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Tome second.
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ECO

ÉCO

d'herbes ou de feuilles, et la petite ouverture qui luisert de porte est presque bouchée, afin de ne pointétablir de courant de flamme, mais un feu étouffé,qui gagnera lentement de proche an proche, et con-sumera les racines jusquà lextérieur de la tranche.On doit, plusieurs fois dans la journée, visiter lesfourneaux, afin de boucher exactement les gerçureson crevasses qui sy formeront sûrement si le feu atrop dactivité; la fumée pénétrera la terre commelëau pénètre une éponge, et se dissipera peu-à-peudans le vague de lair. Jai vu des agriculteurs mouil-ler extérieurement ces fourneaux avant dy mettrele feu-, et pétrir la terre tout autour. Cette opéra-tion est fort bonne lorsque leau est dans le voisi-nage : on lute pour ainsi dire les tranches les unescontre les autres; car cest toujours dans leur pointde réunion que la llamme souvre un passage lors-quon ne prend pas cette précaution, ou du moinslorsque la terre nest pas assez serrée dans ces endroits.

» Ceux qui veulent promptement faire sécher lestranches de terre les réunissent les unes contre lesautres par leur sommet, et ainsi disposées elles for-ment un triangle dont le sol est la base. De cettemanière, elles sont de tous eûtes environnées duncourant dair, qui, aidé par la chaleur du soleil,accélère lévaporation de lhumidité. Si on est moinspressé, cette opération coûteuse est inutile ; le soleilseul suffit, excepté dans les provinces naturellementfroides, ou sous un ciel pluvieux.

» Plusieurs jours après , lorsque les fourneaux nefument plus, et sur-tout lorsquen tirant au dehorsla tranche qui formait la porte , on ne sent plusau dedans aucune chaleur, cest le moment de briserlédifice, de lérnietter, et de répandre uniformé-ment les débris sur le sol.

» Les avantages de lécobuage se réduisent, i°. àdétruire les mauvaises herbes et leurs semences;2 °. à fournir un engrais. Examinons actuellementles vrais résultats de cette opération , et quelle es-pèce de terrain lexige.

» Lorsquon écobue , même à feu lent et couvé,on sent au loin une odeur désagréable de corne brû-lée, et si lon se trouve dans latmosphère de la fu-mée , les yeux cuisent et larmoient : cest leffet delacrimonie de cette fumée. Il séchappe donc avecelle des principes autres que ceux de leau réduiteen vapeur. Sils séchappent, cest donc une sous-traction réelLe des principes dont le sol aurait étébonifié; mais quels sont ces principes? Les volatilsles plus actifs et les plus spiritueux, si je puis mex-primer ainsi, cest la partie huileuse et animale au-paravant combinée avec les sels, et il ne reste plusque ceux-ci. Actuellement je demande si les selseuls constituent la végétation. Voilà donc de grandsfrais, de grandes dépenses faites uniquement pour seprocurer un peu de cendres chargées de sel. Je necrains pas davancer, i°. que lécobuage détruit lesparties animales contenues dans la terre, et les par-ties huileuses des plantes; 2 °. que de leur unionavec les sels la sève est formée; 3°. que le sel résul-tant de cetle opération est plus nuisible quutile , sila, terre sur laquelle on le répand ne contient pasdes substances huileuses et animales; 4°- que de lachaux pulvérisée et répandue sur le sol produit le

même effet; 5°. que lécobuage, dans les provincesvoisines de la mer, est nuisible, parce que la terri-est chargée de sels, et quelle a besoin de substance -.graisseuses et huileuses : lécobuage dans aucun deces cas nest avantageux; 6°. que le vrai, le seul etunique mérite de cette opération, cest de priver laterre dune quantité de mauvaises graines, et de lapurger du chiendent.

» Plusieurs auteurs peu partisans de Vécobua s,ont dit que la terre se cuisait en manière de briques,et dautres quelle se vitrifiait : cest pousser la choseà lexcès, ou navoir pas didée de lopération. Lufeu couvé a très-peu dactivité; il faut un grand cou-rant de flamme soutenu pendant plusieurs jours pourcuire la brique, et si lon veut vitrifier les terres, lefeu doit être bien autrement violent, plus long ;enfin, le feu poussé à son plus haut degré, on par-viendra à vitrifier largile. Peut-on faire la plus lé-gère comparaison des petits fourneaux Jécobuace àceux de chimie ou des arts? On veut renchérir sur n-qui a été dit, et lon ne sait ce que lon dit.

» Plus les terrains sont maigres, moins ils sonichargés de substances huileuseset animales, et cestprécisément parce quils sont pauvres en principe)qui constituent la terre végétale, quils sont mai-gres ; les écobuer, cest les amaigrir encore.

» Les terrains maigres, la bruyère, sont presquetoujours ferrugineux, et lexpérience la plus déci-sive a démontré que toute la terre ferrugineuse de-vient plus stérile après lincinération. Les terrainssont maigres , parce quil y a peu de liaison entreleurs molécules; écobuer, cest détruire encore plusle lien de leur adhésion.

» Les terrains forts sont ou secs ou humides, o::argileux en différentes proportions.

n Plus un sol est naturellement sec, plus il a be-soin dengrais qui tiennent ses parties divisées; le-sels et les cendres produits par Lécobuage sont uni-petite ressource. La quantité dherbes, de racinesqui les a tournis, enfoncée dans la terre par les la-bours, agirait mécaniquement pendant beaucoupplus de temps, fournirait au sol la même quantitéde sels, et, ce qui vaudrait mieux encore , les subs-tances huileuses et savonneuses qui ont déjà servi àleur végétation.

» Lécobuage des terrains naturellement humide .ne me parait pas contraire aux bons principes <!.-lagriculture ; je le crois avantageux jusquà un cer-tain point. Comme ces sols sont chargés de beaucoupdherbes, ils sont par conséquent couverts dun:multitude dinsectes. Ici la partie animale ne man-que pas, et souvent elle excède la partie saline :aussi lécobuage fournit le sel nécessaire à la com-binaison de la partie savonneuse, et rend la terremoins compacte. Un peu de chaux produirait lumême effet et coûterait moins.

» Si la terre est argileuse, que résultera-t-il (ilécobuage? liien ou presque rien relativement à sonatténuation; quelques tombereaux de sable pur vau-draient beaucoup mieux.

r> Somme totale, lécobuage occasionne beaucou'.'de dépenses et produit peu deffet. Brûlez, plusieursannées de suite, la même terre, et lexpérience vousdémontrera combien vous lappauvrirez.