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Tome second.
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deux méthodes daprès les mêmes principes , et re-connaître que si lune a une influence nuisible à JL.tqualité des bois , lautre lui est également défavo-rable.

« Dans toutes les expériences, dit-il, qui ont eupour objet léclaircissement de cette matière, jecrois quon na pas bien apprécié une circonstancequi devait, au moins pour les bois de marine , êtreexaminée sous plusieurs points de vue. On a conclude ce que les bois soumis à une charge inerte pré-sentaient plus de résistance lorsquils avaieut étéecorcés sur pied ou abattus en temps de sève et sé-chés de suite , quils devaient, en effet, avoir plusde force , plus de ténacité, et par conséquent plusde durée que ceux abattus en hiver. On a été porté àcette opinion dautant plus facilement, que le boisécorcé sur pied , mort et desséché lentement, pré-sentait encore lavantage du poids et de la dureté surcelui abattu en hiver ; mais si, dans ces expériences,au lieu dun poids immobile ou eût employé unepuissance active , même dun poids plus faible, il nya pas de doute que les résultats neussent été toutdifférens. Une expérience très-facile peut le prou-ver : que lon prenne deux barreaux dégale lon-gueur et dégale grosseur, dont lun de bois abattuhors sève et lautre de bois préparé daprès la mé-thode de Buffon ou abattu en sève, quon appuie lesbouts de ces barreaux sur des soutiens solides, demanière que le milieu du barreau reste libre : si alorson suspend à chacun un poids dégale pesanteur,comme on la fait dans ces sortes dexpériences, ilest certain que le premier barreau pliera et se rompraavant lautre ; mais si au lieu de cela on les frappedun coup donné brusquement, quoique ne représen-tant pas le poids quon avait employé, il ny a pasde doute que le barreau de bois écorcé ou abattu ensève ne soit cassé promptement, tandis que lautrerésistera sous la même percussion et restera intact.

» Pendant lhiver , les fibres ligneuses des arbressont garnies dun enduit solide et souple , pro-venant du reste de la sève, naguère dans létat defluidité. Cet engtumen (1) se dissout au printempspar son mélange avec la sève fluide, qui sy incor-pore pour rouvrir les canaux qui charrient la nour-riture et procurent une matière élaborée aux nou-velles productions qui, à cette époque, se dévelop-pent avec rapidité. Si donc, pendant lhiver, onabat un arbre , et quen le dégrossissant aussitôt onprocure au bois un commencement de dessiccation,ce bois conservera son élasticité naturelle, ainsi quela dureté et la durée qui doivent résulter de ienduitséveux et solide des fibres ligneuses ; dun autrecôté , il résistera plus long-temps à lintroductionde lair et de lhuiuidité extérieure, parce que cesagens de la dissolution nauront alors quune affi-nité éloignée avec lespèce denglumen qui protègeles fibres ligneuses ; mais lorsque les premières cha-leurs du printemps ont mis en activité les pompesaspirantes de la végétation , introduit dans toute lamasse ligneuse les fluides de la sève , et dissouslenduit séveux, qui ne peut plus résister aux fluides

(1) CVst sans doute ce que Duhamel appelle fa partie fixede la sève.

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de même nature qui abondent pour se porter dansles parties extérieures de la plante, telles que lesfeuilles et le nouveau bois, alors les qualités dunbois parfait se trouvent anéanties; les fibres ligneusessont plus écartées quauparavant ; une humeuraqueuse en remplit les intervalles, et si dans cet étaton abat larbre et quon lexpose à un prompt des-sèchement, les pores resteront ouverts et il en ré-sultera un bois spongieux , qui aura encore lincon-vénient de se gercer profondément.

31 Quand on laisse évaporer lentement la sève desarbres écorcés sur pied, il en résulte, à la vérité,une connexion plus intime dans les fibres , plus dedureté dans le bois, et une pesanteur spécifique plusconsidérable ; mais dans lemploi quon en fait lesrésultats sont les mêmes que pour les bois abattusen temps de sève. Les fibres de celui écorcé sur piedsont sans doute plus dures et plus fermes, mais aussielles sont plus cassantes ; le bois se rompt par éclatsau lieu de suivre le fil droit, et souvent il se fend debiais. Dans le travail, il conserve des aspérités etrésiste à tous les instrumens polissans : cest un faitqui peut être constaté dans tous les métiers qui fontemploi du bois. Au premier coup de rabot, les ou-vriers reconnaissent ce bois et sa ressemblance aveccelui quils ont coutume de travailler sous le nomde bois mort,

33 Indépendamment de la dureté du bois dont onvient dapprécier le mérite dans le cas présent, ondoit encore faire attention à sa durée lorsquil seraexposé à lair et à lhumidité. On sait ce quen, gé-néral on doit attendre à cet égard des bois coupésen temps de sève; des expériences nombreuses ontprouvé quà moins de les faire sécher promptement,la sève fermentait et occasionnait plus ou moins vitela pourriture des fibres ligneuses qui sen trouventimprégnées; que, de plus, des insectes rongeurs sé-tablissent dans le bois et le détruisent. Si on chercheà prévenir ces accidens par un dessèchement préci-pité , on les retardera bien un moment ; mais ils semanifesteront dès que lhumidité extérieure aurapénétré dans le bois. En effet, les vaisseaux sé-veux, qui sont alors très-ouverts, absorberont avi-dement Lhumidité environnante , qui, néprouvantplus dobstacle, pénétrera toute la substance du boiset en occasionnera la désorganisation.

>3 A légard des bois écorcés sur pied en tempsde sève , qui meurent quelques années après , etquon abat alors, on a moins dexpériences du mêmegenre. Les partisans de cette méthode sen tiennentà la pesanteur spécifique et à la dureté plus consi-dérable quils-ont remarquées, et concluent de,sans autre examen, que la durée du bois doit en êtreune suite nécessaire. La fausseté de ce jugement estfacile à démontrer. Cette pesanteur et cette duretéplus considérables proviennent de ce que le dessè-chement sest fait pl us lentement; les fibres ligneusesont été resserrées autant que possible, sans que pourcela leur union en soit plus solide ; mais ce resser-rement ne durera quautant que la pièce de bois res-tera au même degré de dessèchement; et si on lex-pose à lhumidité, elle en absorbera bientôt par sesvaisseaux ouverts tout autant que le bois coupé entemps de sève et desséché promptement. Eu effet,