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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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DE LEMPIRE OTTOMAN .

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mères et de tyranniques ses institutions. Personne ne conteste que,grâce à sa politique et à celle de ses üls, lÉgypte nait pris une facenouvelle et ne soit appelée à un grand rôle.

2 . -ÉGYPTE MODERNE.

B. Aperçu général.

LÉgypte proprement dite nest quune grande vallée de deuxcents lieues de longueur , traversée par le Nil . Les géographes ladivisent en haute à partir du midi, moyenne et basse. La haute estle Saïd, la moyenne lOues-Tanieh, la basse le Delta des Européenset le Bahireh des Arabes. La première commence à la premièrecataracte, la seconde finit au Caire et la troisième, formée par uneplaine triangulaire entre les eaux du Nil , a son sommet au-dessousde la ville que nous citions, au ventre de la vache , le Nil se par-tage en deux branches : lun des angles du Delta est à listhme deSuez, lautre à la tour des Arabes.

On évalue, suivant le docteur Clot-Bey , la superficie de lÉgypte ,proprement dite , à seize cents lieues carrées. Deux cent quarante-cinq sont occupées par la haute, la moyenne en compte deux centcinquante-cinq, la basse onze cents. Cette superficie peut se répartirainsi :

Terrain cultivable.

1100

inculte.

200

Lit du Nil et des canaux.

567

Sables.

68

Iles du fleuve.

11

Cinq oasis, espèces dîles fertiles jetées au milieu de locéan dessables, dépendent de lÉgypte . La première, que lon rencontreà partir du midi, vers le nord est celle deKharghé, lancienne OasisMagna; elle a vingt-cinq lieues de longueur, et sétend parallèlementau Nil à quarante lieues du fleuve. Loasis de Dakhel vient ensuite,laquellecomptedouze lieues delongueursur sixdelargeur, etsétendà vingt lieues de loasis de Kharghé. Les trois autres oasis sont cellesde Farafrech , à soixante-quinze lieues des terres ; celle de Beryet,qui est lancienne Oasis Parva, à trente-cinq lieues de lÉgypte moyenne, et loasis de Siouah , si fameuse dans lantiquité commeconsacrée à Jupiter-Ammon. Cambyse vit échouer contre cettedernière une partie de sa puissance , et Alexandre alla sy faireproclamer fils du roi des dieux. Ces îles du désert sont fertiles : lecafé, le sucre, la garance et surtout lindigo, forment leurs princi-pales productions.

Toute lexistence de lÉgypte dépend , comme nous lavons dit,du fleuve fécondateur qui la traverse ; nous ne reviendrons pas surla description que nous avons donnée de ce célèbre affluent de laMéditerranée . Le climat de lÉgypte , dit le docteur Clot-Bey , se-conde puissamment par sa chaleur laction fécondante des eaux duNil . Létat atmosphérique , la lumière, ont un résultat analogue;aussi voit-on dimmenses champs qui fleurissent deux-mèmes etnont presque rien à réclamer des secours de lart. Le travail desterres se fait avec la plus grande facilité , en très-peu de temps etexige peu de bras. Daprès les travaux intéressants de notre célèbregéographe Jomard, lun des plus ardents promoteurs de la civilisa-tion égyptienne , les innombrables plantations faites par le vice-roiet son fils ne paraissent pas encore avoir influé sur le climat. Cesplantations sont pourtant fort nombreuses ; car, si nous en croyonsle respectable auteur de laperçu général sur lÉgypte , Mébemet-Alia fait planter en très-peu dannées seize millions de pieds darbresdans la basse Égypte . Ibrahim-Pacha a dote, lui aussi, à ses frais, lavallée du Nil dimmenses plantations ; elle doit à ses soins cinq mil-lions mille cinq cent trente-quatre arbres forestiers, de vingt-cinq

espèces différentes ; cinq cent quatre-vingt-six mille deux cent-quinzearbres fruitiers de quarante - une espèces. Cest surtout par lacréation des magnifiques jardins de Choubrah et de Raoudah,ajoute le même auteur, que le vice-roi et son fils ont favorisé lesprogrès de lhorticulture et de lagriculture. Si les progrès conti-nuent, laspect de lÉgypte devra nécessairement se transformer enpeu. Il a déjà beaucoup changé; car déjà lon rencontre, parexemple aux environs du Caire , de véritables forêts artificielles. Ilny avait autrefois comme ombrages que les forêts naturelles dedattiers, répandues en assez grand nombre dans la partie orientalede la basse Égypte .

Nous avons déjà parlé ailleurs du commerce de lÉgypte . Lau-teur de laperçu général donne le tableau suivant de ses productions;nous ne pouvons mieux faire pour mettre le lecteur à même dap-précier la riche agriculture du royaume de Mébemet-Ali, que dele transcrire sans aucun changement. Limportance de chaquerécolte est peu sujette à variation.

PRODUITS TERRITORIAUX DE

légypte en 1855 .

CÉRÉALES ET AUTRES DENRÉES.

Valeurs en hectolitres.

Blè

2,668,000

Fèves.

1,288,000

Orge.

1,196,000

Maïs.

294,400

Dourah

1,380,000

Lentilles.

128,800

Pois chiches.

46,000

Lupins.

56,800

Fenugrec 2 .

110,400

Riz de Rosette.

55,200

Riz de Damiette .

92,000

Graines de lin.

40,480

de laitue.

14,720

de sésame.

55,120

de carthame.

2,170

DENRÉES VENDUES

AU POIDS.

Valeurs en kilogrammes.

Coton arbuste.

4,891,700

- herbacé.

200,115

Sucre .

382,449

Safranum.

26,600

Henneh 3 .

1,555,450

Lin.

800,460

Indigo.

947,100

Opium.

18,450

Soie.

7,995

Outre les diverses productions énoncées dans ce tableau, lÉgypte cultive trois espèces de millet, le haricot appelé loubyah, et unefoule de plantes potagères, comme la mauve, la bamie, le pour-pier, le sébannagh, la poirée, le babmyieh, ou corne des Grecs, lebasal, le kourah , le toum et nos autres légumes dEurope , le con-combre, laubergine et surtout la rafraîchissante pastèque. II ne fautpas oublier le chanvre, la garance, la gaude, le tournesol, lecolza,le ricin, lavoine et le tabac rustique. Les fleurs et les plantes dagré-ment sont en grand nombre. On distingue entre autres le labiale et

1 Cest le sorghum vulgare de Linnée. Cette céréale forme la nourriture des Fellahs;elle est de médiocre qualité.

2 Cest le trigonella fœnum grœcum de Linnée. Les Égyptiens se servent de ce four-rage comme aliment.

3 Plante tinctoriale dont les femmes se servent pour colorer en acajou leurs mainset leurs pieds.