Band 
Tome second.
Seite
23
JPEG-Download
 

ÉCO

cuirs. Rien n’est malheureusement si commun enFrance que cet arbuste; il couvre dès étendues con-sidérables, de terrains : la Solognfe^ une partie deslandes de, divers départemens en -sbnt remplies.

Quatrième Section. — De l’écnricment des arbressur pied, qu’orf- avait proposé dans la vue d’amé-liorer les bois do construction.

J’ai publié)-en i 8 i 3 , un mémoire sur cet objet,je Le reproduis ici avec quelques additions.

jlf paraîtra .peut-être étonnant, ai-je dit, de voirpublier «lqsi observations sur un point de physiquequi, depuis long-temps, est regardé comme dé-montré,^! dont on a fait dans plusieurs pays desapplications en grand ; mais l’étonnement augmen-tera lor^qvt’on sauta que ces observations tendentà prouver une longue erreur et le contraire de cequ’on avait cru solidement établi. 11 s’agit, en ef-fet, de faire connaître, d’après des expériences ré-centes;, que l’écorcement des arbres sur pied et leurabatage après le dessèchement, diminuent au lieud’augmenter la qualité des bois de construction, etqu’ils les rendent plus corruptibles et moins dura-bles. Ces nouvelles expériences ont été faites dansplusieurs parties de l’Allemagne par des auteursd’un mérite reconnu. Elles sont appuyées sur desobservations de physiologie végétale qui ne parais-sent pas dénuées de solidité; mais avant de les rap-porter, je vais exposer sommairement les expé-riences faites antérieurement par plusieurs physi-ciens, et notamment par BuIftln, Duhamel, Varennesde Feuille et Ilassenfratz.

I. On lit dans lu Journal de physique de Rozier,t. VIII, p. 43 7, qu’une poutre de bois écorce quiavait été employée à un ancien édifice, était encoredans toute sa force au bout de trois cents ans.

Le Nouveau Dictionnaire df histoire naturellerapporte que l’qu voit dans les vieux châteaux del’Auvergne , des pièces de sapins employées dans ledix-septième siècle, et qui sont aussi saines qu’aumoment où elles ont été mises en œuvre. Le rédac-teur de l’article attribue cet effet à l’écorcement queces bois avaient subi avant d’être abattus. « On fait,dit-il, une saignée au sapin; on en extrait la gommeou résine, avec laquelle sort la surabondance de lasève ; ensuite on l’écorce sur pied deux ou troismois avant de l’abattre. Quand l’arbre est abattu etéquarri, on le laisse transpirer quelques jours, enle tenant un.peu élevé au-dessus de terre. Commela sève du centre a plus de peine à s’évaporer quecelle des parties extérieures, on scie la pièce danstoute sa longueur par le milieu; on en retourne lesdeuif parties^ de manière que ce qui était au centrese trouve à l’extérieqr, et on les assujettit avec deuxou trois liens. On peut les employer ainsi, avec cer-titude qu’une poutre qui aura subices procédés du-rera autant que je bâtiment.

» En écornant dp, cette manière les chêne» et lessapins, op ürppégalement parti du ta n et de la résinequ’ils fournissent; et l’aubier qui aurait été perdudevient susceptible d'être.travaillé comme le restedu bois, et n’pst pas plus sujet alors que lui à la pi-qûre des vers. ». Y. Pourriture.

ÉCO

II. Le même ouvrage fait mention d’un moyenproposé par M. de Limbourg pour donner en mêmetemps à la tige et aux branches du chêne une cour-bure propre à les faire servir à la construction desvaisseaux, èt en former sur-tout ces chevrons oupièces qu’on appelle varangues. Yoici le procédé :« On retranche d’abord les branches de toute la ptr-tie destinée à être écorcée; ensuite on fend avec unescie de refente la partie ébranchée , en commençanttin peu en dessus, afin de laisser quelques branchesà chacune des divisions pour y attirer la sève; oncontinue à scier, en allant du haut vers le bas, jus-qu’à ce qu’on soit descendu à l’endroit du tronc quiest sans nœud : alors, au lieu de scier le reste dutronc , on achève de le fendre avec un coin de boischassé à coups de marteau, et qu’on y laisse. Aumoyen d’un ciseau ou rabot, on unit les deux nou-velles surfaces formées par la scie, et, pour tes ga-rantir des insectes et des impressions prématuréesde l’air, on les enduit d’une çouçhe d’un mélangefondu de poix et de cire. Le bols étant ainsi fendu,on écorce toute la partie dépouillée de branches etla tige même, jusqu’à deux ou trois pouces au-dessusde la racine. Au bout de deux mois, et environ dedeux en deux mois, on écarte de plus en plus et in-sensiblement les deux parties du bois refendu , pourleur faire prendre les courbures convenables. Quandl’arbre est abattu, l’aubier se trouve aussi dur quele reste du bois ; il se sèche sans se fendre, et le boisretient la courbure qui lui a été donnée sur pied.Ce bois peut servir à faire diverses pièces pour laconstruction navale : les chevrons courbes qu’ilfournit doivent être jilus propres à former la carènedes vaisseaux que ceux dont on fait communémentusage; ils ne sont pas aussi pesans; ils se joignentmieux aux planches dont ils sont revêtus; ils nepeuvent faire aucune saillie dans l’intérieur du bâ-timent. l'ar leur ressort et leur souplesse , ils résis-tent mieux aux chocs , et étant plus minces et pluslégers par leur extrémité supérieure que par l’autre,ils laissent mieux le vaisseau dans l’équilibre favo-rable à son mouvement. »

III. En 1738, Buffon publia un mémoire qu’ilavait lu à l’Académie des sciences , sur le moyend’augmenter la solidité, la force et la durée du bois.(Y. les Mémoires de !Académie des sciences , 1738,p. 2,40 , ou l’ Histoire naturelle, édition de Sonnini ,partie expérimentale, t. )VI, p. 276). Ce moyen con-sistait à écorcer et à laisser sécher les arbres sur piedavant de les abattre. L’auteur avait été porté à fairedes expériences sur cet objet, par les observationsqu’il avait lues dans Vitruve et Evelin. Le premiera dit, dans son Traité d’architecture, qu’avantd’abattre les arbres, il faut les cerner par le pied,jusque dans le cœur du bois, et les laisser ainsi sé-cher sur pied; après quoi ils sçnt bien meilleurspour le service, auquel on peut même les employertout de suite. Lo second rapporte, dans son Traitédes forêts, que le docteur Plot assure , dans sonHistoire naturelle, qu’autour de Haffon, en Angle-terre , on écorce, les gros arbres sur pied dans letemps de la sève; qu’on les laisse sécher jusqu’àl’hiver suivant; qu’on les coupe alors; qu’ils ne lais-sent pas que de vivre sans écorce; que le bois en