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Tome second.
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ÉR A

ans, qui pouvait cuber une corde et demie de bois etqui a été saigné pendant toute la saison, 1 13 maas.D’après d’autres expériences, on obtient d’un ar-bre ordinaire, saigné pendant huit jours , de ao à25 maas. ( I.e maas vaut un litre et demi. )

La quantité de la matière sucrée est variable :par exemple, Hermbstadt a obtenu un lot troisquarts (une once) de sucre d’un quart ( un litre ) desève ; M. Bohringer a obtenu de 3o à 32 maas desève , par une évaporation lente, une livre de sucre ;et M. Ployer une livre et demie de 3o maas.

Ces variations dans la quantité de sève obtenueet dans le produit en sucre, viennent des différencesqui se sont trouvées dans l’âge et la force des arbres,dans le nombre de leurs branches , dans la situationet la nature du terrain , dans leur état plus ou moinssain , dans la température et la saison pendant les-quelles les expériences ont été faites, et peut-êtreaussi dans la différence des poids et mesures em-ployés par les divers auteurs et la manière plus oumoins exacte dont la réduction en a été faite.

L’ accroissement du sycomore est très-prompt,comparativement à celui des autres arbres, sur-toutquand il est favorisé par le climat, le terrain , lasituation et l’exposition. Il se plaît particulière-ment dans un sol composé de terre végétale , de sa-ble , de gravier ou pierrailles, un peu profond etfrais ; il y parvient à la première grandeur en cin-quante et soixante ans, et il lui faut, au plus,quatre-vingts à cent ans pour que son bois aittoutes les qualités requises pour les divers usagesauxquels il est propre. Les terrains marécageux etles sables arides ne lui conviennent pas; cependantil croît beaucoup mieux qu’une foule d’autres ar-bres dans les terrains maigres, dans les sables mê-lés d’un peu de terre, et même dans les craies de laChampagne .

Il prospère à merveille dans les plaines et sur lerevers septentrional des montagnes, et il acquiertune hauteur considérable sur les plateaux de moyenneélévation , même sur les montagnes de la Suisse ,qui sont élevées de 4 à 5oo toises au-dessus du ni-veau de la mer, et sur toutes les montagnes, jus-qu’à la hauteur où commence la végétation du vitisidea, pourvu cependant que le sol soit de bonnequalité et que le sycomore croisse en massif avecd’autres arbres. Cette propriété de végéter dans lessituations élevées lui a fait donner le nom d’érablede montagne par quelques personnes , quoique dif-ferent de L’accr montana , qui croit en Amérique . 11a moins à soulfrir de la charge des neiges et desfrimas, que beaucoup d’autres arbres, parce que sesbranches , opposées l’une à l’autre, se rompent plusdifficilement.

Le sycomore porte des graines fertiles à l’âge detrente à quarante ans.

Sa longévité est considérable; il vit ordinairementde cent cinquante à deux cents ans, et il parvientsouvent à un âge encore plus élevé lorsqu’il setrouve dans un sol et une situation convenables.M. Hartig a fait abattre plusieurs sycomores dedeux cents ans et de ioo pieds de haut, qui étaientencore parfaitement sains.

Exploitation. — Le sycomore s’exploite très-uti-

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lement, soit en futaie, soit en taillis , et toujoursil donne les produits les plus avantageux.

En taillis, il se coupe tous les vingt-cinq à trente*ans , et il repousse parfaitement de souche jusqu’àl’âge de quatre-vingts à cent vingt ans. 11 se repro-duit aussi très-bien par ses graines , et même parses racines, qui courent à la surface du sol.

En futaie, on l’exploite avec beaucoup d’avan-tage à l’àge de quatre-vingts, cent et cent vingt anslorsqu’il est mêlé avec le hêtre.

Comme arbre d’ornement, le sycomore se placeen avenues, en massifs, en quinconces, où il fait unbel effet par sa forme, ses belles dimensions et parson riche feuillage. Il produit plusieurs variétés,dont une panachée de blanc , de rouge et de jaune,et qui décore les bosquets d’une manière brillante.Les pépiniéristes la multiplient beaucoup par lagreffé sur les antres espèces d’érables. Miller ditqu’elle se reproduit aussi de graines.

Ennemis et maladies de cet arbre. — Il n’est at-taqué que par un petit nombre d’insectes; mais sesjeunes pousses sont très-recherchées et endommagéespar le gibier , notamment par le chevreuil et le liè-vre, et aussi parle bétail et par les mulots. Au sur-plus , lorsque le sycomore végète dans le terrain cjuilui est propre, et cju’il se trouve à l’abri des accidensextérieurs, il éprouve peu de maladies. M. de Wer-neck a cependant remarqué celles ci-après :

La première est ce qu’il appelle hémorrhagie, ouextravasion delà sève. Les sycomores qui en étaientattaqués se trouvaient placés dans un fonds dominéde deux côtés par des élévations considérables ; lesol était constamment humide, très-fertile, et pro-curait aux arbres une telle abondance de sève, queles vaisseaux ne pouvaient la contenir; ce qui la for-çait de se répandre au dehors.

La deuxième maladie est désignée par cet auteursous le nom iThydropisie ( anasarea ). 11 la remarquadans un arbre qui était isolé dans une prairie très-humide, qui ne se desséchait à aucune époque del’année : cet arbre était peu remarquable et ne pro-duisait point de fruits. En recherchant le siège de lamaladie, il trouva, après avoir découvert les racines,qu’elles étaient pourries en grande partie, que lesautres étaient gonflées et couvertes d’excroissancestuberculeuses. Ün examen plus attentif lui fit voirque ces racines étaient spongieuses, et remplies d’unetrès-grande quantité d’humidité. Cet état était dûà l’eau qui entourait constamment les racines , quiles désorganisait et les rendait incapables d’exercerleurs fonctions.

Ces observations confirment le principe qu’il nefaut point planter les érables, et notamment le sy-comore , dans des endroits aquatiques.

Culture. — La culture du sycomore est la mêmeque celle de l’érable champêtre. On sème aussitôtque les graines sont mûres, ou bien au printempssuivant si on craint le ravage des mulots. On ne re-couvre la semence que de 6 lignes à un pouce de terrelégère. Lessemis d’automne lèvent dans la premièrequinzaine de mai , et ceux du printemps en cinq ousix semaines. Les jeunes plants sont accompagnésde. deux feuilles séminales vertes , étroites, et de lalongueur d’un pouce et demi à 2 pouces. Ils sont

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