80
ATLAS
Scutari d’Albanie est défendu par les Vénitiens. Mahomet l’at-taque avec des forces considérables, bombarde la ville durant toutun mois. Un premier assaut, donné le 22 juillet, est repoussé.
Un second réussit mieux le 27 ; mais le sultan , voyant venirl’heure de midi et la ville n’étant pas encore emportée, fait dé-charger à la fois onze pièces de canon sur la porte principale. LesTurcs , qui ont déjà pénétré dans Scutari , ne peuvent s’expliquercette canonade et prennent la fuite.
L’assaut devient inutile.
Le sultan lève le siège à la lueur des flambeaux , le 50 juillet, enlaissant un corps de troupes pour faire le blocus. L’année suivante,la paix avec Venise lui rend cette ville, qui a bravé tous ses efforts.
PLANCHE XXXIV.
Souleïman-le-Magnifique ouvre lui-même ce siège le 28 juillet4562. Son artillerie se compose de ccnt bouches à feu, dont douzecanons monstres. Tous les habitants des campagnes se sont réfu-giés dans la ville. Le grand-maître Villiers de l’Ile-Adam a faitabattre les édifices extérieurs. 11 se poste à la porte des vainqueursqui commande la ville du côté du Nord dont les chevaliers deFranceet d’Allemagne défendent tous les autres postes, tandis que ceux deProvence et de d’Italie gardent le sud, ceux de Portugal , la portemaritime, et ceux d’Angleterre la bastion de l’est. Souleiman sur-veille le siège du haut delà colline deSaint-Cosme.
Ayaz-Pacha, beglerbeg d’Anatolie , menace les bastions de France et'd’ Allemagne ; Achmet-Pacha, les bastions de Provence et d’Es pagne ; le Seraskier et le second vizir, les bastions d’Angleterre ;Kasimbeg, beglerbeg d’Anatolie , les bastions d’Auvergne , le grand-vizir Peri-Pacha, les bastions d’Italie . Un mois se passe en canona-des, mines et contremines. L’ingénieur Martinengo déconcerte lesprojets des Ottomans . On surprend un docteur juif qui a des rela-tions avec l’ennemi.
Trois assauts partiels sont donnés le 4, le 40 et le 45 septembre.Le 25 du même mois, assaut général. Les efforts des Turcs se por-tent sur le bastion espagnol . Ce bastion est pris et repris. L’assautéchoue. Souleiman destitue ses officiers, puis les réhabilite. Le42 octobre, il donne un nouvel assaut qui se porte sur le bastionanglais , lequel est pris est repris. Le 25 novembre, cinquièmeattaque encore inutile. Le 50 novembre , sixième attaque par unepluie battante. Trois mille Turcs y sont tués. Le Seraskier qui dirigele siège, renonce aux assauts , il a perdu 400,000 hommes. Le sys-tème des tranchées et des mines a plus de succès. On parlemente;puis les Turcs, le 4 0 décembre, attaquent avec une telle furie queles chevaliers sont refoulés dans la ville. Privés de vivres et demunitions, ils capitulent; et le jour de Noël, les janissaires entrentà Rhodes .
PLANCHE XXXV.
Vienne , ancienne capitale de l’archiduché d’Autriche , et main-
tenant capitale de l’empire du même nom, s’élève sur la rive droitedu Danube , au confluent de la Vienne et de l’Alster , dans uneplaine remarquable pour ses beaux aspects et sa fertilité. Il faut ydistinguer la cité qui est très-petite et qui fut jadis une place forte,et les faubourgs, beaucoup plus considérables. Ces faubourgs, aunombre de trente-quatre, sont séparés de la cité par un espace dequatre cents toises de largeur.
Vienne aujourd’hui remplie de magnifiques édifices et peuplée de550,000 habitants, siège d’une puissance de premier ordre, étaitquand Souleiman vint l’assiéger, beaucoup moins peuplée et beau-coup plus modeste. En comptant les troupes impériales et ses gar-des bourgeoises, elle avait pour tous défenseurs 46,000 hommes.L’armée assiégeante était de 420,000 hommes et 20,000 chameaux.Une flotille de 800 nazades bloquait le Danube . Souleiman arrivasous les murs de Vienne le 27 septembre, et campa au village deSimmering .
Le rempart de Vienne n’avait que six pieds au.plus d’épaisseur.Il était entièrement dégarni de bastions. Les faubourgs avaient étérasés ou brûlés. Un rempart en terre avait été élevé à vingt pas dupremier dans l’intérieur de la ville.
Les Turcs se partagèrent en sept campements, auxquels les assié-gés répondirent par autant de postes. Dès que les mines eurent joué,les assauts commencèrent, le 6 octobre. Les assiégés avaient eujusque là l’offensive. Ils ne discontinuèrent pas leurs sorties. Lestrois assauts successifs du 40, du 44 etdu 42 octobre avaient été re-poussés; Souleiman profitant d’une brèche de quarante-cinq toisesd’étendue à droite et à gauche de la porte de Carinthie , ordonnaune attaque générale. L’armée ottomane s’avança, divisée en troiscolonnes. Elle fut repoussée, et Souleiman ordonna la retraite.
La seconde tentative sur Vienne par les Ottomans , eut lieu en4685. Vienne fut délivrée par l’arrivée des Polonais et de JeanSobieski.
PLANCHE XXXYI.
SIEGE DE SZIGETH.
Le premier siège de Szigeth commença le 24 mars 4556. Il futconduit par l’eunuque Ali-Pacha .
Le second et le plus mémorable commença le 5 août 4566. LesTurcs étaient commandés par Souleiman, alors sexagénaire. Zrinydéfendait Szigeth. 11 fait brûler la vieille ville. Les Turcs s’y logentdans les décombres. Us emportent tous les ouvrages extérieurs.Souleiman meurt dans la nuit du 5 au 6 septembre.
Deuxjours après, jugeant toute résistance inutile contre le grand-vizir qui continue le siège, Zriny se fait tuer dans une sortie. Maison exécute ses ordres ; et la citadelle, qu’il a défendue, saute avecun horrible fracas.
Voy. Histoire.
PLANS DES VILLES.
Voy. Description Géographique.
FIN DU COMMENTAIRE.