p K E F A C E.
XXII)
du seizième siecle que le goût Antique ayant prévalu,à la faveur de quelques esprits plus pénetrans, on com-mença à ne plus faire le même cas de Vitruve. On nepouvoit lui refuser d’avoir écrit sensément de l’Archi-tecture , 8c d'être entré dans des détails curieux pource qui regarde la construction j mais pour la partie dela décoration 8c les Ordres en particulier, on ne vou-lut plus les chercher ailleurs que dans les vestiges desanciens Bâtimens. On les y alla destiner avec beaucoupd’exactitude ; on en mesura avec précision toutes lesparties ; plus on fit de recherches, plus on découvritde beautez : l’élegance des proportions de l’Architec-ture antique parut dans tout son jour , 8c en les sui-vant on parvint à donner aux Edifices 8c surtout auxOrdres , une forme austì agréable que régulière. Avecbeaucoup de travail l’Architecture fe perfectionna ainsipeu à peu , 8c arriva au point de perfection où nous la
voyons montée ; 8c comme l'Italie l’avoit reçue la pre-mière de la Grece, ce fut austì chez elle quelle reprit ionancienne splendeur ; mais pastant peu après les Monts,elle fut reçue en France avec plus d’accueil qu’en aucunautre Pays : nos Rois l’honorerent de leur protection , 8csaisissant cette occasion de donner des preuves de leurmagnificence , ils firent élever des Bâtimens qui le dis-putent déja avec ceux des Anciens.
Il faut souhaiter que la bonne maniéré qui nous aété transmise avec tant de soin par les premiers Maîtresde P Art, se maintienne longtems parmi nous dans fapureté. Ce seroit le plus grand de tous les maux, si quel-ques-uns de ces esprits qui ne peuvent souffrir la con-trainte , oioient entreprendre a anéantir les réglés de labonne Architecture, pour nous faire adopter leurs capri-