()ü
ATLAS
formèrent dans la Mœsie le premier royaume bulgare, que JeanZimiscès réunit à l’empire grec de 969 à 97C. Mais un nouveauroyaume bulgare s’éleva bientôt dans la Macédoine, sous Sisman :c’est celui-là que Basile 11, empereur grec réunit aux possessionsde Constantinople en A 018 après une guerre terrible. Un troisièmeroyaume, moitié bulgare, moitié valaque, s’éleva alors au sud duDanube , c’est celui-là que conquit Bajazel 1 er en faisant tuer Sis-man 11. Perevaslav paraît avoir été longtemps la capitale bulgare .Aujourd’hui la Bulgarie compte pour villes principales, Sopliia ,Choumla, Warna , Nicopolis, Widin, Roulchouk, Silistrie , Tchir-men , Kirch-Kilissa et Ilazar-Grad.
Sopliia ville de commerce dans les montagnes entre l’Jsker et laNissava , est l’ancienne Ulpia Sardica et la Triaditza des Bulgares.Un haut fonctionnaire turc , un archevêque grec , un évêque catho-lique y résident ; elle a des eaux thermales et quelques branches defabrication particulière. On lui donne 45,000 habitants. Ithman, àl’entrée de la porte de Trajan dans le Balkan ; Samakow, ville demines de fer et d’usines, non loin du Kis-Derbend , autre défiléfameux; Bergovacs qui a une mine d’argent, Nissa évêché grec ,Mustapha-Palanka, forteresse, sont dans les environs de Sopliia.
Choumla doit sa renommée à ses fortifications et à sa positionmilitaire qui commande à la Turquie orientale. Elle s’élève sur unecolline et compte 50,000 habitants. Elle occupe l’emplacementd’une ancienne station romaine. On estime quelques-unes de sesbranches d’industrie, notamment sa chaudronnerie. Warna estl’ancienne Odessa ou Constanlia. Elle s’élève sur la mer Noire etcompte 16,000 habitants. La victoire de Mourad 11 sur Ladislas deHongrie en 1444, son occupation par les Russes en 1828 lui ontdonné une grande célébrité. Elle a quelques murailles, une radeassez bonne, mais d’une entrée périlleuse. C’est d’ailleurs unemétropole grecque. Aïdos est fréquenté pour ses thermes et sa foire.
Nicopolis doit, comme Warna , sa célébrité à deux victoires desTurcs. C’est Trajan qui, en 110, après sa victoire sur Décébale , lafonda au confluent du Danube et de l’Aluta. Selon nous, nullepart la noblesse française ne brilla d’un plus vif relief qu’à la ba-taille donnée sous ses murs, contre Bayezid P' , en 1596. Il nefaut pas confondre cette Nicopolis de Bulgarie avec d’autres villesde la victoire , en Asie et en Europe . Les géographes ne la citentd’ailleurs aujourd’hui que comme souvenir.
Silistra , siège du sandjak, à treize journées de Constantinople ,s’élève au confluentdu Danube et de la Dristra, à environ 100 kilo-mètres de Routchouk. On y compte 20,000 habitants qni selivrent en partie au commerce, en partie à la fabrique des lainageset à la préparation des cuirs. Diebitch s’en empara en 1829. Avantcela, en 1775, les Russes et les Turcs se battirent plusieurs foisavec acharnement dans ses environs.
Widin , dans le gouvernement de Silistra , près de Feth-lslam etNigeboli, à quinze journées de Constantinople , sur le Danube , estle chef-lieu d’un liwas : elle contient 20,000 habitants. On y com-merce en vins, grains et sel gemme; sa position en fait une place desplus importantes. Voici la description que M. Blanqui trace de cetteville, qu’il donne comme un type des villes turques. C’est pour celaque nous répétons cette description , d’ailleurs très-exacte.
La ville de Widin , chef-lieu du pachalik de Widin, est la dignecapitale du désert de la Bulgarie . C’est un assemblage confus demaisons en bois, dont les ais mal unis laissent à peine pénétrer l’airet le jour dans leurs sinistres profondeurs. 11 n’y a point de régula-rité dans les rues : les eaux ménagères y séjournent en plaques fé-tides , avec les dépouilles des animaux et les immondices de touteespèce. Les bouchers, qui sont très-nombreux, abattent le bétailsur le seuil de leurs portes, et en font couler le sang dans de grandstrous creusés en terre, où les matières se putréfient et répandent auloin une odeur méphitique. Souvent des cadavres de chiens,
de chats, de chevaux , et même de bœufs, gisent étendus dansles rues, qui deviendraient bientôt inhabitables sans les nuéesde vautours, d’aigles et de corbeaux qui planent incessamment au-dessus de leur proie. Dans certaines contrées de la Turquie , ces oi-seaux carnassiers se comptent par milliers, et ne craignent pas d’aClaquer l’homme. Pour comble d’insalubrité, la plupart des rues sontcouvertes de branchages , ou même de planches qui obstruent lacirculation de la lumière, comme dans les bazars bien connus danstout l’Orient par leurs exhalaisons pestilentielles. On ne balaie ja-mais la voie publique, et jusque dans Andrinople , ville deJ00,000 âmes, j’ai trouvé des monticules d’ordures qui datent deplus de vingt ans, et qu’il faut tourner comme des obstacles, mêmequand on est à cheval. Tel est l’aspect des villes turques, heureuse-ment parsemées d’arbres, ornées de fontaines, et assainies par degrands espaces vides qui neutralisent les effets délétères de l’incuriemunicipale. Pour compléter le tableau de Widin , il convient d’yajouter celui de deux énormes potences, qui s’élèvent en face de lacitadelle , comme symbole de la justice du vizir.
Routschouk , à quatorze journées de Constantinople sur le Da nube , est le siège de l’un des sittéi deRoumili, et d’un archevêquegrec. On lui donne 50,000 habitants. Tchirmen , plus rapprochéd’Andrinople , possède un château fort et 5,000 habitants. Kerka-lassia , ou Kirchkilissa , un peu plus peuplée, a aussi plus de com-merce. Hasargrad a une belle mosquée ; lïarnabat et Paravadi serecommandent par leur importance militaire.
Enfin, il faut citer encore, dans la Bulgarie et sur le Danube ,Sislowa, qui aurait 20,000 habitants et un commerce assez distin •gué; Rassova, Ilirsova, Touitcha, Madchin, Isatchi, forteresses im-portantes, mises en relief par la guerre de Russie , et points d’appuidesTurcs sur les populations bulgares. Une ville de l’intérieur, en-core assez remarquable , est la forteresse de Tirnava , métropolegrecque ; mais nous laisserons à d’autres la fabuleuse descriptionde la colonie des femmes deMadara, dans les environs de Choumla.
A la Bulgarie se joint la prétendue Tartarie-Doubroudjie , ha-bitée par les Turcs-Doubroudjis. On y trouve Baga-Dach , près lelacRamseïn, et des traces romaines.
L’Albanie estainsi nommée du radical celtique Alp ou Alb, parceque c’est le pays des montagnes. Elle contient l’ancienne Epire , et unepartie méridionale de l’ancienne Ulyrie , l’Acarnanie et l’Etolie .
L’Épire, ou HitEipoç, terre continentale, fut un des états les plusintéressants de l’histoire grecque . Deux Pyrrhus l’ont surtout il-lustrée. Après la mort du dernier, elle a généralement suivi le sortde la Macédoine . Au temps de sa célébrité grecque, on y voyait Do-done, au milieu d’une forêt de chênes dans la Chaonie, Passarôn,aujourd’hui Paléo-Castro, ou Vieux-Château, dans la Molosside;Ambracie, sur l’ancien Arélhon, capitale des rois Eacides, et Bu trote,maintenant Butrinto , près du faux Simo'is. L’Acarnanie avaitpour capitale Stratos, près d’un gué de l’Achéloüs : on y distinguaitaussi Anactorium. La capitale de l’Etolie , habitée par la sauvage etjalouse confédération qui perdit la Grèce , était Thermos .
D’ailleurs le nom d’Albanie paraît fort ancien. La célébrité de cepays date des premières guerres des Turcs en Europe ; il renfermaitalors une foule de petites principautés, soit normandes-italiennes ,soit vénitiennes, soit hongroises. La plus fameuse fut celle de Croïa,possédée parles Castriota. Centre de la résistance du grand Scander-Beg à Mourad 1 er , elle garde, comme ce héros chrétien, une véritableimmortalité. Les Turcs ne la conquirent, ainsi que le reste de l’Al banie , qu’avec la plus grande peine. Ils n’ont jamais entièrementdominé sur ce pays, mais les Albanais, ou Arnauts , en leur four-nissant des soldats , les ont aidés à conserver leur empire. L’Alba-