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DES NOWEÁVX LAMBRIS.
satisfaisant pour les yeux, on y introduit des Quadres, des Ta-bleaux , & des Pilastres disposez avec íimetrie de distance en dis-tance , & qui répondent aux parties qui leur font opposées. Lesornemens, qu’on y distribue à propos, concourent encore à enaugmenter la richesse. On affecte de donner beaucoup de lege-reté & de variété à tout ce qui compose les Lambris. Les orne-mens doivent être fort délicats, & laisser beaucoup de vuide entreeux. On en voit qui le disputent pour la beauté du travail avecles ouvrages de Ciselure les plus recherchez; l’on peut citer entr’au-tres les ornemens de la Galerie de l’Hôtel de Toulouse à Paris,quoique la dorure leur ait fait considérablement perdre de leurperfection. Les formes des Quadres se varient à l’infini, & il n estpas nécessaire de leur donner beaucoup de relief ; l’on en peut direautant des parties de Lambris qui forment des avant-corps ; leursaillie doit être peu considérable , car rien n’est si désagréable quede voir des ressauts trop marquez dans une même continuité deLambris. Plus les panneaux sont grands, plus ils font un bel effet.C’étoit autrefois l’ufage de les séparer par des Frises, Lc on ne sa-voir gueres leur donner d’autre forme que celle quarrée. Lesconnoissances des Ouvriers n alloient pas plus loin, mais aujour-d’hui que la Menuiserie s’est extrêmement perfectionnée, & qu’iln’y a plus de forme, quelqu’irréguliere quelle soit , tant fur lePlan que fur l’Elevation, qui ne s’exécute facilement; on s’étu-die tous les jours à en imaginer de nouvelles, & nos Architectesont assurément de quoi s’applaudir de leurs heureuses découver-tes. Mais ce qui releve particulièrement la beauté & la magnifi-cence des nouveaux Lambris, ce sont les grandes Glaces qu’on yincorpore, & qu’on place fur les Cheminées, en face de ces mê-mes Cheminées, dans les trumeaux des Fenêtres, & jusques dansles angles de la Chambre, que l’on forme pour cela en pan cou-pé. Tant de Glaces dans un même lieu ne peuvent manquer d’yproduire un coup d’œil charmant.
Plus les Portes des Chambres sont hautes, plus elles font un beleffet ; elles ont quelquefois jusqu’à douze pieds de hauteur. Le plussouvent on les ferme quarrément, mais lorsqu’elles sont bombéesdans leur fermeture, & qu’on veut que les ventaux des Portes se ran-gent dans l’embrasure, il est néceflàire de remplir le ceintre avec unpanneau, ainsi qu’on le voit exprimé dans les planches 98. & 99. A.Sou vent l’on répete les placards des Portes aux extrêmitez des enfila