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nie actuelle a pour villes principales Janina , Scutari d’Europe ,Avlona, Ochrida .
Janina s’élève au midi sur l’ancien lac Acliérusia, fortifiée pardeux citadelles. Un Cantacuzène la fonda, en 4 350. Les Turcs s’enemparèrent en 4425. Ali-Pacha , de 1788 à 4 822, attira sur elle lesregards de l’Europe entière. Cet homme extraordinaire , né de lafamille seigneuriale klephte del’ébelen,en 4744, exécuta lui-mêmele pacha de Delvino, son beau-père , condamné à mort par le sul-tan , et devint lieutenant du gouverneur de Roum-Ili, puis pachade Tricala . Il s’empara alors de Janina , et tant par violencesque par ruses et trahisons, tantôt de l’aveu de la Porte, tan-tôt contre son gré, il réunit à son paehalik toute la Roumélie . Ja-nina devint alors une capitale italienne, avec des écoles, un lycée etun riche commerce; mais la Porte se lassa des insolences d’Ali. Dé-claré hors la loi pour avoir voulu faire assassiner à Constantinopleson ennemi Ali-Bey, il appela aux armes toute la Grèce . Battu, ils’enferma dans Janina , et ne fut détruit que par un assassinat en4822. Janina perdit tout en le perdant : commerce , civilisation etpopulation. La sœur d’Ali, Chaïnitza , résidait non loin de Janina ,à Liboovo , et rivalisait de cruautés avec son frère. Non loin de làaussi s’élèvent Souli, chef-lieu des immortels Souliotes ; Argyro-Castro, 5,000 habitants; Delvino, forteresse et gouvernement in-dépendant, 8,000 habitants; Mezzovo, qui compte 7,000 habitants,et qu’on trouve en allant de Janina à Tricala d’Albanie ; Parami-thi , repaire de populations déprédatrices; Philates , Konilza,ancien séraï d’Ali. La place où fut l’oracle de Dodone , et les petitesforteresses de Cleïssoura et de Premithi , sont les autres lieux re-marquables des environs.
Avlona ou Valona , évêché grec, est la ville la plus distinguée del’Albanie -Moyenne; elle a 5,000 habitants, et commerce avec l’Au triche en poixetgoudron. Ce pays nous offre encoreDurazzo, qui estl’ancien et célèbre port romano-grec de Dyrraehium; Tebelen, oùest né Ali-Pacha ; llbassan, évêché grec; Bérat, l’ancienne villeblanche, etDucates, chef-lieu des pasteurs Iapys. Ochri, métropolegrecque, Prisrendi, Ducagin, villes peu connues, Alessio, l’ancienAlise, tombeau de Scander-Beg; Croïa, son ancien patrimoine,aujourd’hui le chef-lieu des Mirdites, sont les villes qui se font re-marquer dans la Haute-Albanie. Elles y rappellent fort bien l’an-cienne féodalité albanaise .
Arta et Salagorra sur l’Arta; Butrinto , que nous avons déjà nom-mé; Chimera, chef-lieu de la république des Chimariotes, piratesarnauts ; Prévesa, qui possède un port sur l’Arta ; Parga, si célèbrepar les malheurs de ses habitants, sont à peu près les seuls pointsimportants de la Basse-Albanie.
Enfin Scutari , qui est laScodrades Illyriens. (Son pacha Musta-pha la rendit célèbre dans les derniers temps; elle brava tous lesefforts d’Ali, mais perdit sa prospérité. Elle s’élève entre la Boyana et la Drinassa. ) Dulcigno et Antivari , archevêché catholique etmarché au sel, voilà, avec les ruines de la Nicopolis d’Auguste , lesprincipaux lieux de l’Illyrie ottomane . Celtigne est le chef-lieudu Monténégro , pays fort curieux et très-souvent décrit.
La Bosnie , qui a reçu son nom des Bosniaques, peuplade slave ,selon toute apparence , ou de la Bosna , sa principale rivière, n’ap-partient, pour ainsi dire que de nom, à l’empire turc : ce sont desseigneurs héréditaires qui la gouvernent, sous la surveillance d’unpacha qui réside à Trawnik. Cette province de l’ancienne Illyrie afait, au moyen-àge, partie du royaume d’Esclavonie . Les Hongroisl’ont conquise en 4427. Un seigneur hongrois en a fait, en 4 570, unbanat particulier. Les Turcs l’ont enlevée aux successeurs de Twar-tko, en 4 44 6 et en 4 465.
Bosna-Séraï, peuplée de 60,000 habitants, paraît être la ville laplus importante de la Bosnie ; elle est située sur la Migliazza, affluentde la Bosna , entre des montagnes boisées, et défendue par uneépaisse enceinte et de petits forts , et divisée en ville haute et basse.Son commerce avec l’Albanie et la Macédoine est basé sur l’indus-trie qui la distingue , et qui consiste en armurerie , orfèvrerie, lai-nages et tanneries. Elle a quelques belles mosquées, un beau pontet quelques bains remarquables. Ceux de Sérajevo, qui est son nomen illyrien, se trouvent dans les environs , ainsi que les bourgs for-gerons de Vissocho , Kressovo et Varesch.
Trawnick n’à pas son importance; cependant le fonctionnaireturc qui, de ses murs veille sur la Bosnie , est un des principaux del’empire; il représente l’ancien roi ou ban de Bosnie . Sa résidenceest protégée par une forte citadelle. Les anciennes mines d’or deDalmalie se trouvent dans les environs de Trawnick, à Slanitza. Ilfaut ensuite distinguer dans la Bosnie les principales villes du bas-sin de la Bosna , et celles de l’Unna .
Les premières sont : Touzla, Maglaï, VVraduk, Zrébernik, Zwor-nik (44,000 habitants), et Mostar , dont le pont est une merveille,habitants.)
Les secondes sont : Novi, Bihacz , Livno , Trébigne ( 40,000 ha-bitants); Banialouka, Jaïkza, Stari-Maïdar et Kamengrad.
Le chef-lieu du gouvernement des îles est, comme nous l’avonsindiqué, Gallipoli. Cette ville s’étend sur l’ancienne Chersonèse deThrace, à environ cent quarante kilomètres.de Constantinople .On y compte 47,000 habitants ; elle a deux bons ports ; sa fabriquede maroquins ne manque pas de renommée. Il est à remarquerqu’elle fut la première conquête des Turcs en Europe . Sa populationa été bien plus considérable autrefois ; un voyageur lui donnaitencore, en 4845, 80,000 habitants. Un évêque grec y réside. L’au-torité du kapoudan-pacha, s'étend de là sur toute la côte et les for-teresses; elle embrasse aussi Lesbos , Rhodes , Cliio et Samos ; nousy rattacherons Chypre et Candie.
L’île de Rhodes s’étend par 25° 40’ longitude est, 56° 42’ de lati-tude nord sur la côte de l’Asie mineure; sa superficie s’évalue à44,000 kilomètres carrés; sa population est de 50,000 habitants.La nature s’est plu à verser ses dons sur cette île fameuse dans l’his-toire de Rome et dans celle delà chrétienté. Climat délicieux, eauxvives, beaux ombrages, sol fécond, défenses naturelles, l’ancien do-maine des chevaliers a tout ce qui peut fixer. Son chef-lieu estRhodes .
Cette ville fut bâtie par les Rhodiens confédérés , en 454 avantJ.-C.; elle acquit bientôt la suprématie sur les villes de Camire , Ja-lyse et Linde qui formaient, dans l’île, une confédération. Aprèss’être défendue contre Athènes et contre les successeurs d’Alexandre,Rhodes devint une vraie cité grecque, littéraire et commerçante.Protogène s’y illustra par la peinture en 556, et Demétrius Polior cète l’assiégeant, ordonna que le faubourg où logeait ce grandhomme fût épargné ; Charès de Linde y commença le célèbre colosseen 500. Son port se remplissait alors de vaisseaux ; et les Romains,attaqués par Philippe Y et par Antiochus ne dédaignèrent pas lesecours de sa flotte. Puis Rhodes eut le sort de tous les alliés deRome , et devint possession delà grande république, sous Vespasien .Elle passa aux empereurs de Constantinople avec l’Asie mineure ;les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem la leur arrachèrent; ilss’y établirent en 4509. Alors, les d’Aubusson , les VilIiers-de-l’IIe-Adam l’illustrèrent par leur courage; enfinSouleïman-le-Grand fit deRhodes une ville turque en 4522. On remarque encore dans ce cé-lèbre chef-lieu la rue des Chevaliers et l’ancienne église de Saint Jean de Jérusalem . Le port se divise en grand et petit port ; celui-ci est a.
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