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Normandie, est celle qu’on doit préférer, parcequ’elle donne les meilleurs fruits.
Qualités et usages. — On place l’épine-vinettedans les bosquets, où ses fleurs, jaunes, produisentun effet assez agréable ; mais on doit éviter de la tropmultiplier dans les avenues fréquentées, à cause del’odeur forte et désagréable de ses fleurs. Elle estutilement employée dans la composition des remises,ses fruits étant très-propres à y attirer les oiseaux.
On fait d’assez bonnes baies avec l’épine-vinette;mais elles ont l’inconvénient d’être broutées par lesbestiaux. On leur reproche aussi, en France et enAllemagne , d’occasionner la rouille de plusieurssortes de grains dans le voisinage desquels elles setrouvent, reproche qui serait assez fondé d’après lesobservations récemment faites par M. Yvart, maisque d’autres agronomes regardent comme ayant be-soin d’être appuyées par de nouvelles expériences,attendu que la rouille des blés provient d’un cham-pignon parasite, l'uredo segetum, qui ne peut semultiplier que par ses propres semences, et non parl’influence des fleurs de l’épine-vinette, sur laquelled’ailleurs il ne croît pas.
Presque toutes les parties de cette plante sont em-ployées avec avantage : le bois est recherché pour lamarqueterie et les petits ouvrages de tour ; lesjeunes pousses bien droites servent à faire de bonstuyaux de pipe et des cannes d’une belle couleurjaune; les abeilles aiment beaucoup les fleurs de cetarbuste. « Ses racines sont amères, styptiques; leurdécoction passe pour favorable dans la jaunisse,ainsi que celle de l’écorce; le bois, l’écorce, ma-cérés dans une lessive alcaline, fournissent uneteinture jaune pour le fil et le coton , pour coloreren jaune les ouvrages de menuiserie, pour donnerdu lustre au cuir corroyé; les feuilles peuvent ser-vir de nourriture aux chèvres , aux vaches et auxmoutons. » (Duhamel, nouv. édit.)
cc Les fruits ou baies sont acides, un peu astrin-gens et antiputrides. On peut les manger crus oucuits avec du sucre; mais plus ordinairement onen fait des conserves, des confitures très-délicateset très-saines, un sirop; on les confit au vinaigre,au sucre. La gelée , le sirop, le rob sont cordiaux;les baies encore vertes remplacent les câpres dansl’assaisonnement des ragoûts. Leur suc convientdans la diarrhée, la dysenterie, les fièvres putrides :on l’emploie dans quelques contrées du Nord auxmêmes usages que celui du citron; il peut mêmeservir à faire du punch. On obtient des fruits, par lafermentation , un vin acide , qui dépose un sel ana-logue au tartre ; enfin les graines sont astringentes. 33
(Jb.)
On fait encore avec les baies de l’excellente eau-de-vie, et en mêlant leur suc avec l’alun une bellecouleur rouge, avec l’écorce une teinture jaune ouverte pour le maroquin.
Les propriétés de cet arbrisseau et l’avantage qu’ila de croître par-tout dans les terrains les plusarides et les plus pierreux, doivent en encourager laculture. M. Bosc dit avoir vu aux environs de Di-jon , ville depuis long-temps renommée par les ex-cellentes confitures d’épine-vinette qui s’ÿ fabri-quent , quatre arbres de cette espèce auxquels on
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donnait plus d’un siècle, et qui rapportaient, danscertaines années, plus de 100 fr. chacun à leurs pro-priétaires. Il conseille de multiplier cet arbuste dansles mauvaises terres de la Champagne , et dans d’au-tres de semblable nature qui ne produisent rien ;on tirerait parti de son bois en le coupant, tous lestrois ou quatre ans , pour chauffer le four, cuire lesbriques, la chaux, etc., etc., pour fabriquer de lapotasse. Suivant cet auteur , les drageons et les mar-cottes de l’épine-vinette, employés comme moyensde multiplication, donnent plus promptement desfruits sans pépins que les autres plants, et il inclineà penser qu’une culture par marcottes et par bou-tures long-temps prolongée, est la cause qui influele plus sur la cessation de la puissance reproductivedes fruits.
Les autres espèces d’épines-vinettes les plus con-nues sont celles de Chine, de Crète et de Sibérie :elles sont peu remarquables et peu répandues.
ÉPONTILLES. ( r r. de mar . ) Pièces de boisdroites et longues d'un mètre (3 pieds), que l’onmet verticalement au-dessus de la carlingue, sousles hiloires renversées , ou faix des ponts, pour sou-tenir le milieu des baux de la même manière quele feraient des étançons. On donne aussi ce nom auxpièces de bois que l’on met le long des eûtes d’unvaisseau pour y passer de menues cordes pour tenirles parois.
EPTANDR 1 E, du grec epta, sept, et de anêr,mari. ( T. de bot.) C’est le nom que donne Linné àla septième classe de son système sexuel des plantes,qui comprend celles dont les fleurs ont sept étaminesdistinctes. V. Botanique.
EQU/VRRIR. C’est dresser le bois propre à lacharpente, en lui donnant une forme carrée, ou deparallélipipède rectangle ou oblique, le mettant àcinq, six ou huit pans, en le travaillant à la hacheet à l’erminette. Équarrir ne devrait être propre-ment que tailler à angle droit; mais l’usage, dans lacharpenterie, est d’appeler également équarrir, tra-vailler une pièce à pans.
ÉQUARRISSAGE. Opération par laquelle le boisen grume se réduit avec la hache et l’erminette enbois carré; il se dit aussi de la façon, de la peine etde la dépense d’équarrir. On entend par équarrissagela mesure de la hauteur et de la largeur d’une piècede bois. On dit qu’une pièce a 16 à 22 centim. (6 à8 pouces ) d '‘équarrissage, si elle a l’une de ces me-sures sur chaque face; et si elle avait 16 centim.(6 pouces) de large sur 22 centim. (8 pouces) dehauteur, on dirait qu’elle a 16 centim. A'équarris-sage sur une face et 22 sur l’autre. Ainsi les deuxdimensions de Véquarrissage, connues et combinéesavec la longueur de la pièce , en font connaître lasolidité en stères et parties du stère.
Les adjudicataires de bois ne peuvent vendre outransporter des bois en grume ou équarris sans yavoir appliqué l’empreinte de leur marteau.
On divise les bois d 'équarrissage en bois droits eten bois courbes : les premiers sont les plus propresaux bâtimens civils ; lés autres sont recherchés pourles cintres des voûtes, les roues de moulins, lesvaisseaux. Tous ces bois se numérotent avec une
rouanne.