EXP
94 EXP
cunt , ut incoitu, et aub terrâ sit luna : quodjierinonpotest nisi noctu ; at si competant coitus in no-vissimum diern brumce > ilia sit atema materies.
Ecoutons aussi Palladius : Materies adfabricamccedenda est cùm luna decrescit. Caton l’ancien, quePline appelle l’homme le plus entendu dans toutesles choses de la vie, hondnum suntmus in omni usu,dit que la coupe de l’orme, du pin, du noyer, et detel autre arbre que ce soit, doit se faire dans le dé-clin de la lune , après midi, et lorsque le vent dusud ne souflle plus ; que le vrai temps de couper unarbre est lorsque son fruit est mûr ; qu’il faut avoirInattention de ne point l’arracher ou l’équarrirlorsqu’il y a de la rosée : Ulmeam,pineam, nueeam,banc atqua aliam materiam omnem cùm tffodies ,luna decrescehte eximito post meridiem, sine -ventoaustro . Tune erit tempestiva , cùm semen suum ma-turum erit. Cavetoque ne per rorem trahas , aut do-les. ( De re rusticà, cap. XXXI.)
Le même auteur ajoute, dans le chap. XXXVII :« Ne touchez point à vos arbres, si ce n'est dans laconjonction de la lune ou dans le premier quartier;mais dans ce temps-là même «“ —•>—1-~- r — ~i>»,, uuupezpas. Le meilleur temps pour les arra-cher, c’est pendant les sept jours de la pleine lune;ayez soin de ne jamais équarrir ou couper votrebois, et de n’y pas même toucher lorsqu’il est chargéde gelée blanche ou de rosée, mais seulement lors-qu’il est sec : Nisi intermestri , lunâque dimidiatâ,ne tangas materiem. Tune ne effodias aut prcecidasabs terra. Diebus septum proximis, quitus lunaplena fuerit, optimè eximitur. Omninù caveto nequam materiem doles , neve ccedas, neve tangas , nisisieçam ; neve gelidam , neve rorulentam. »
Nous voyons aussi dans l’ouvrage de Pline , quele pont des naumachies, à Rome , ayant été brûlé ,l’empereur Tibère donna ordre que l’on coupât enRhétie , dans le temps de la conjonction de la lune,la quantité de mélèzes nécessaire pour le rétablir.Cet auteur ajoute, d’après les historiens, que desflottes furent construites et firent voile quarante àcinquante jours après que le bois en eut été coupé ,parce qu’il l’avait été dans un temps convenable :condition tellement essentielle, dit-il, qu’elle peutcontre-balancer les défauts qui résultent d’une tropgrande précipitation dans la construction et dansl’emploi des navires.
Les anciens, comme on le voit, croyaient beau-coup à l’influence de la lune, et leur opinion trouveencore aujourd’hui des partisans, même parmi lespersonnes instruites. Un célèbre médecin anglais ,le docteur Mead, a fait un livre qui a pour titre :De imperd) solis et lunæ in corpore humano, de l’in-fluence du soleil et de la lune sur le corps humain;cependant il n’est plus permis d’ajouter foi à lapuissance extraordinaire qu’on a attribuée à cet as-tre, et en admettant qu'il ait quelque influenceréelle, ce ne peut être que d’une manière bien moinsforte, et sur un bien plus petit nombre d’objetsqu’on ne l’a cru pendant long - temps. V. , à cetégard, ce que dit M. Lacroix, membre de l’institut,dans Nouveau cours d’agriculture , à l’article Lune .
Duhamel, qui a voulu vérifier pour ces expé-riences la solidité de toutes les opinions reçues à
l’égard des bois T a reconnu que mal-à-propos onattribuait quelque influence aux lunaisons sur laqualité des bois, et que ceux abattus pendant lecroissant valaient au moins autant que ceux abat-tus dans le décours. Son opinion fut contredite parTollés d’Acosta, qui demeura convaincu, avec plu-sieurs marchands de bois, qu’un chêne abattu ennouvelle lune est plutôt piqué des vers, que l’aubiers’altère plus promptement, et que pour préserver lebois de la piqûre des insectes et contribuer à sa con-servation, il faut le couper depuis le quatorzièmejour de la lune jusqu’au deuxième de la nouvelle.On prétend même, ajonte-t-il, qu’on doit abattre lechêne seulement dans les pleines lunes de décembreet de mars, ayant été observé que, dans la pleinelune de janvier, l’arbre est sec dans sa partie supé-rieure; que celle adhérente au sol est verte, etqu’elle pousse des jets ; enfin que le gros bois n’estpas le seul qui demande à être coupé en pleinelune ; que celui destiné au chauffage doit être ex-ploité dans le même temps , ainsi que lo pdtit boisdestiné à fa’»-» «Latbun , parce qu’en conservantLu, ecorce le feu en est plus ardent; qu’on s’aper-çoit aux forges du temps où le bois a été coupé; qu’onavait même re.marqué que pour donner de la qualitéaux bois de taillis et autres qu’on emploie au chauf-fage , il fallait les couper depuis le i5 septembrejusqu’au i5 décembre, époque où il faut commencerà couper la futaie. , "
IL pensait, au surplus, et à cet égard Duhamelavait manifesté la même opinion, que dans les fortesgelées il falL.it cesser l 'exploitation des futaies ,parce qu’alors la sève venant à geler depuis un poucejusqu’à a , il y avait à craindre que les arbres nes’éclatassent ; que d’ailleurs les bûcherons éprouventbeaucoup de peineàentamer cette partie gelée, dontLa résistance est telle qu’elle ébréche les outils.
Relativement aux inconvéniens de couper lesbois dans le croissant de la lune, nous avons vuplusieurs marchands de bois qui étaient persuadésde leur réalité , et nous avons été témoins, dans lesbois de l’inspection de Versailles , que des ouvriersavaient interrompu , dans le croissant de la lune ,la coupe d’un taillis de châtaignier , parce qu’ilsprétendaient que le bois s’échaufferait et serait piquédes vers. Les menuisiers que nous avons consultéspartagent la même opinion. Enfin , en Allemagne comme en France , beaucoup d’exploitans de bois etde forestiers ont encore égard aux phases de la lune.
M. de Carlowitz, dont nous avons déjà fait con-naître l’opinion sur les inconvéniens de couper lesbois en temps de sève , rapporte que Salomon or-donna de couper les arbres destinés à la construc-tion du temple le second jour du mois Sif. Il penseque la lune a une grande influence sur la qualitédes bois; qu’il suffit, pour s’en convaincre, d’ob-server ses effets sur les végétaux ; il la regardecomme l’agent qui pourvoit à leur nourriture et àleur entretien : d’où serait venue la fable de Diane ,considérée en même temps comme la lune et commela déesse des forêts. Il ne suppose pas qu’aucunhomme instruit puisse douter de l’avantage de cou-per les bois dans le décours, et voici ses raisons :« La lune , dans son mouvement, élève les vapeurs