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ATLAS
l’ambitieuse Macédoine. Léon, général de Philippe, père d’Alexan-dre força son enceinte en 347. Bysance devint macédonienne. Ellese vit enveloppée dans toutes les intrigues et les luttes qui suivirentla mort du conquérant de l’Asie . Moitié libre, moitié esclave, tou-jours pleine de soldats à cause de sa forte position, elle arriva ainsià l’époque où Rome profita des divisions et des lâchetés des Grecspour asservir l’Hellénie. Bysance suivit le sort de cette contrée etdes mers qui la baignent, elle fut conquise et reconquise. Les em-pereurs qui, après la chûte de la république romaine se succédè-rent dans l’exploitation du monde, se la disputèrent. Septime Sévère l’investit en 194 après Jésus-Christ . Les Bysantins s’étaientfortifiés, ils combattirent avec courage, avec désespoir durant troisannées. Ils furent malheureux, et le chef de la dynastie des princessyriens rasa leurs murailles. Bysance avait depuis longtemps unerivale dans Héraclée . Septime Sévère agrégea son territoire à celuide cette ville, et la cité de Byzas cessa d’exister.
Cependant le propre fils de Septime , l’horrible Caracalla se laissapersuader de rétablir l’ennemie de son père. Bysance fut relevée.Elle prit le nom d’ Antoniana-Augusta.
Enfin le temps vint ou le christianisme rénovateur prit place surle trône des Césars avec Constantin-le-Grand. Au nouvel empirechrétien, il fallut une nouvelle capitale. La tradition prête au filsd’Hélène un songe qui l’avertit de choisir Bysance . Quoi qu’il ensoit, Constantin comprit tout le parti qu’il pourrait tirer d’une villeplacée au carrefour de la terre, au centre des possessions romaines.L’avenir donna bientôt raison à sa politique. Bysance ne prit passeulement le nom de nouvelle Rome ; elle devint une nouvelleRome , elle reçut le siège de l'empire, et fut une véritable capitaleimpériale. Tout ce qui voulut graviter autour de l’astre des Césarsse pressa dans l’enceinte agrandie de Nea Roma. Elle eut un sénat,une noblesse, un peuple immense affluant dans des amphithéâ-tres prodigieux , et criant comme à Rome , « du pain et les jeux ducirque. » Constantin avait créé; ses successeurs développèrent ; maisla reconnaissance fut pour lui et Bysance fut appelée de son nom,Constantinoupolis, Constantinople . C’est en 530 qu’eut lieu cetransfèrement mémorable du siège de l’empire romain dans les lieuxque dominent aujourd’hui les minarets de la mosquée d’Eyoub.
Mais c’en était fait de l’empire lui-même. Les successeurs deConstantin se virent débordés par les torrents des migrations sep-tentrionales. Théodose-le-Grand né en Espagne fut le dernier desRomains; avec lui, l’unité du monde impérial se brisa ; de ses deuxfractions se formèrent l’empire d’Occident, dont la capitale futRavenne l’italienne , et l’empire d’Orient dont la capitale fut Cons tantinople . Le premier tomba sous les attaques des barbares en 476.Le second sous le nom d’empire grec se maintint jusqu’en J455.11 comprenait la Grèce , l’Illyrie orientale, l’Égypte , la Syrie , l’AsieMineure. 11 avait dans sa suzeraineté Rome et l’Italie . Il perdit peuà peu chacune de ses provinces; en \ 435, il n’avait plus que Cons tantinople .
L’histoire de Constantinople comme capitale de l’empire d’O-rient seraitpresqu’interminable. Luttes religieuses, conciles recon-nus et non reconnus, révolutions du palais, agitations populaires ,voilà en somme ce qui la composerait. Que l’on se figure Athènes quintuplée et son peuple railleur, devenu superstitieux, conduitnon plus par des démagogues, mais par des eunuques et l’on aurala Bysance du bas-empire. Son histoire extérieure est pauvre :grande jusqu’à Héraclius , elle tombe jusqu’aux Comnène et ne serelève qu’avec les croisades pour retomber aussitôt. Les Huns, lesAvares, les Bulgares, les Perses, et enfin les Arabes et les autresmusulmans ne lui laissèrent aucun repos.
Le nom des princes qui ont régné sur cette ville ne rappellentpour la plupart que de chétifs souvenirs depuis Arcadius jusqu’audernier Constantin. Nous excepterons Théodose-le-Jeune et Justi-
nien-le-Grand, si laineux par leurs travaux législatifs, Héraclius qui,après avoir sauvé son empire de l’attaque des Perses, le laissa pren-dre aux trois quarts par les fils de Mahomet , Léon l’Isaurien quipar son fanatisme perdit l’Italie , Irène, la grande contemporained’Aroun-al-Raschid et de Charlemagne, Basile-le-Macédonien ,Jean Zinîiscès, Romain Diogène et les Comnène que les croisadesont rendus populaires dans l’histoire. Quoi qu’il en soit, nous pla-cerons ici leur liste. Elle complétera l’histoire de Constantinople .
595-408
Théodose-le-Jeune.
408-450
450-457
Léon I er .
457-474
474
Zénon.
474-491
491-518
518-527
Justinien-le-Grand.
527-565
565-578
578-582
582-602
602-610
610-641
Héraclius-le-Jeune.
641
Héracléonas.
641
Constant.
641-668
668-685
685-695
Léonce.
695-698
Absimare-Tibère.
698-705
705-711
Philippique Bardane.
711-715
713-716
Théodose III.
716-717
Léon l’Isaurien.
717-741
Constantin Copronymc.
741-775
775-780
Constantin V et Irène sa mère.
781-802
Nicéphore.
802-811
Staurace.
811
Michel-Curopalate
811-813
Léon l’Arménien.
813-820
Michel-le-Bègue.
820-829
829-842
Michel-lTvrogne.
842-867
Basile-I e-Macédon ien.
867-886
886-911
Alexandre.
911-912
Constantin Porphyrogénète.
912-919
Bomain Lécapène et ses fds.
919-945
Constantin Porph. rétabli.
945-959
Romain IL
959-963
963-969
969-976
Basile II et Constantin VIII .
976-1028
1028-1034
1054-1041
Michel Calafate.
1041-1042
1042-1054
Théodore.
1054-1056
Michel Stratiotique.
1056-1057
1057-1059
1059-1067
Eudocie et Michel VH avec ses fils.
1067-1068
1068-1070
Après ces princes, régnent Michel Parapinace, rétabli jusqu’enJ078, Nicéphore Botoniate et Nicéphore Brienne jusqu’en J08J.Alors commence la dynastie des Comnène que les croisades trou-vent sur le trône de Constantinople . Le rôle joué par ces princesdans cet épisode de l’histoire des luîtes de l’Orient et de l’Occi-