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PREFACE .
lui dévoile les secrets de leurs disserentes Professions ;
& l’on comprend combien il est,nécessaire qu’un Ar-chitecte fçache juger non seulement de la Sculpture ,de la Charpenterie, de la Menuiserie, & de la Serru-rerie , mais qu’il soit aussi instruit des prix de toutes ceschoses , pour les proportionner à la dépense qu’on arésolu de faire. Les Ouvriers ont une entiere défé-rence pour les sentimens de l’Architecte qui les con-duit , quand ils font une fois persuadez qu’il joint laPratique à la Théorie : enfin c’est avec le secours de laPratique quon bâtit, &c qu’on arrive sûrement à la finqu’on s'est proposée.
Indépendamment de toutes ces connoissances qui font Iessentielles à un Architecte, ainsi que je viens de le fairevoir, il est encore nécessaire , s’il veut exceller dans sonArt, qu’il ait une teinture des Mathématiques, & qu’il
ait principalement étudié la Géométrie, l’Arithmetìque,les Mechaniques ôc la Perspective ; il ne seroít pas mêmeindiffèrent qu’il sçût dessiner la Figure, parce qu’il en en-tre souvent dans les compositions d’Architecture, Lc qu’iln’est rien de si messéant que de voir un Architecte être obli-gé d’emprunter une main étrangère pour les tracer dansses Desseins.Mais les difficultez qu’il faut surmonter pouracquérir tous ces talens , rebutent la plupart de ceux quicommencent â Rappliquer à l’Architecture , & leur faitle plus souvent abandonner laThéorie pour se jette r dansla feule Pratique , qui ne demande qu’une partie de cesconnoissances , ôc qui ne fait aussi que de simples con-structeurs de Bâtimens.
Jusques à présent j’ai exposé mes sentimens fur ce quiconcerne l’institution de l’Architecte; je vais mainte-nant tracer une idée succincte du progrès de l’A teintée-
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