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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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ATLAS

4744. A cette époque, Hamet-le-Grand rendit ce béylik héréditairedans sa famille, et cette dignité a encore été dernièrement illustréepar son descendant, Sidy-Joussouf. Les événements de 4855 ontmodifié cét état de choses : est-ce pour longtemps?

Le pays de Tripoli est la Tripolitaine des anciens ; après avoir étépartagé entre les deux grandes républiques de Carthage et de Cyrène,il fut conquis par les Romains , vainqueurs de la première : à ceux-ci les Vandales venus du nord larrachèrent, après avoir désolélEspagne . Bélisaire , pour lempereur Justinien , en fit une nouvelleconquête surGélimer, en 554. La Tripolitaine demeura dès-lors unsiècle environ sous le joug des Grecs ; mais lEgypte , ayant été con-quise par les Arabes , ces derniers savancèrent peu à peu sur l frique et, en 670, le pays actuel de Tripoli leur appartenait. Aprèsavoir obéi aux différentes dominations de lAfrique arabe, Tripoli tomba au pouvoir de Charles-Quint et celui-ci la donna aux cheva-liers de Malte, mais la donation ne seffectua quà demi. Les ami-raux de Souleïman-le-Grand établirent la domination ottomane en4556, sur la conquête des Espagnols .

Aujourdhui ce quon appelle la régence de Tripoli occupe unevaste étendue de pays sur la côte nord dAfrique, entre lEgypte , àlest, et létat de Tunis à louest. Elle renferme non-seulement laTripolitaine , mais une bonne partie de la Cyrénaïque sous le nomde Barkah, et cette grande oasis que lon nomme Fezzan : sa super-ficie est considérable, si lon remarque la longueur de ses côtes, quiseules occupent plus de deux cents lieues détendue. Le pays nemanque ni de richesses naturelles, ni de commerce. La population,de 600,000 habitants , est arabe , maure, turque, juive , nègre etfranque. Le revenu du prince est évalué à deux millions; il aquatre mille hommes sous les armes.

Tripoli , la capitale, est éloigné dAlger denviron mille trois centcinquante kilomètres et compte 25,000 habitants. Son port est fré-quenté par toutes les nations de la Méditerranée. Sa situation estriche et belle ; on trouve dans son intérieur quelques ruines dOéa,lune des trois villes qui valurent à la régence son nom de Tripo­ litaine .

Les autres villes de la côte sont : Lebdah , jadis Leptis Magna ;Mesurata , Benghâsy, petites cités commerçantes; cette dernière,résidence du gouverneur de Barkah.

Le Barkah répond en grande partie à la Cyrénaïque . Les ruinesde Cyrène sy trouvent près deQuennah.

Le Fezzan nest que tributaire du bey de Tunis : il a un sultan àMourzouk. On y trouve les petites villes de Thragan, de Soukna, deGherma, etc.; loasis dAoudjelah relève aussi du bey, et, souslautorité dun ci-devant tambour français , est devenue très-com-merçante.

B. Tunis .

La régence de Tunis est la moins vaste , mais la plus peuplée etla plus civilisée des anciens états de la côte de Barbarie. Elle sétendentre Tripoli à lest, et lAlgérie à louest. Sa population atteint le

chiffre de 2,000,000. Le revenu du prince est fort élevé ; il a septmille hommes sous les armes et imite les mœurs européennes ; il ale monopole de presque tout le commerce, et semble vouloir rompretoutes relations avec le diwan. 11 est moitié héréditaire, moitié électif;larmée le proclame, le sultan linvestit. Le bey actuel, par sonambition, son activité, ses démélés avec les puissances enropéennesde la Méditerranée, est un des grands embarras du gouvernementturc .

La régence de Tunis a été dans lantiquité le pays le plus com-merçant de la terre. Ce pays dépendait de la célèbre république deCarthage, qui avait elle-même son chef-lieu près de Tunis actuel.Carthage fut détruite une première fois par les Romains , en 446 ;rebâtie par les Gracques, détruite de nouveau , puis réédifiée parAuguste ; arrachée aux Romains par les Vandales, elle devint la ca-pitale de ce peuple barbare, et toute la côte vit senfuir la civilisationque les empereurs, après la conquête de Justinien , cherchèrentvainement à y rappeler. Les mêmes dominations qui passèrent surTripoli passèrent sur la régence de Tunis. Elle eut en plus les Al-mohades et les Abbou-Affiens ; ceux-ci régnèrent sur Tunis depuis4206. Cest lun deux, Muley-Hussan, qui, détrôné, appela Charles- Quint dans lAfrique . Charles-Quint le rétablit; mais bientôt, la-miral Sinan fit proclamer dans la régence lautorité du Grand-Seigneur (4574). Depuis cette époque, elle est restée ottomane :seulement les troupes , en 4660, sarrogèrent le droit de nommerleur chef et le gouverneur du pays. Lhérédité tend, de nos jours,à sétablir tout à fait dans le beylich.

La capitale de la régence est Tunis , au fond de la lagune de Bo-ghaz, non loin de lemplacement de lancienne Carthage : cest uneville assez bien fortifiée, passablement commerçante , mais laide etsale, et lon ny peut guère remarquer que le palais mauresque du beyet les casernes. Chacun sait que sur sa plage , saint Louis mourutà la fin de la dernière croisade : un monument récent rappelle cegrand souvenir. Tunis compte environ 4 00,000 habitants.

Les autres villes importantes sont : la Goletta, bon port dans lesenvirons de la capitale; puis, sur la côte à louest, Porto-Farina,près de lembouchure de la Medjerdah, non loin des ruines dela vieille Utique ; et sur la côte , au sud, Almohadia, fondée par lespremiers fatimites; Hamâmet, port et cité de 40,000 âmes; Mo-nastir, 4 2,000 habitants, et Cabès, qui en a, dit-on, 20,000.

La fameuse Kairoan , encore peuplée de 40,000 habitants, setrouve dans lintérieur ainsi que Toùzer, sur le lac Chibakh, aupays des dattes ou Belâd-el-Djéryd.

Nous ferions injure à la France en plaçant, dans une descriptionde lempire ottoman , une description de lAlgérie . Nous navonscité que pour mémoire, en Europe , le royaume grec, la républiquedes îles Ioniennes, les principautés slaves; nous nous tairons demême sur lAlgérie , et nous renverrons, pour ses divisions actuelleset son aspect physique et politique, à la carte qui en a été dresséeavec le plus grand soin, daprès les relevés les plus récents parnotre collaborateur. ( Voy . aussi pag. 77. )