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P K E F A C E.
ces. La France aujourd’hui íì éclairée ne doit rien crain-dre de semblable, tant qu’on continuera d’y regarderavec respect: les Ouvrages & les Ecrits des plus excellensArchitectes. C’est encore une des raisons particulièresqui m’ont engagé à présenter de nouveau le Livre deVignole. Nous aurons cet avantage fur les Italiens, quenotre Architecture traitée avec toute la simplicité majes-tueuse qui lui convient, imitera les ouvrages si respecta-bles des Anciens, tandis que la leur par la bizarrerie deses ornemens s’en éloigne tellement tous les jours, quel-le en devient méconnoiíìable.
L’on ne volt dans la plupart des Bâtimens quon a éle-vez dans Rome depuis près d’un siecle , que Cartouches,Frontons brisez, Colonnes nichées, & autres nouveau-tez extravagantes , que le Cavalier Boromini & ses secta-teurs ont mis en usage, au mépris de ces monuraens íîsages & íî magnifiques de l’antiquité qu’ils avoient de-vant les yeux , & cjue le teins semble n’avoir respecté quepour mieux faire appercevoir les défauts de ces produc-tions bizares j & ce qu’il y a de plus remarquable , c’estque la Peinture & la Sculpture, telles que les pratiquentaujourd’hui les Italiens, íì l’on en excepte quelques-uns,ne s’éioignent pas moins que leur Architecture des réglésh précieuses de la belle simplicité : austì a-t’on toûjoursobservé que ces trois Arts ont eu le même fort dans lesdifferens âges, parce qu’ils partent d’un même principe,qui est le Deílein.
Que ces Architectes lice mieux disent qu’il y a de lafoibleíse â se laisser contraindre par les réglés ordinai-res , lorsqu’on est en droit d’en faire de nouvelles, qu’ilsdonnent leurs caprices pour des pensées neuves <k bril-lantes , & qu’ils se parent dune grande fécondité de gé-
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