Karte 
Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
Entstehung
Seite
70
JPEG-Download
 

70

ATLAS

7. - ARABIE .

Nous avons indiqué ailleurs ce que lon devait entendre par dé-pendances ottomanes en Arabie , et nommé les principales villes deces dépendances ; il nous reste à dire un mot de chacune.

La Mecque est la Jérusalem de lIslamisme : elle était, avant Ma­ homet , déjà la métropole religieuse de lArabie . Nous renvoyons,pour son histoire, à ce que nous avons dit de lIslamisme. Cette villesélève à douze lieues environ delà mer Rouge , par 47° 55 de lon-gitude est et 21 0 28 de latitude nord. Elle est bien bâtie ; mais ellevoit décroître chaque jour le nombre des pèlerins qui viennent lavisiter, et le chiffre de ses habitants nest plus que de 50,000. Elleest suffisamment forte et commerçante. Sa mosquée principaleest la Maison-Dieu, ou Beith-Allah, dans laquelle se voit la Kaaba ,sanctuaire des sanctuaires.

Nous en avons de même assez dit pour faire connaître lhistoirede Médine : élle s'appelait Jalreb avant de devenir le lieu de repos

du prophète, dont les pèlerins y viennent visiter le tombeau. Cestune ville savante et peuplée denviron \ ,200 familles. La distancedelà Mecque est denviron quatre-vingts lieues N.-O.

El-Ssafra nest quun gros village très-commerçant dans la valléequi porte son nom, et lentrepôt principal du fameux baume de laMecque.

Wouchk offre le meilleur port de la mer Rouge ; cest dailleursune très-petite ville. Akaba sélève non loin de la place quoccupait,sous Salomon , le célèbre port dAsion-Gaber. Ce petit port est fré-quenté par les pèlerins venant des côtes dAfrique et de lÉgypte .Toutes ces villes se trouvent dans lHedjaz , de même que Chaubeket quEl Djy, non loin de lancienne Pétra , petit village sans impor-tance , et Karac , quia joué un certain rôle dans la deuxième croi-sade.

Saana, capitale de limanat de Saana , et Damar, chef-lieu dundistrict, Beith-el-Fakah sont les plus importantes des dépendancesottomanes de lIémen . Derréyeh est à peu près la seule du Nedjed.

TROISIÈME SECTION.

\ . ÉGYI'TE.

A. Histoire.

. 'i v

11 faut distinguer dans lhistoire ancienne troisÉgyptes : lÉgyptedes Pharaons, celle des PersesetdelÉgyptegrecque ; et, dans lhis-toire du moyen-âge et lhistoire moderne, lÉgypte des kalifes et desFatimites, celle des Mameluks, et lÉgypte ottomane. Lhistoire con-temporaine jious montre encore une autre Égypte , celle deMéhémet-Ali. Chacun de ces pays ne ressemble pas à lautre. A la première, lesPyramides et lordre hiératique; à la seconde lanarchie et la révolte;à la troisième Alexandrie et la prospérité; à la quatrième la civilisationarabe; à la cinquième le dépérissement sous un despotisme fanatiqueet militaire ; à la sixième loubli ; à la septième lavenir ! Cet aperçupourrait nous dispenser dentrer dans des détails ; cependant nousdevons rappeler les faits suivants :

La civilisation est arrivée à lÉgypte de lInde par lÉthiopie . Lesprêtres deMeroé ont dabord régné sur le haut et le moyen pays; le Del taest tout entier un produit du Nil . Menés fut le premier roi humainde lÉgypte , cest-à-dire le premier roi qui succéda aux prêtres. IIvécut vers 2450 av. J -.C. Les Pharaons , ses successeurs, formèrentvingt-six dynasties; ces dynasties régnèrent en partie simultanément,en partie successivement, à Thèbes , à This, à Diospolis , à Xoïs et àTanis , à Memphis et à Éléphantine . Les rois appelés pasteurs for-mèrent la dix-septième. Mœris, Uchoris, Osymandias, Ramsès,Aménophis , les grands rois constructeurs appartenaient à la dix-huitième. Sésostris ouvrit la dix-neuvième vers 1643. Anysis et Sa-bacon font partie de la vingt-cinquième ou dynastie éthiopienne . Lavingt-sixième et dernière est la dynastie swite sous laquelle 1 Égypte est visitée par les étrangers. Elle se compose , depuis 656 jusquà525, de six rois, Psammiticlius, Néchao, Psammis, Apriès , Amasis et Psamménit. Cambyse , fils de Cyrus , arrache lÉgypte à ce der-nier, mais jamais elle ne fut bien soumise aux Perses : elle se ré-volta et durant leur occupation eut encore trois dynasties nationales,dont la dernière fut la sébennytique. Les Perses demeurèrent lesmaîtres en 558 et sept ans après Alexandre-le-Grand les déposséda.

A sa mort, Ptolomée Soter eut le génie de choisir pour étendard lanationalité égyptienne. Il fut adopté par les Égyptiens et sa dynastiegouverna lÉgypte depuis 285, époque de sa mort, jusquà celle deCléopâtre , en 51 avant Jésus-Christ . A la fois grecque, asiatique et

AFRIQUE OTTOMANE.

égyptienne durant cette période, lancienne terre des Pharaons euttous les genres de prospérité. Les Romains respectèrent et affermirentcette prospérité, mais ils prirent les plus grandes précautionspour que lÉgypte ne leur échappât point. Elle leur fut pourtantenlevée pour un instant par Zénobie , reine de Palmyre ; Aurélien lareconquit. Cétait lintroduction du christianisme qui devait la li-vrer aux barbares , en y établissant deux camps ennemis : celui deléglise de Rome et celui des Jacobites. LEgypte ayant passé aux em-pereurs dOrient après la mort de Théodose , les Jacobites appelèrentsous le règne dHéraclius , les Arabes en Égypte , et ceux-ci, guidés parAmru, en firent la conquête. Les Kalifes traitèrent avec égard cetteconquête précieuse; maiselle dépérit aux mains des Toulonides, desIskides, pour se relever il est vrai sous les princes fatimites et sous lesprinces ayoubites delà famille de Saladin . Cest en vain que les descen-dants des kalifes de Bagdad se réfugièrent au Caire lon reconnutleur autorité spirituelle, laristocratie militaire des Mameluks op-prima et appauvrit le pays. Nous avons vu Sélim 1 er leur en arracherla domination nominale après plusieurs victoires ; mais les Mame­ luks , sous la surveillance des gouverneurs turcs, continuèrent àtyranniser. Leurs vingt-quatre beys percevaient les impôts; ilscomposaient un divvan qui traitait dégal à égal avec le représentantde la haute majesté ottomane . Lun de ces beys, Aly, en J766, sefit proclamer sultan dÉgypte . Assez promptement terminée, sa ré-volte donna le signal ; et, depuis celte époque jusquà lexpéditionfrançaise de J 798, létat de lÉgypte fut à peu près une indépen-dance complète. Lexpédition française fut pleine de gloire et demalheurs pour ceux qui lentreprirent; la France dut évacuer saconquête. Le diwan chargea alors de la vice-royauté de lÉgypte Mohamed Khosrew, avec mission de détruire les Mameluks. 11nexcita quune insurrection. Méhémet-AIi, chef de troupes alba-naises, au milieu dévénements qui appartiennent à sa biographie ,le fit déposer et remplacer par Kourschid-Pacha, gouverneur d lexandrie . Celui-ci voulut se débarrasser de son puissant protecteur:il obtint que la Porte le nommât pacha de Geddah ; mais Ibrahimrefusa dobéir et dans une nouvelle sédition au Caire fut proclamévice-roi. 11 avait pour lui la population , la troupe et les ulémas. Le9 juillet \ 805, un firman de la Porte le confirma dans cette dignité.II sy est maintenu avec honneur malgré la foule de tentatives quiont été faites pour le renverser. Son règne nappartient pas encoreà lhistoire : les uns lélèvent aux nues, les autres traitent déphé-