RÉGLEMENS FORESTIERS. — Anxée 1818.
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peu d’habileté ou d’expérience des tireurs, quelque-fois aussi des considérations particulières , sont lescauses de ce défaut de succès. 11 ne seroit pas inu-tile de chercher les moyens de remédier à ces in-convéniens , et de rendre aussi les battues généralesplus profitables pour l’intérêt commun. Je vous vinvite , ainsi qu’à vous concerter, pour bien montercette espèce de service public , avec ÎN 1 M. les offi-ciers des forêts , de la louveterie et de la gendar-merie.
D’après les ordonnances de 1600 et 1601 et cellede i66q, qui n’ont pas été abrogées, il étoit pres-crit de faire des battues au loup tous les trois mois,et plus souvent encore, suivant le besoin.
Ainsi , monsieur le préfet, vous êtes légalementautorisé à ordonner des chasses générales ou battues,toutes les fois que cela vous paroîtra nécessaire, etles habitans des communes que vous désignerez , etdont vous aurez soin de prévenir les maires à l’a-vance, sont tenus d’y assister. Votre prudence voussuggérera les ménagemens à apporter dans l’exécu-tion de ces mesures; d’une part, pour que les battuesne soient pas tumultueuses par le trop grand nombred’hommes qui y seroient appelés; et, de l’autre, afinde ne pas fatiguer vos administrés par des appelstrop fréquens, qui leur feroient perdre inutilementun temps précieux pour l’agriculture.
Je suis porté à penser que, sauf les cas extraordi-naires , les battues générales pourroient se faire ha-bituellement à deux époques de l’année; savoir, aumois de mars, avant que la terre soit couverte , etvers le mois de décembre, aux premières neiges.
Pour les rendre plus utiles, il paroîtroit à proposqu’elles se fissent en même temps sur une grandeétendue de territoire, afin que les animaux quiéchapperoient à une battue retombassent dans uneautre. Vous apprécierez jusqu’à quel point cette dis-position seroit applicable au département que vousadministrez.
Pièges , traquenards , batteries , fosses , etc.
On est assez généralement dans l’usage de tendredes pièges pour les loups : cet usage peut être con-tinué avec quelque espoir de succès, s’il est dirigépar des hommes expérimentés; mais il exige qu’ilsoit pris en même temps des précautions pour queles pièges et les fosses qui seroient disposés ne de-viennent pas préjudiciables aux hommes ou aux ani-maux domestiques.
Je pense que , dans les endroits ouverts, il nedoit être placé de pièges à loup qu’après en avoirprévenu le maire de la commune, et avoir obtenu#a permission. Celui-ci, lorsqu’il le jugeroit utilepour la sûreté des habitans, feroit annoncer publi-quement les lieux où devroient être tendus les piè-ges , afin que l’on put les éviter.
Dans aucun cas , ils ne doivent être placés dansles chemins ou sentiers pratiqués.
Ces observations s’appliquent également, et à plusforte raison , aux chausses ou trappes, et sur-toutaux batteries.
Les divers ouvrages qui ont traité de la destruc-tion des loups, et dont on donnera plus bas la no-
tice, contiennent la description des embûihes qu’onpeut employer pour cet objet. Par exemple, il estfait mention dans le Cours d’agriculture deM. l’abbéRozier , d’un piège à loup qui n’auroit pas les in-convéniens dont on vient de parler, et qui est usitédans certaines parties de la France. Voici comment ilest décrit par l’auteur , d’après d’autres écrivainsqui l’ont précédé.
« On forme, avec des pieux de 5 à 6 pieds dey> long , qu’on plante solidement en terre à la dis—» tance d’un demi-pied l’un de l’autre, une enceinte» circulaire d’environ une toise de diamètre, et au» milieu de laquelle on attache une brebis vivante,» ayant une ou plusieurs sonnettes au cou. On33 plante ensuite d’autres pieux également espacés33 de 6 pouces entre eux, pour former extérieure-33 ment une seconde enceinte éloignée de la pre-33 mière d’environ 2 pieds. On laisse à cette seconde33 enceinte une ouverture, avec une porte ouverte33 du côté gauche, qui permette au loup d’entrer33 seulement à droite. Due fois que l’animal est eu-33 tré entre les deux enceintes, il va toujours en33 avant, comptant pouvoir saisir sa proie; et quand33 il est parvenu à l’endroit par lequel il étoit en-33 tré, ne pouvant se retourner, les mouvemens33 qu’il fait pour aller en avant font fermer la33 porte. 33
11 est aussi parlé de ce piège dans le nouveauCours d’agriculture , en i 3 vol., imprimé chez Dé-terville en 1809.
Empoisonnement.
Après avoir fait mention des différentes méthodesusitées plus ou moins généralement pour la destruc-tion des loups, et dont la bonne direction peut éneffet remplir en partie l’objet demandé, il me resteà vous parler d’un dernier moyen qui a été jugéunanimement être préférable à tous les autres, ence qu’il offre plusieurs avantages.
i°. Parce qu’on peut s’en servir dans toutes lessaisons de l’année ;
2 0 . Parce qu’il n’occasionne aucun déplacementde personnes, et ne dérange en rien les travaux dela campagne;
3 °. Parce qu’il est peu dispendieux ;
4 °. Parce qu’il peut, en conséquence, être em-ployé simultanément dans tout le royaume, et êtrecontinué pendant le temps nécessaire, sans causerd’embarras.
Je veux parler de l’empoisonnement.
11 n’est pas aussi facile qu’on pourroit le croired’empoisonner un loup. Quoique très-vorace, il estaussi très-méfiant; il évente la moindre trace del’homme, et il faut user de beaucoup de précau-tions dans la préparation de l’appât qu’on veut luifaire prendre ; d’ailleurs , tous les poisons ne sontpas également dangereux pour lui. Quelques-uns ,par leur activité même , ne produisent sur luid’autre effet que de le faire vomir, et l’animalune fois manqué, est plus difficile à amorcer denouveau. Par exemple, l’émétique et l’arsenic nelui occasionnent que le vomissement. Le verre pilén’est pas d’un effet certain , même pour le chien.
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