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PREFACE.
mesquine que celle de Messieurs le Mercier , Mansard &le Muet qui les ont suivis ; & ainsi des autres.
Cette étude des differentes maniérés des Architectesest non-seulement nécessaire pour fortifier le goût, ellesert encore a faire connoître f usage propre de toutes lesparties de la décoration, tant pour les dehors que pourles dedans des Edifices. Car ce qui produit un bel essetdans une certaine place, ne réussit pa§ de même dans unautre endroit. Cela est si vrai, que quoique les mesuresdes Ordres soient invariables, il y a cependant des oc-casions où l’on ne peut fe dispenser d y donner quelqueatteinte. Si par exemple un Ordre est élevé sur un au-tre Ordre , il doit être autrement proportionné pourfaire son effet, que silétoit placé an rez-de-chaussée ; ilen est de même de la grosseur dç la Colonne par rap-port au plus ou moins de distance d ou elle doit être
vue ; ce font autant de circonstances qui opèrent quel-ques legers cKangemens <l^ ns l es proportions ; patCC
qu il faut qpe les objets paroissent dans leur perfection enquelque endroit qu’ils soient situés. L’experience &c l'é-mde sonwalors dun grand secours, & il s enfuitqu'on nefçauroit apporter assez de précaution dans les Ouvrages,fur-tout lorsqu’ils font de quelque considération. Onne doit jamais négliger d’en faire des desseins détaillés ,& des modelés du moins en petit, pour juger de l’effetdu tout ensemble , Sc de l’assemblage des parties, C’estune vanité mal placée de se picquer de faire les chosesdu premier coup , &c fans se donner le temps d’y réflé-chir. Quand le stâtiment est achevé , on ne demandepoint raison à f Architecte de sa conduite ; on con-sidéré son Ouvrage avec des yeux de critique , & sansavoirégard à ses deffenfes, on le loue pu on le hia-
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