DE L’EMPIRE
dent a, par sa duplicité, caractérisé l’esprit grec du bas-empire.Nous continuons notre liste.
Alexis I er , Comnène.
1081-1118
1118-1143
Alexis II, Comnène.
1143-1180
Andronic I er , Comnène.
1180-1183
1183-1185
1185-1195
1195-1203
Alexis IV, l’Ange.
1203-1204
Ducas Murtzuphle.
1204
La quatrième croisade, détournée de sa destination par l’avaricevénitienne, et précipitée sur Constantinople par les intrigues desempereurs eux-mêmes, arrache en 4204, à Ducas Murtzuphle,
le trône sur lequel il n’est monté,
pour ainsi dire, qu’afin d’en des-
cendre violemment. Les croisés,
maîtres de l’ancienne capitale du
monde, élisent pour y commander à titre d’empereur, l’ambitieuxBeaudouin comte de Flandre; il fonde pour quelque temps une dy-nastie franque en Orient, mais les Grecs se réfugient à Nicée , etil existe alors deux empires grecs, celui de Nicée , l’empire natio-nal, et celui de Constantinople , l’empire étranger, et voici la double
liste des princes rivaux.
Beaudoin I er de Flandre , 1204-1206
Henri. 1206-1216
Jean Ducas, Vatace. 1222-1255
Pierre de Courtenay. 1216-1219
Théodore Lascaris H . 1255-1259
Robert de Courtenay. 1219-1228
Beaudoin II. 1228-1261
Michel Paléologue qui succède à Jean Lascaris rentre à Constan tinople par surprise. Toutes les tentatives de Beaudoin et de sontuteur, Jean deBrienne, échouent contre sa prudence et son acli-
vité. Il garde sa capitale jusqu’à
sa mort en 4 282. Ses successeurs
sont :
Andronic II, Paléologue.
1282-1328
1328-1341
1341-1347
1347-1355
Mathieu Cantacuzène.
1355-1356
1556-1391
Manuel II , Paléologue. 1591-1425
Jean III , Paléologue . 1425-1448
Constantin XII, Drakosès, Paléologue . 1448-1453
C’est à cette époque mémorable de 4435 qui termine l’ère dumoyen âge, que les Turcs conduits par Mahomet-le-Conquéranl,s’emparent de Constantinople et en font la métropole de l’isla-misme. Depuis sa seconde fondation par Constantin, cette villeavait été l’une des métropoles du christianisme. Peu s’en fallut queplusieurs fois elle ne l’emportât sur Rome elle-même.
D’abord simple évêché, saint Jean Chrysostôme avait illustréson siège; deux conciles, ceux d’Ephèse en 454 et de Chalcédoine en 454, firent de ce simple siège épiscopal, un patriarchat avecautorité égale à l’autorité du pontife de llome, funeste égalitéqui devait engendrer bien des discordes. En effet bientôt un pa-triarche , Léon-le-Jeûneur prit (595) le titre de patriarche universelou œcuménique , et ses successeurs le portent encore aujourd’hui,malgré Rome et les décisions de tant de conciles. Après de nom-breuses querelles, Photius en 858, brisa tout à fait avec les Papes.Le grand schisme dont il fut l’auteur entraîna la séparation del’église grecque et de l’église romaine. Mais avant cette époque,l’église tout entière s’était souvent réunie à Constantinople . En584 , elle y confirma le symbole de Nicée ; en 553, elle y condamna
lesNestoriens; en 080, les Monothéliles. Enfin, c’est de Constan tinople que la fureur iconoclaste se répandit un instant sur l’Europe et sur l’Italie au huitième siècle, et donna naissance réelle à la puis-sance des papes , en les forçant à rompre les liens de vasselage quiles attachaient aux successeurs de Constantin.
Depuis la conquête de Constantinople par les Turcs, cette ville aété le théâtre de tous les grands faits de leur histoire intérieure.Nous ne reviendrons pas ici sur ce que nous avons dit ailleurs.
U. — Description.
Constantinople , appelée par les Ottomans , soit Stamboul , soitIslambol , soit Anthousa, ou la Florissante , n’a pas de rivale sousle rapport de la situation. Les géographes, les écrivains, les poèteseux-mêmes manquent d’expressions pour retracer l’aspect vraimentmagique qu’elle présente aux voyageurs. Les politiques n’ont pasmoins de peine à faire ressortir les avantages de toutes sortes quirésultent pour elle et la puissance qui l’occupe , de cette situation.Tous sont d’accord : c’est une position unique.
Cette célèbre capitale s’élève dans la partie la plus méridionalede l’Europe ; quelques coups de rames la séparent de l’Asie . Savaste enceinte couvre un large espace entre la mer de Marmara etla mer Noire , sur le canal qui empêche l’Europe et l’Asie de se tou-cher, et ce canal lui forme un des plus beaux ports du monde.Comme la Rome antique , elle occupe sept collines. Sa forme estcelle d’une corne, très-large à sa naissance , et recourbée à son ex-trémité. La base de ce triangle tient par l’ouest à l’Europe ; la pointeplonge dans le Bosphore et regarde à l’est le continent d’Asie . Lecôté sud est sinueux et domine la mer de Marmara ; le côté nord,non moins sinueux, longe les détours de la grande avancée de mer,formée par le canal qui va joindre la mer Noire . Là est le port ap-pelé Corne-d’Or. De l’autre côté de ce port s’étendent les quartiersde Pera, de Galata, de Topkané, de Kasim-Pacha, sur une magni-fique colline d’environ 4 00 mètres d’élévation. Scutari s’élève vis-à-vis la pointe du triangle, en Asie . Le courant venant de la mer Noire porte directement les vaisseaux dans la Corne-d’Or . Quantaux sept collines, elles descendent vers la mer de Marmara et versle port, à droite et à gauche d’une ligne défaites qui aboutit à lapointe du triangle appelé pointe du Séraï ; et cette ligne de faîtes estsuivie dans presque toute sa longueur par la voie de communicationappelée Grande rue du Diwan. Enfin, d’un point de la Corne-d’Or ,on jouit à la fois de la vue du Bosphore , de la merde Marmara , dela vue entière du port. Là , on embrasse de l’œil le bassin magnifi-que qui forme ce port, les sept villes ou quartiers suspendus sur lessept collines, et tout cela compose « la ville unique et incomparable,à la fois ville , campagnes , mer, port, rives de fleuves , jardins ,montagnes boisées, vallées profondes, océan de maisons, fourmil-lière de navires et de rues, lacs tranquilles et solitudes enchantées,vue qu’aucun pinceau ne peut rendre que par détails. » (Alph.DELamartine 1 ).
Les géographes varient dans leurs données sur la population deConstantinople . La vérité est qu’elle contient aujourd’hui, avec sesannexes, 628,000 habitants en nombre rond. Son enceinte est decinq lieues, ce qui donne une population moins pressée quecelle de Londres et de Paris . Vingt-neul portes (kapoussi) donnent entrée dans la ville ; savoir, quatorze du côté du port, sept ducôté de la mer de Marmara , une à la pointe du séraï, et sept ducôté de la terre. Trois murailles crénelées protègent la ville de cecôté : elles sont éloignées de 6 à 7 mètres l’une de l’autre , et au-devant s’étend un fossé de 4 5 pieds de profondeur sur 25 de large,qui se prolonge depuis le château des Sept-Tours jusqu’au port.Une autre muraille, flanquée de tours, et qui confond ses extré-
Yoyage en Orient.