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Tome second.
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L’E rable-Sycomore ( V. la figure à l’ Atlas ,VL X.II) , ou le sycomore, est un arbre de la pre-mière grandeur et de la deuxième classe des boisdurs, que l’on trouve dans les bois des montagnesen France, en Suisse, en Allemagne et dans presquetoute l’Europe . Le nom de sycomore , qui lui a étédonné , est impropre, parce qu’il n’a aucun rapportavec le sycomore des anciens, qui e t un figuier;cependant puisque cette dénomination a prévalu,on doit la conserver.

Sa racine principale se divise en nombreuses ra-cines latérales , et s’enfonce souvent jusqu’à 4 piedset plus de profondeur. Elle est forte et dure, et pro-cure à l’arbre une solidité qui lui fait braver lescoups de vent les plus violens; mais dans les jeunesarbres elle casse et se détache facilement de la tige

Le tronc s’élève droit et acquiert une hauteur etune grosseur cOnsidéi ables ; il se termine par unebelle tête régulière.

L'écorce des jeunes tiges et des branches est brune,luisante et ponctuée de taches blanches; celle dutronc est grise et feuilletée : sa couleur varie, ausurplus, suivant leclimat, l’exposition et le terrain.

Les boutons sont ovales et d’une couleur verdâtrependant l’hiver; comme ils sont situés à l’aisselle desfeuilles, ils sont un peu aplatis, et leur grosseurdépend de leur situation ; les boutons latéraux ont àpeine la moitié du volume des boutons terminaux.

Les feuilles se développent dans la première quin-zaine du mois de mai. Elles sont opposées , portéespar <le longs pétioles rouges, d’environ 5 pouces,assez semblables à celles de la vigne ; découpéespar des échancrures profondes en cinq lobes pointus,inégaux, dont les plus petits sont les plus rapprochésdes pétioles; à dents obtuses et inégales sur les bords;d’un brun vert et luisant en dessus, blanchâtres endessous et pubescentes dans leur jeunesse. Leur plusgrande dimension est de 5 pouces de long sur au-tant de large. Dans le commencement d’octobre,elles perdent leur couleur verte , commencent à sefaner et à prendre une couleur jaune, qui se changeensuite en un rouge foncé, époque à laquelle ellestombent.

Les feurs paraissent vers la fin d’avril ou dans lapremière quinzaine de mai, aussitôt après le déve-loppement des feui 11 -s; elles sont jaunes et dispo-sées en grappes pendantes. Dans cel te espèce, commedans la précédente, il y a des individus qui ne por-tent que des fleurs hermaphrodites, d’autres quedes mâles, et d’autres enfin qui ont des fleurs her-maphrodites et des fleurs mâles séparées.

Le calice , dans les premières, est d’une seulepi, ce divisée en cinq feuilles pointues. La corolle ,qui est assez semblable au calice, est à cinq pétaleset à huitouidix étamines, de la longueur du calice,attachées à la base d’un ovaire aplati et pubes-cent ; les ailes du fruit sont larges, lancéolées etredressées; les fleurs mâles sont composées d’un ca-lice aussi à cinq divisions, d’une corolle semblable,de huit étamines une fois plus longues que les di-visions du calice.

Ces fleurs fournissent une grande quantité de mielaux abeilles.

Lesscmences sont renfermées, au nombre de deux,

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dans une capsule à deux ailes, fortes , larges, apla-ties , «t se rapprochant en forme de cornes. La ma-turité , qui a lieu en octobre , s’annonce par la cou-leur brune des capsules, qui tombent dans l’hiver.La graine est un peu aplatie, et de la grosseur d’unpois; si on l’ouvre, on y trouve les deux cotylédonsroulés et de couleur tout-à-fait verte.

Le bois est blanc dans la jeunesse de l’arbre , en-suite un peif jaune , et souvent brun , sur-tout versle cœur, plein et ferme sans être très-dur , d’ungrain fin, quelquefois marbré, susceptible d’un beaupoli , et se travaillant facilement, soit à la varlope,soit au tour; il ne se dejette point et ne se laissepoint attaquer par les vers. Il pèse par pied cube;sa\ oir,

Vert. 64 L 4 onc. ,

A demi-sec.. . . 56 6 ,

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11 perd environ un douzième de son volume parla dessiccation.

Il est très-recherché par les charrons, les ébé-nistes, les tourneurs, les sculpteurs, les facteursd’instrumens de musique et sur-tout de violons, etpour une infinité d’autres ouvrages délicats.

Les racines de cet arbre, qui sont agréablementveinées , et les souches ou bro(izins sur lesquels ona coupé des taillis pendant plusieurs générations, sevendent fort cher pour les ouvrages d’ébénisterie etde tabletterie.

Les fortes tiges sont employées â faire des pilons,des tables, des rouleaux , des baquets, des cuillers,des assiettes et d’autres meubles. On en fuit aussi<les montures d’armes à feu. Enfin on emploie letois du sycomore à des constructions dans l’eau età l’air.

Suivant les expériences de M. Ilartig , il serait lepremier de tous les bois de chauffage, à cause de lagrande quantité et de la durée de la chaleur qu’ildégage. Sa valeur, sous ce rapport, serait à celle duhêtre comme 1737 est à f 54 o.

Converti en charbon , il conserve encore sa supé-riorité , sa valeur à celle du charbon de hêtre étantcomme 1Ô47 est à 1600.

Les feuilles du sycomore , cueillies vertes et fa-nées, forment un bon fourrage pour les moutonspendant l’hiver.

La sève de cet arbre a été l’objet de plusieurs ex-périences en France , et notamment en Allemagne ,dans la vue d’en extraire du sucre. M. de Wernecka annoncé , dans les Annales forestières allemandesde ibi 3 , qu’on obtient cette sève en faisant destrous aux arbres. Elle est d’abord claire comme del’eau , et sa saveur douce indique qu’elle contientbeaucoup de matière sucrée. Vers la fin de l’écoule-ment, elle prend une couleur blanchâtre et une con-sistance sirupeuse ; mais alors sa saveur desientfade , et elle contient beaucoup moins de matièresucrée que la première.

La quantité de sève que l’on peut obtenir à uneépoque convenable et dans des circonstances favo-rables estconsidérable. M. le conseiller Hermbstadta obtenu d’un sycomore de ib pouces de diamètre,saigné pendant cinq jours, 36 quarts de Jlerlin ;M. Jiohringer a obtenu d’un arbre de cent vingt