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Tome second.
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leur tige, et on les laisse mourir sur place. Ils meu-rent quelquefois la première année, souvent ù la finde la seconde, et ne survivent presque jamais à latroisième année révolue Cette pratique, connue desanciens, a été recommandée par BufFon, dont nousferons connaître plus loin les expériences.

En 1794 (l’an a), la commission des subsistanceset des approvisionnemens s’occupa des moyens deprocurer des écorces aux tanneries. Un projet de dé-cret iut soumis à l’examen de MM. les professeursau Jardin des Plantes , à Paris ; et M. Tliouin fit, à <cette époque , un rapport, dans lequel il a discuté lesinconvéniens de l’éeorcement que l’on proposaitd’ordonner dans les forêts, et même dans les boisdes particuliers. Voici l’analyse de ce rapport.

L’ecorcement des arbres présente plusieurs incon-véniens, qui résultent de l’opération elle-même etdes circonstances qui l’accompagnent.

« i«. L’opération se faisant à l’époque où la sèveest montée et répandue dans toutes les parties supé-rieures des arbres, les racines épuisées ne peuvent'plus fournir à une noiwellé sève lorsque les arbressont coupés; elles restent dans l’inaction jusqu’à lasaison suivante, ce qui d’abord fait perdre unepousse et retarde d’une année la croissance des nou-veaux jets.

» 2°. Les souches, privées de la sève descendanteque leur procurent les feuilles lorsque l’arbre estentier, languissent ; les racines, obligées de tirerd’elles seules de quoi fournir à la végétation de lasaison suivante, ne donnent que des pousses grêleset herbacées que les moindres intempéries des sai-sons fatiguent et font périr.

» Lorsque ce sont de gros arbres qu’on a écorceset laissé mourir sur place, le dommage est beau-coup plus considérable, parce que les arbres con-tinuant de pousser des feuilles pendant deux ou troisans,cesfeuilles tirent des racinestouteia sèvequ’ellespeuvent leur fournir sans jamais leur en transmettreen retour : aussi les racines meurent-elles pour l’or-dinaire en même temps que les arbres,

» Les inconvéniens qui naissent de l’épocpie à la-quelle sefait l’écorcenient, cjuoique d’une autre na-ture, 11e laissent pas que d’être assez graves. C’estvers le commencement de mai que doit se faire cetteopération, temps où les t-avaux de la campagne exi-gent tous les bras des habitans, et où il est mêmedifficile de s’en procurer pour de l’argent, ce quirend ce travail en grand sinon impossible, du moinstrès-dispendieux. »

M. le professeur parle ensuite de l’inconvénientque présenterait la vidange tardive des bois écorcés,et pour laquelle on serait dans le cas de romprebeaucoup de jeunes rejets; mais comme 011 accordeaux adjudicataires jusqu’au i 5 septembre pour lavidange des coupes de taillis au-dessous de vingt-cinq ans, et jusqu’au i 5 avril suivant pour celle desautres bois, l’inconvénient dont il parle n’est pointparticulier aux coupes où l’on fait de l’écorce.

« D’après ces faits, ajoute-t-il, il est certain quel’écorcement sur pied, quel qu’en soit l’objet, nuità la végétation ; qu’il yetarde d’une année la crois-sance des arbres, et qu’il fait périr une grande par-tie des vieilles souches des gros arbres, il en résulte

donc un inconvénient assez grave pour le faire b,p-nir de l’Administration des forêts de quelque im-portance, et sur-tout de celles qui appartiennent àl’état. Cependant, comme l’écorce des jeunes chérisest devenue nécessaire à la préparation des cuirs,on pourrait en permettre l’exploitation, la provo-quer même dans les taillis de peu d’étendue, et com-posés pour la plus grande partie de jeunes chênes :le danger serait alors beaucoup moindre , par la rai-son que ces petites parties de bois appartenant à despropriétaires cjui surveillent eux-mêmes leurs tra-vaux, emploieraient tous leurs soins à diminuer'lesinconvéniens et à tirer tout le parti possible de'dêttebranche d’industrie, ce que ne peut faire une grandeadministration. La masse d’écorce que lés bois' decette nature peuvent produire, test plus que suffi-sante your fournir aux besoins du commerce. »

M. Thouin observait, relativement à l’époque del’année où se fait l’écorcement, que si on obligeaitles propriétaires et l’Administration forestière àfaire écorcer tous les tRillis de chêne (ce qui étaitdans le projet de décret), on enlèverait aux travauxde la campagne les bras qui lui sont si nécessaires àcette époque; que ce ne serait d’ailleurs qu’en payantles ouvriers fort cher, et qu’enfin cette mesure, fu-neste à l’agriculture, aurait encore l’inconvénientde jeter dans le commerce une surabondance d’é-corces qui nuirait aux intérêts des propriétaires debois.

Ces observations, en ce qu’elles concernent lasurabondance des écorces, étaient si bien fondées,que quand, à la demande des tanneurs, on a obligé,dans quelques pays, les adjudicataires à faire de l’é-corce, ceux-ci se sont trouvés victimes de cette me-sure. V., dans le Recueil, une Décls. du 4 août1810, qui rejette une demande des tanneurs deStrasbourg .

M. Thouin terminait son rapport en proposant lesmoyens suivans: 1“. inviter les propriétaires de boisà se livrer à cette branche de commerce ; 2°. leuraccorder des primes, si cela test nécessaire, plutôtque de les forcer, par une mesure coercitive , à rem-plir l’objet du projet de décret; 3 °. enfin introduiredans nos tanneries l’usage de l’écorce des vieux chê-nes, et du bois lui-même réduit en sciure , qui a unevertu septique et astringente; l’usage de cellè dupin qui est déjà employée dans le Nord, et celui desécorces du sumac, du redoul, du tamarisc, du fus -tet, de l'yeuse, du kermès , du nerprun, du smllaxet du saule, qu’on emploie avec avantage dans lesdépartemens méridionaux, ce Pourquoi, disait-il,les tanneurs négligent-ils de faire usage de ces subs-tances? Quand ils ne les emploieraient que mélan-gées avec les autres, ils diminueraient au moins làconsommation de l’écorce des jeunes chênes ; ils néferaient pas supporter à un seul arbre, à l’arbre leplus utile de notre hémisphère, tous les frais déleur fabrication. Par ce moyen, ils varieraient leursprocédés, augmenteraient leurs ressources , les ren-draient plus certaines et moins dispendieuses. Enfin,pourquoi ne pas faire usage de la découverte récentefaite en Irlande , et dont la Chambre des communesde cette natipna ordonné la publication? On se sert,dans ce pays. de la bruyère pour la préparation des