RÉGLEME^S FORESTIERS. — Année 1818.
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Il pauolt prouvé (pie la noix vomique est la sub-stance qui opère le plus sûrement la destruction duloup. Son emploi avoit été indiqué par différonsauteurs, qui ont parlé aussi de plusieurs autres ap-pâts. 11 a été en dernier lieu recommandé, d’aprèsces mêmes auteurs, par M. l’abbé llozier, dans sonCours d’agriculture ( article loup ). Ce savant as-sure en avoir fait lui-même, et fait faire plusieurs foisl’expérience avec le plus grand succès. \ oici ce qu’ilen dit :
« Prenez un ou plusieurs chiens ou plusieurs» vieilles brebis ou chèvres , que vous faites étran-gler. Ayez de la noix vomique râpée fraîchement» ( on trouve cette préparation chez tous les apo-» thicaires ) ; faites une quinzaine ou une ving-» taine de trous avec un couteau dans la chair ,
JJ suivant la grosseur de l’animal, comme au râble,
33 aux cuisses, aux épaule's, etc. Dans chaque trou,
33 qui doit être profond, vous mettez un quart33 d’once ou une demi-once de noix vomique , le33 plus avant qu’il sera possible. Vous boucherez33 ensuite l’ouverture avec quelque graisse , et en-33 core mieux vous rapprocherez , par une couture,33 les deux bords de la plaie , afin que la noix vo-33 mique ne puisse pas s’échapper. Liez ensuite l’a-33 nimal par les quatre pattes avec un osier, et33 non avec des cordes , (pii conservent trop long-33 temps l’odeur de l’homme. Enterrez l’animal33 ainsi’préparé dans un fumier qui travaille. Il» doit y rester, en hiver, pendant trois jours et33 trois nuits , suivant le degré de chaleur du fu-33 mier, et vingt-quatre heures pendant l’été. At-33 tachez une corde à l’osier qui lie les quatre pattes,33 et traînez l’animal , par de très-longs circuits,33 jusqu’à l’endroit le plus fréquenté par les loups :33 alors , suspendez-le à une branche d’arbre, et33 assez haut pour que loup soit obligé d’attaquer le33 chien par le râble.
33 Le loup est un animal vorace ; il mâche peu le3> morceau qu’il arrache : il avale de suite , et le33 poison ne tarde pas à faire son effet. On est sûr33 de le trouver mort le lendemain ; sousent il n’a33 pas le temps de regagner son repaire.
33 Si on conseille de se servir d’un chien, ce n’est33 pas que cet animal attire les loups plus que les33 autres animaux; mais, comme le chien ne mange3 > pas de la chair de chien, on ne craint pas que33 ceux du voisinage viennent dévorer l’appât ,33 comme iLs feroient si on avoit placé une brebis ou33 une chèvre.
33 On peut mettre ce procédé en pratique dans33 toutes les saisons et tous les jours de l’année, dès33 qu’on est incommodé par le voisinage des loups ;33 cependant la meilleure saison pour l’employer ,33 est l’hiver, lorsqu’il gèle bien.
33 L’argent que le gouvernement accorde pour33 chaque tète de loup pourroit être employé à l’a-3» chat de la noix vomique. Chaque commune seroit33 tenue de fournir les chiens ou les vieilles brebis ,33 e:t les maires seroient chargés de faire exécuter33 L’opéiation et de la répéter plusieurs fois dans un33 nnèrne hiver. Je ne crains pas d’avancer ([ue si3J t’opicration étoit générale dans tout le royaume ,33 (®t smi\ie avec soin et zèle pendant plusieurs an-
>3 nées consécutives, on ne vint à bout d’anéantir>3 tous les loups. »
Tel est le procédé dont la commission a cru de-voir recommander l’usage, et que je désire voir pra-tiquer dans toute l’étendue du royaume. A cet effet,vous prescrirez aux maires des communes dont leterritoire est fréquenté par des loups, de faire pré-parer , par les gardes-chasses ou les gardes cham-pêtres chargés de les placer, des appâts tels qu’ilsviennent d’être décrits. Les frais peu considérablesqu’ils feront pour cela, seront remboursés sur letonds des dépenses imprévues, d’après les mémoiresqu’ils en fourniront et que vous réglerez.
Le procédé devra être continué aussi long-tempsque vous saurez qu’il existera des loups dans votredépartement, et principalement dans les temps dsneige et de glace (i)-
A ôus recommanderez à MM. les maires de s’in-former et de vous rendre compte des faits concernantle plus ou moins d’efficacité de l’empoisonnement.
Il est facile de reconnoitre si les loups ont appro-ché des amorces et s’ils y ont touché : d’après celaon peut juger s’il faut déplacer ces amorces ou lesrenouveler, ou même varier, soit les amorces,soit les poisons. Car , quoique la préférence àdonner à la noix vomique soit motivée sur desautorités recommandables, cependant les expé-riences à cet égard n’ont pas peut-être été encoreassez multipliées, et il est possible que l’on ait, dansle pays , connoissance d’autres poisons égalementpropres à la destruction des loups, et qui pourroientdonner lieu à des essais. Dans ce cas, vous deman-derez â être informé exactement de ces autres mé-thode^ employées et de leurs résultats, et vous vou-drez bien me transmettre ces renseiguemens.
Vous recommaderez aussi à MM. les maires deprendre toutes les précautions que la prudence com-mande pour empêcher que l’emploi des appâts em-poisonnés ne devienne fatal, soit aux chiens , soitaux bestiaux : si, par exemple, les appâts étoientpréparés avec de vieilles brebis ou des chèvres, oud’autres animaux que des chiens, il seroit nécessaireque les habitans des communes fussent prévenus ,par publication et par affiche , des lieux où les ap-pâts seroient placés , afin qu’ils prissent des me-sures pour en préserver leurs chiens.
La présentation du contrôle des animaux détruitspar l’empoisonnement donnera lieu à des primes auprofit de la commune , réglées conformément au ta-rif adopté par le gouvernement, et dont il sera loi-sible à MM. les maires d’attribuer un quart oumoitié, suivant les circonstances, à la personne quiamènera un animal mort ; le reste sera appliqué àl’achat des matières propres â l’empoisonnement, etporté en déduction dans les mémoires de fourni-tures qui vous seront adressés par les maires.
llésumé.
En me résumant sur le contenu de la présente
[i) Li s gardes ne doivent pas ignorer que les vieux loupssont beaucoup plus mélians que les jeunes; qu’on ne peutguère espérer de les voir donner de prime abord sur unappât, et qu’il faut attendre, peur placer cet appât, que leloup ait donné au carnage.