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reste de l’Égypte, en 50 avant Jésus-Christ , et demenra florissantequoique moins populeuse. Quand l’empire romain se divisa endeux empires, celui d’Orient et celui d’Occident , elle passa aupremier et fut, avec Constantinople et Antioche , son plus bel orne-ment. Héraclius , qui sut vaincre les Perses et se résigna aux con-quêtes des Arabes, perdit Alexandrie en 641. Les conquérantsavaient à leur tête le farouche Amrou; ils achevèrent alors debrûler la bibliothèque, qui avait déjà été en partie incendiée lors dupassage de César et des émeutes qui en furent la suite. Depuis lors,elle perdit tout son commerce avec l’Europe ; elle dépérit en ces-sant d’être capitale ; la découverte du passage aux Indes lui porta ledernier coup vers la fin du quinzième siècle. Son commerce d’Asie passaen partie, aux Portugais .
Depuis lors, l’histoire d’Alexandrie présente, comme fait culmi-nant, la conquête française de 4 7 98 à 4 802. De nos jours, Méhemet-Ali , sans y reporter officiellement le siège de son pouvoir, l’a pour-tant relevée au rang de capitale; mais la ville arabe n’est plus laville grecque : la première a été bâtie des ruines de la seconde,et peut puiser encore à ces ruines répandues autour d’elle à deuxlieues à la ronde.
Alexandrie est située par 51° 15’ 5” de latitude nord et 27° 55’50” de longitude est, près de l’ancien lac Mareotis, sur un isthmequi joint à la terreferme la presqu’île qui couvre ses deux ports, ( voy.Plan de cette ville); le port neuf, à l’est et le port vieux à l’ouest.Cette ville est aujourd’hui la clef militaire de l’Égypte : sa popula-tion atteint 60,000 âmes. Elle possède les principaux établissementsdu pays ; l’arsenal ; les magnifiques palais du vice-roi, à Ras-el-Tyn ; plusieurs hôpitaux, dont un pour la marine et un autre pourl’armée de terre; trente mosquées; une belle place sur laquelles’élèvent les palais consulaires et quelques monuments de l’anti-quité grecque, comme l’aiguille de Cléopâtre : plusieurs forts,comme le fort Royal, le fort Ada, le fort Crétin , la défendent ducôté de la mer et du côté de la terre.
6. - AUTRES VILLES.
Aboukir s’élève entre Alexandrie , à l’est, et le lac d’Edko , surl’emplacement d’une des anciennes Busiris. Ce n’est qu’un villagecélèbre par une victoire et une défaite des Français pendant l’expé-dition d’Égypte , et fortifié aujourd’hui de manière à résister long-temps à toutes les attaques.
Rosette s’étend sur la rive gauche de la branche ouest du Nil , ditede Rosette, par de-là le lac Mahdieh. Elle compte 15,000 habitantsdisséminés dans une ville de près d’une lieue de longueur. Selon lesArabes , c’est le kalife Aroun-al-Rasehid qui la fonda et lui donnason nom de Piaschid , le seul usité parmi eux.
L’importance de Rosette consiste dans sa situation, dans ses ri-zières et ses jardins : son commerce, un instant florissant, décroîtdepuis la mise en activité du canal Mahmoudié.
Damiette fut l’une des plus célèbres villes du monde; mais laville actuelle n’est pas celle que saint Louis rendit, en 1249 , poursa rançon et qui avait déjà été prise par les croisés en 1218. Cettedernière était située à environ deux lieues de Damyât moderne. Debelles rizières, un commerce assez important avec la Syrie , d’im-portantes manufactures de toiles, la recommandent; on y compte25,000 âmes. Elle est située sur l’ancienne branche Phatnitique,rive orientale, et renferme de beaux magasins à riz, de belles ca-sernes et l’école d’infanterie d’Égypte .
Ramanieh est remarquable par les ruines de Sais, qui se trouventdans ses environs. Fouah fut importante au seizième siècle; ellepossède aujourd’hui une fabrique de tarbouchs et une filature fon-dée par le vice-roi. Mansourah est célèbre dans l’histoire des croi-sades : on y montre la voûte sous laquelle saint Louis signa la red-
dition de Damiette : elle est appelée Basar-el-Gadim. Mehallet-el-Kebir occupe l’emplacement de l’antique Xoïs ; elle compte 4 8,000habitants. Tantah se fait remarquer par ses foires et ses pèlerinages.II faut distinguer encore dans la basse Égypte la petite ville deBelbeys, le village de Menouf et celui d’Abouzabel, où neuf milleFrançais , aux ordres de Kléber, défirent quatre-vingt mille hommescommandés par le grand-vizir.
Dans les autres provinces et dépendances , nous citerons : Mata-riéh , autre champ de bataille illustré par Kléber, et où l’on montreun puits auquel s’abreuva la sainte famille lors de la fuite en Égypte.Beni-Souëf, l’une des plus commerçantes de l’Égypte moyenne,sur le canal de Joseph (6,000 habitants) ; Medinet-al-Fayoum , surun embranchement du même canal et dans l’emplacement de l’an-cienne Crocodilopolis (12,000 habitants); Fiddemin, charmantvillage entouré de vergers; Mynieh, à gauche du Nil , ville assezindustrieuse; Achmouneyn (7,000 habitants), sur la gauche du Nil ;Montfalout (5,000 habitants); Syout, capitale de la haute Égypte ,dans une magnifique campagne, sur l’emplacement de Lycopolis ,remarquable par son industrie, sa propreté, son commerce (20,000habitants); Akhmyn (10,000 habitants), regardée comme étantl’antique Panopolis ; Girgeh, près des ruines de Ptolomaïs d’Égypte(10,000 habitants) ; Keneh, sur la droite du Nil (4 0,000 habitants),en face de Denderah , l’ancienne Tentyris; Kous (ApollinopolisParva); Esneh (Latopolis); Assouan , par 50° 54’ 59” de longitude et24° 8’ 6” de latitude, la dernière ville que l’on rencontre en Égypte du côté de la Nubie : en face s’élève la petite île d’Eléphantine .
Suez (1,500 habitants) et Kosseïr , petits ports, doivent être pla-cés en dehors de ce tableau. La première est l’ancienne Arsinoë .
Le docteur Clot-Bey donne l’aperçu suivant des distances qui sé-parent les villes d’Égypte .
Du Caire à Alexandrie . -il lieues.
-Rosette. 58
- Belbeys. tO
- Suez. 28
- Beni-Souëf. 22
- Minieh. 49
- Syout. 73
- Girgeh. 100
- Keneh. 119
II faudrait aussi, pour être complet, faire remarquer en Égypte une foule d’antiquités et de ruines. Leur description , même très-abrégée, entraînerait trop loin ; nous nous contenterons d’indiquercomme principales, les ruines de Sais, de Bubaste, d’Héliopolis ,les pyramides de Giseh , les restes de Memphis, les grottes de Beni-Hassan , les ruines de Thèbes, les antiquités de Syout, Denderah ,Karnac, Koum-Ombon, de l’île Philæ , les carrières de Syène , etc.
Enfin , il y aurait lieu de parler des dépendances de l’Égypte enNubie , en Kordofan, en Abyssinie; ce serait évidemment sortirde notre cadre ; il suffit que nous les ayons nommées : elles peuventsous peu ne plus appartenir à la main qui les a soumises au tribut.(Voy. Divisions principales).
A. — Tripoli.
Tripoli n’appartient plus, pour ainsi dire, à la Porte depuis
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