VIE DE MICHE L-ANGE.
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fut mis chez un Maître, qu’il surpassa en fort peu de temps, de fortequ’à quinze ans, il modelloit déja, & travailloit en marbre si excel-lemment, qu’il y avoit, dans ses ouvrages , de quoi exciter Fadmira-tion des meilleurs Connoisseurs. L’accès qu’il eut dans la Maison deMedicis, où l’on confervoit une infinité de belles choses, maissurtout Famitiéqu’avoit pour lui le célébré Laurent de Medicis,qui ne le consideroit pas moins que s’il eût été un de ses pro-pres enfans, l’encouragea de telle forte, que redoublant le tra-vail, il acquit en peu de temps des connoissances fort au-dessusde son âge.
Ayant fait un Crucifix de bois pôur l’Eglise du Saint-Esprit à'Florence, Sc le Prieur de ce Monastère lui ayant donné un lo-gement , il se mit à dessiner d’après nature ; & par F étude descorps, dont on lui permit la dissection , il fe rendit si profonddans F Anatomie, que dessinant toutes ses figures avec la plusgrande précision, & plaçant les muscles dans leur véritable situa-tion , il devint le plus hardi Dessinateur qui ait jamais été. Dans,les premiers désordres qui arrivèrent à Florence, au sujet de lafamille des Medicis qui en fut chassée , il fe retira à Boulogneoù il fit quelques figures de marbre au tombeau de saint Domi-nique. Mais l’envie, qui lui suscita des Compétiteurs, lui ayantfait quitter cette Ville , il retourna à Florence, où il continuaà faire d’admirables ouvrages de Sculpture. Michel-Ange n’avoitpas encore été à Rome , lorsque le Cardinal de S. George l’en-gagead’y faire un voyage. Ce Cardinal venoit d’acheter pour an-tique une figure d'un Amour endormi, qu o n avoit reconnu? êtrede cet habile Sculpteur, ce qui lui avoit acquis une grande répu-tation dans Rome. Mais Michel-Ange arrivé dans cette Ville ,fut frappé de la beauté des plus parfaits Antiques qui font con-servez dans les Jardins de Belvedere; il ne sçut point se flater;il sentit combien il étoit encore éloigné de la perfection de sonArt, & s’étant mis à étudier tout de nouveau, il s’essorça de join-dre à la connoissance de la nature, la belle maniéré de F Antique.Ce fut pour lors qu’il fit pour un Gentilhomme Romain cette bel-le Statue de Bacchus qui est présentement dans la Galerie dugrand Duc, & qui s’y soutient au milieu de tout ce que l’An-tique a produit de plus accompli. La Notre-Dame de Pitié, qu’ilfit en marbre, à peu près dans le même temps, pour le Cardi-nal de Roiien, Sc qui est à présent dans- la Chapelle des Chanoi-