de cuivre, et d’où partent lescaravanes pour les différents points de l’empire, ni enfin Tarsout50,000 habitants), et dont les mines de cuivre sont distinguées.
Larnaca , en Chypre , entrepôt des richesses del’île; Erzeroum , enArménie (80,000 habitants), si fameuse par ses fabriques d’armes,son commerce d’expédition et sa brillante industrie, Bitlis et Dje-zireh, dans le Eourdistan (1G et 18,000 habitants), celle-ci sur leTigre ; Raddad (100,000 habitants), si industrieuse, si commer-çante, et qui fait toutes les affaires de la Perse, Diarbekr (60,000habitants), qui a de nombreuses branches d’industrie, comme lescuirs, les poteries, les soies; Moussoul (60,000 habitants), à la célé-brité classique ; Maden, importante par ses mines de fer; ces quatredernières, en Mésopotamie , rivalisent pour l’activité avec nos villesd’Europe . En Syrie , chacun connaît Damas , cette riche et célèbrecité de 150,000 habitants, à l’industrie renommée comme ses mal-heurs; Alep , qui possède 120,000 habitants et dont le port est leplus fréquenté de la côte ; Beyrouth , Jérusalem , Saint Jean-d’Acre,entrepôt du commerce des cotons de la Syrie , et Tripoli de Syrie (25, 20 et 16,000 habitants).
L’Egypte a pris sous la main puissante de celui qui la gouverneaujourd’hui, une direction commerciale très-prononcée. Ses cé-réales , ses blés, son maïs, ses légumes secs, alimentent un né-goce considérable; elle livre au commerce alizari, du coton àlongue soie, du café moka, des graines de sésame, du lin, de lagomme arabique, de l’indigo, de la cochenille, de la soie, dulin de Boulak et de Rosette, du natron, de l’alcali minéral, ducarbonate de soude, de l’opium, du riz, du salpêtre, du safranumrouge, du séné, des oranges, delà soie. Elle reçoit d’Europe àpeu près les mêmes objets que la Turquie proprement dite.
Alexandrie , déchue de sa splendeur commerciale, est toujourscependant la place principale du commerce entre l’Égypte et lemonde, et compte encore 75,000 habitants. Le Caire (550,000 ha-bitants) est le principal entrepôt entre Alexandrie , la haute Égypte et l’Arabie , le passage des caravanes anglaises pour les Indes, parSuez et la mer Rouge . Les négociants des principales villes de l’Eu rope ont des comptoirs soit au Caire , soit à Alexandrie . Damiette ,qui commerce avec la Syrie et tout l’Orient (20,000 habitants);Suez , destiné à un grand avenir, se distinguent aussi.
Tunis et Tripoli sont les principales places des régences africai-nes. Leur commerce ne manque pas d’activité. La première, quia 150,000 habitants, fabrique des velours, des soieries, des bon-nets rouges; elle a des scieries ; elle commerce en laines , indigo,coton , savon , plumes d’autruche, bonnets de laine et huile.
Tripoli , avec ses 25,000 habitants, est le principal dépôt des
marchandises européennes destinées aux contrées lointaines de l’A frique centrale . Cette ville commerce avec Malte , Tunis et tout leLevant.
Goletta , Monastir et Sfax , dans la régence de Tunis , ne doiventpoint être oubliés.
Enfin , l’industrie égyptienne dont nous n’avons encore rien dit,consiste en filatures et fabriques de coton à Boulak , au Caire , dansla basse Egypte et le Saïd , en fabriques de toiles de lin ; Boulak aune blanchisserie remarquable. Il ne faut pas omettre l’impressiondes indiennes et des mouchoirs, les tissus de soie, les corderies,les manufactures de draps, les fabriques de poudre de salpêtre,de produits chimiques, d’armes; les indigoteries, les sucreries, lesmoulins à huile.
Voici le tableau des importations et celui des exportations del’Égvpte en 1856.
Importations.
Tissus de coton.
16,000,000 fr
5,000,000
Bonnets.
1,800,000
Tissus de laine.
2,000,000
— de soie.
2,500,000
Bois de construction.
9,000,000
Fer en barres et en fil.
4,000,000
Quincaillerie et coutellerie.
2,500,000
Papier.
1,000,000
Drogues et épices.
1,500,000
Charbons de terre et de bois.
1,500,000
Cochenille.
1,100,000
666,000
Verreries et glaces.
640,000
Huiles.
770,000
Vins et liqueurs.
710,000
Autres marchandises.
2,000,000
Total.
50,286,000
Exportations.
Cotons.
24,000,000 fr
liiz.
4,000,000
Gommes.
5,000,000
Tissus de lin.
2,006,000
Céréales.
2,640,000
Indigo.
1,000,000
Soude.
1,000,000
Dattes.
1,000,000
Légumes secs.
1,000,000
Opium et hennep.
1,500,000
Autres marchandises.
1,000,000
Total.
42,146,000
Le commerce général d’Alexandrie a été, dans l’espaced’un an, de121,807,000 francs, dont 28 millions avec l’Autriche , 24 avec laTurquie , 20 avec l’Angleterre, 16 avec la France , etc., etc.
FINANCES , MONNAIES ET MESURES.
En jetant les yeux sur l’organisation financière de la Turquie ,telle qu elle existe sur le papier, il semblerait d’abord qu’il n’y arien de plus compliqué, de plus inintelligible. L’immense bureaudes finances, à Constantinople , occupe perpétuellement six à neufcents commis ou employés et comptait naguères vingt-cinq divisionset onze subdivisions ; rien, selon un appréciateur anglais , n’est plussimple dans la pratique.
On distingue deux espèces d’impôt; l’impôt foncier et l’impôtpersonnel ou capitation que paient les sujets non musulmans.
Le premier se lève par dîme ou par répartition. Les gouverneursle fixent dans le premier cas ; les ayans des villes dans le second ; ilsen font deux parts : l’une pour le gouvernement, l’autre pour leBeît-el mal, ou pour la caisse municipale ou de dépôt. La capila-