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PREFACE,
XX)
ture. Tout le monde sçait quelle a été l’origine de cet Art,& comme il s’est accru à mesure que les hommes devenusplus polis, cherelièrent à se procurer leurs commodirez.Personne n’ignore que les Grecs furent les inventeurs del’Architecture ; qu elle a été perfectionnée par les Ro-mains , & quêtant devenue ensuite l’objet de la magni-ficence de ces grands hommes, elle a été sujette aux mê-mes variations que leur fortune. Sans m arrêter ici à enfaire un long détail, je rapporterai seulement de quellemaniéré elle a été tirée il y a environ deux íîecles de l’ou-bli où elle étoit, ôt comment elle a été rétablie dans sonancienne splendeur.
Les Nations barbares sorties du fond du Nord s’étantrépandues comme un torrent dans les Provinces de l’Em-pire Romain , &: y ayant porté le fer ôc le feu, on vit pé-rir ce riche &c vaste Empire, avec lui les Arts , qui jus-ques à ce moment fatal y avoient été si fort en honneur.Pendant une longue fuite d’années ils resterent commeensevelis fous leur ruine. De meilleurs siécles ayant faitdisparoître l’ignorance, l’Italie vit naître pour 4e bon-heur des peuples, des Princes qui joignant à beaucoupde grandeur d’ame un goût décidé pour les Sciences &les beaux Arts, mirent toute leur gloire à protéger le mé-rite par tout où ils le rencontrèrent. Un grand nombrede genies heureux , que la Nature sembloit avoir ré-servé pour illustrer ce beau siecle, secondèrent un zélési bien placé, & annoncèrent à toute l’Europe le re-nouvellement du bon goût. L’on vit paroître pour lorsune infinité d’Artistes, qui autant jaloux de leur répu-tation que de l’avantage de plaire a leurs illustres bien-faicteurs, fe distinguèrent par des ouvrages exceilens,chacun dans leurs talens. Leur génie capable des plus
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